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  <title>le blog de Jean-Florent Rérolle</title>
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  <description>Réflexions sur la finance, l'évaluation, la valeur actionnariale et la gouvernance</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 01 Feb 2012 21:18:42 +0100</pubDate>
  <copyright>Ne pas reproduire sans citation et indication de l'URL</copyright>
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  <item>
    <title>Impairment tests : quelle approche pour les tests de perte de valeur en 2011 ?</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2012/01/29/Impairment-tests-%3A-quelle-approche-pour-les-tests-de-perte-de-valeur-en-2011</link>
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    <pubDate>Sun, 29 Jan 2012 13:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>IFRS</category>
        <category>DCF</category><category>IFRS</category><category>Juste valeur</category><category>Multiples</category><category>Risque</category><category>Techniques Evaluation</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Dans le cadre travaux d’audit pour la clôture 2011 une question essentielle
mobilise l’attention les directions financières et comptables et leurs
auditeurs : comment appréhender les &lt;a href=&quot;http://bit.ly/yXZBjR&quot;&gt;tests
de perte de valeur&lt;/a&gt; (impairment tests) dans l’environnement économique
actuel ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque année, en vertu d'&lt;a href=&quot;http://bit.ly/zCmyFt&quot;&gt;IAS 36&lt;/a&gt;, les
entreprises doivent s’assurer que la valeur recouvrable de leurs actifs ou de
leurs &lt;a href=&quot;http://bit.ly/yAMUHS&quot;&gt;Unités Génératrices de Trésorerie&lt;/a&gt;
(UGT) est supérieure à leur valeur comptable. Les normes IFRS définissent la
valeur recouvrable comme la valeur la plus élevée entre :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;la valeur d’utilité (ou « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/AnLOKf&quot;&gt;value in
use&lt;/a&gt; ») définie comme &amp;quot;la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs
susceptibles de découler d'un actif ou d'une UGT&amp;quot; et,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la juste valeur moins les coûts de cession (« fair value less cost to
sell »), celle-ci étant &amp;quot;le montant qui peut être obtenu de la vente d'un actif
ou d'une unité génératrice de trésorerie lors d'une transaction dans des
conditions de concurrence normale entre des parties bien informées et
consentantes, diminué des coûts de sortie&amp;quot;.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises ne sont pas obligées de calculer les deux et recourent plus
fréquemment à la première (Pour une présentation des méthodes d'évaluation
usuelle voir ce &lt;a href=&quot;http://bit.ly/Ak0FCF&quot;&gt;document&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, malgré les longs développements consacrés par IAS36 à la
définition de ces deux concepts, on constate dans la pratique une certaine
confusion dans leur application. C’est pourquoi il n’est pas inutile de
rappeler les différences qui existent du point de vue de l’évaluateur avant de
traiter des problématiques particulières de la clôture 2011.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Valeur d’utilité ou Juste valeur ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l’on écarte les situations des UGT cotées pour lesquelles on dispose
d’une référence de cours (référence qui n’est acceptable que si les volumes
négociés sont suffisants) ou bien celles qui peuvent donner lieu à la
constitution d’un échantillon de sociétés similaires cotées (situation
également &lt;a href=&quot;http://bit.ly/A9qhsn&quot;&gt;rare&lt;/a&gt;), la valeur d’utilité comme
la juste valeur sont déterminées par la méthode de l’actualisation des &lt;a href=&quot;http://bit.ly/yK1BIv&quot;&gt;flux de liquidité disponibles&lt;/a&gt; futurs(&lt;a href=&quot;http://bit.ly/wtwkol&quot;&gt;méthode dite des DCF&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, le point de départ est le même : c’est le plan
d’affaires de l’UGT approuvé par le management. Mais ces prévisions ne peuvent
généralement pas être prises en l’état. Le respect des normes comptables impose
en effet des ajustements selon la valeur qui est calculée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le calcul de &lt;ins&gt;&lt;a href=&quot;http://bit.ly/yXoOkI&quot;&gt;juste
valeur&lt;/a&gt;&lt;/ins&gt;, les hypothèses de croissance, de marges ou d’investissements
doivent être acceptables du point de vue d’un investisseur de marché (le fameux
« market participant »). Ce dernier n’est pas vraiment défini dans la
réglementation comptable, mais il est clair qu’il s’agit d’un acteur extérieur
au management qui pourrait (hypothétiquement) racheter l’UGT. Le plan
d’affaires ne peut être utilisé tel quel que s’il peut être considéré par cet
investisseur, industriel ou fonds d’investissement, à la fois raisonnable et de
nature à maximiser la valeur de l’UGT. De même, pour le calcul de la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/yScyTo&quot;&gt;valeur terminale&lt;/a&gt;, en particulier la croissance à
l’infini des cash flows, les paramètres retenus doivent être cohérents avec les
anticipations du marché. Si le management a une vision différente du marché,
son point de vue ne peut prévaloir dans le cadre de cet exercice.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la &lt;ins&gt;valeur d’utilité&lt;/ins&gt;, la norme impose d’écarter les
investissements de capacité et les restructurations non encore engagées, et
donc leurs effets éventuellement bénéfiques sur les résultats futurs, y compris
sur la valeur terminale. L’approche risque d’être assez théorique lorsque l’UGT
est dans un secteur qui se transforme rapidement et qui requiert des
investissements constants pour maintenir une position compétitive. En effet, si
le plan d’affaires se contente de maintenir les actifs actuels, il faut en
bonne logique prendre comme hypothèse un marché stable, exercice pour le moins
artificiel qui risque de plonger les managers dans un abime de perplexité
lorsqu’ils vont simuler cette situation dans leurs projections!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspect généralement trop négligé au profit d’une approche mécanique, &lt;em&gt;le
taux d’actualisation doit être cohérent avec le profil de risque et le
calendrier des flux de l’UGT&lt;/em&gt;. Que l’on cherche à calculer la valeur
d’utilité ou la juste valeur, la perspective doit être celle du marché et elle
doit s’exercer sur les flux spécifiques de l’UGT. Il faut se poser la question
de savoir quelle serait l’exigence de rentabilité d’un acteur de marché compte
tenu de la séquence et du risque des cash flows de l’UGT. Dans la mesure où les
flux retenus pour la juste valeur et la valeur d’utilité sont différents et ont
théoriquement des profils de risque différents, les taux applicables devraient
l’être également.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un processus d’évaluation rigoureux impose une comparaison entre
d’une part les valeurs calculées et, d’autre part, entre ces valeurs calculées
et la valeur de marché de l’entreprise. L’AMF encourage fortement les
entreprises à faire cet effort de réconciliation (voir la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/xVNJW3&quot;&gt;Recommandation AMF n°2011-16&lt;/a&gt; en vue de l’arrêté des
comptes 2011). Cet exercice est considéré comme faisant partie des meilleurs
pratiques professionnelles. On peut ainsi lire dans le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/ywif9S&quot;&gt;document de travail&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://bit.ly/ADNOpn&quot;&gt;l’AICPA&lt;/a&gt; « Accounting and Valuation guide –
testing Goodwill for impairment » qui fait actuellement l’objet d’une
procédure de consultation publique :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;When a significant portion of the reporting entity is subject to fair value
measurement, the task force believes a best practice in evaluating the
reasonableness of the fair value measurements for an entity’s individual
reporting units is to compare and explain differences between the aggregated
sum of the fair value measurements of the entity’s reporting units to external
fair value indications for the entire entity. Accordingly, if portions of the
entity were not subject to fair value measurement, it may be necessary to
estimate the fair value of those portions.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre conceptuel, quels sont les points délicats soulevés par la
situation économique et financière actuelle ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du taux d’actualisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème qui est souvent celui sur lequel se focalise l’attention des
professionnels est la détermination du taux d’actualisation. Dans le cadre de
la méthode des flux de liquidité disponibles, on utilise généralement le
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/yO0SLI&quot;&gt;Coût Moyen Pondéré du Capital&lt;/a&gt; (ou Weighted
Average Cost of Capital) qui est coût moyen pondéré des exigences de
rentabilité des actionnaires (coût des fonds propres) et des créanciers (coût
de la dette). Ce taux est cohérent avec les flux qui sont utilisés, à savoir
les flux de trésorerie disponibles à dette nulle (ou encore Free cash flow to
the firm).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sélection des &lt;a href=&quot;http://bit.ly/zDgWq8&quot;&gt;paramètres&lt;/a&gt; est
indissociable de l’analyse que l’on porte sur l’incertitude qui pèse sur
l’exécution du business plan de l’UGT. Pour l’année 2011, l’exercice est plus
compliqué parce qu’un certain nombre de points de repères ont
disparu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;ins&gt;taux sans risque&lt;/ins&gt; : la première composante du coût des
fonds propres est le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/xGJEDN&quot;&gt;taux de l’actif sans
risque&lt;/a&gt;. Traditionnellement, on retient le taux de rendement des obligations
d’Etat à long terme. Celles-ci ne sont-elles pas censées être les actifs les
moins risqués sur le marché financier? La situation de la Grèce et la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/r3KRPI&quot;&gt;dégradation&lt;/a&gt; des notes des Etats-Unis ou de la France
remettent en cause cette approximation. Faut-il pour autant augmenter le taux
sans risque lorsque l’on évalue une UGT au Portugal par exemple ? La
réponse est négative. Pour une présentation détaillée de la problématique, on
se reportera à un &lt;a href=&quot;http://bit.ly/nCeahq&quot;&gt;post&lt;/a&gt; que j'avais fait au
mois d'aout dernier (Quel taux sans risque quand plus rien n'est sûr ?
).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;ins&gt;prime de risque de marché&lt;/ins&gt; : certes, la chute des marchés
peut être interprétée comme une augmentation importante du coût du risque. Elle
peut aussi s’expliquer par une révision drastique des anticipations que les
actionnaires portent sur les flux de liquidités futurs. En tout état de cause,
dans une perspective de test de perte de valeur, il vaut mieux prendre une
perspective de long terme. Retenir une &lt;a href=&quot;http://bit.ly/weXL1i&quot;&gt;prime de
marché&lt;/a&gt; de 4,5 à 5,5% est cohérent avec le taux historique que l’on peut
observer sur les marchés occidentaux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;ins&gt;Bêta&lt;/ins&gt; (qui représente la sensibilité de la rentabilité de l’UGT
aux variations du marché): dans bien des cas, le Bêta historique observé sur
les entreprises comparables est encore moins &lt;a href=&quot;http://bit.ly/wN37DE&quot;&gt;significatif&lt;/a&gt; que par le passé en raison de l’extrême
volatilité des marchés au cours des dernières années. Là encore, il importe
d’être pragmatique. Les Bêtas calculés doivent être analysés et éventuellement
corrigés en fonction des éléments qui l’affectent : le levier
opérationnel, des perspectives de croissance, la volatilité de la position
concurrentielle, la sensibilité du secteur à l’environnement économique, la
pression réglementaire, etc.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;ins&gt;levier financier&lt;/ins&gt; : Le coût moyen pondéré du capital prend
une hypothèse de levier financier qui permet d’évaluer la valeur des économies
fiscales futures générées par l’endettement de l’entité. Les praticiens
retiennent habituellement le levier des entreprises comparables. Ce choix est
très contestable. Rien ne permet de penser que l’entité puisse ou veuille
choisir un levier cible identique à celui du secteur (d’autant que la chute des
capitalisations boursières a facialement augmenté les leviers exprimés en
valeur de marché). Du point de vue de l’investisseur de marché, il est
nécessaire d’examiner la séquence des cash flows futurs propre à l’UGT et leur
niveau de risque : le levier doit être déterminé en fonction de la
capacité de l’entité à rembourser cette dette théorique. Enfin, il ne faut pas
oublier que les coûts de faillites peuvent venir &lt;a href=&quot;http://bit.ly/w9ArGa&quot;&gt;remettre en cause&lt;/a&gt; la valeur de ces économies
fiscales.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;ins&gt;coût de la dette&lt;/ins&gt; : il s’agit d’estimer le coût que
devrait payer un investisseur de marché compte tenu de la volatilité des cash
flows de l’UGT et du levier cible qui a été retenu. Il n’est pas possible de
prendre le coût historique de l’entité, ni le coût de refinancement du
groupe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux d’actualisation est un facteur clé dans une évaluation, mais c’est
rarement l’élément le plus important. La valeur d’une entreprise est souvent
plus sensible au prix de vente moyen ou aux coûts variables qu’au taux
d’actualisation. L’arbre ne doit pas cacher la forêt et les directions
financières doivent être attentives à trois questions essentielles : la
modélisation des flux, la détermination rigoureuse des risques et la
réconciliation des valeurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois points d’attention&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur s’exprime avant tout au travers du &lt;em&gt;business plan&lt;/em&gt; dont les
hypothèses doivent être acceptables, raisonnables et documentées. Ce business
plan doit faire l’objet d’une &lt;em&gt;modélisation&lt;/em&gt; qui permette de faire des
simulations ou des travaux de sensibilités non seulement sur les paramètres
financiers que l’on a retenu comme le taux d’actualisation mais aussi et
surtout sur les principales hypothèses opérationnelles (les prix, les volumes,
les coûts variables, les coûts fixes, les investissements, la croissance à
l’infini). L'AMF &lt;a href=&quot;http://bit.ly/xVNJW3&quot;&gt;recommande&lt;/a&gt; d'ailleurs que
les travaux d'analyse de la sensibilité de la valeur soit élargis aux variables
opérationnelles. Les tables de sensibilité qui portent uniquement sur le taux
d'actualisation ou le taux de croissance à l'infini n'ont souvent qu'un intérêt
très faible.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas chercher à faire trop compliqué. Plus les choses sont
complexes plus il faut chercher à simuler &lt;a href=&quot;http://bit.ly/xhtTJy&quot;&gt;l’essentiel&lt;/a&gt;. Une modélisation simple permet
d’exprimer et de tester plus facilement un &lt;a href=&quot;http://bit.ly/ylDVJP&quot;&gt;raisonnement stratégique&lt;/a&gt;. Il ne faut pas oublier
qu’une évaluation financière n’est que la traduction d’une stratégie en flux de
liquidité. Dans un environnement aussi incertain que celui dans lequel nous
vivons aujourd’hui, des projections très détaillées sont moins convaincantes
qu’une trajectoire plus simplifiée, mais étayée par un raisonnement stratégique
rigoureux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarque vaut non seulement pour les flux mais aussi pour la valeur
terminale qui compte généralement pour 70 ou 80% de valeur totale d’une entité.
A cet égard, le taux de croissance des cash flows à l’infini est inséparable
d’une analyse de la position concurrentielle de l’UGT à l’issue du business
plan. Les raccourcis qui consistent à prendre le taux d’inflation ne sont en
général pas très pertinents. Il peut être utile de repousser l’horizon à
l’issue duquel la valeur terminale est calculée. Une prolongation du business
plan permet de simuler le profil attendu de la rentabilité économique (qui peut
croitre ou décroitre en fonction de la maturité de l’UGT) avant qu’elle ne
rejoigne le coût du capital.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second point d’attention : la &lt;em&gt;prise en compte des risques&lt;/em&gt;.
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/wkFwZ1&quot;&gt;Théoriquement&lt;/a&gt; on doit prendre au niveau des
cash flow les risques spécifiques à l’entité et au niveau du taux
d’actualisation ce que l’on appelle le risque systématique, c’est à dire la
sensibilité des performances aux variations du marché. Il n’est pas toujours
facile de respecter rigoureusement cette règle qui impose de raisonner en flux
espérés (c’est-à-dire en flux construits à partir de scénarios probabilisés).
Les entreprises utilisent souvent un seul scénario de flux probables. Dans ce
cas, il est habituel de rajouter une &lt;em&gt;prime spécifique&lt;/em&gt; au taux
d’actualisation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention ! L’utilisation de ce joker ne doit pas dispenser
d’identifier les principaux risques non pris en compte dans les cash flows. On
pense plus particulièrement aux conséquences spécifiques sur la santé
financière de l’entité d’un risque politique, d’une dégradation des finances
publiques et de ses effets sur le niveau des investissements des collectivités
publiques ou des impôts des sociétés … Il faut non seulement identifier ces
risques mais aussi simuler leur impact pour vérifier la cohérence de la prime
que l’on retient. Toute prime de risque spécifique doit être soigneusement
argumentée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et le problème se pose avec une acuité particulière cette année, les
entreprises doivent &lt;em&gt;rationaliser les différents travaux d’évaluation&lt;/em&gt;.
Les différences entre la valeur d'utilité et la juste valeur s’expliquent en
large partie par les ajustements dont on a parlé plus haut. La réconciliation
entre la juste valeur, la valeur d’utilité et la valeur de marché telle qu’elle
résulte du cours de bourse est plus compliquée, mais elle est nécessaire
lorsque l’écart est très significatif et persistant. Elle est d’ailleurs
demandée par un nombre croissant de comités d’audit inquiets de la persistance
d’un écart souvent grandissant entre la valeur interne calculée et le cours de
bourse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réconciliation avec le cours de bourse ne peut pas être totale car les
prix de marchés intègre des éléments subjectifs quelque fois difficiles à
comprendre, mais l’exercice doit être mené le plus loin possible.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une première approche consiste à exploiter les rapports d’analystes
financiers qui suivent la valeur pour comprendre les différences d’hypothèses
entre le business plan utilisé par le management et celles retenues par les
analystes. Cette comparaison est éclairante, mais elle est généralement
insuffisante car les analystes ne sont pas des investisseurs. Les biais de
leurs travaux sont largement documentés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde approche consiste à utiliser le modèle simplifié mentionné
précédemment pour procéder à un « reverse engineering » du cours de
bourse et discerner les attentes théoriques moyennes des investisseurs (voir le
livre de Rappaport et Mauboussin &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://bit.ly/zS40H4&quot;&gt;expectations
investing&lt;/a&gt;&amp;quot;). Ce travail est naturellement complexe et ses conclusions
peuvent naturellement être discutées. Mais il offre au management l’opportunité
de mieux comprendre le comportement du cours de bourse. Cette empathie à
l’égard des investisseurs peut être mise à profit pour une meilleure
communication financière et un dialogue enrichi avec les
investisseurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc cette année, les travaux à entreprendre dans le cadre des tests de
dépréciation sont certes plus complexes, mais ils seront plus éclairants et
utiles pour les entreprises à condition qu'ils soient effectués sérieusement
bien sûr !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2012/01/29/Impairment-tests-%3A-quelle-approche-pour-les-tests-de-perte-de-valeur-en-2011#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Corporate Governance matters &quot; : un ouvrage essentiel pour comprendre la gouvernance d'entreprise</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/10/24/Gouvernance-that-matters</link>
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    <pubDate>Mon, 24 Oct 2011 00:41:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Gouvernance</category>
        <category>Administrateur</category><category>Audit</category><category>Etats-Unis</category><category>Gouvernance</category><category>Rémunération</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Il y a vingt ans, un comité présidé par sir &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Adrian_Cadbury&quot;&gt;Adrian Cadbury&lt;/a&gt; était institué
en Grande Bretagne pour définir les conditions dans lesquelles le conseil
d’administration pouvait s’acquitter efficacement de sa mission de contrôle.
Dix huit mois plus tard ces travaux déboucheront sur le fameux &lt;a href=&quot;http://bit.ly/fnyWze&quot;&gt;rapport Cadbury&lt;/a&gt;, premier d’une longue série :
il existe aujourd’hui plus de &lt;a href=&quot;http://bit.ly/p3L2lb&quot;&gt;150 codes
nationaux&lt;/a&gt; dont les recommandations ne sont pas très différentes de celles
que l’on trouve dans le code anglais. Cette grande &lt;a href=&quot;http://www.ponssard.net/wp-content/uploads/2011/04/revue-economie-financiere-2001.pdf&quot;&gt;
convergence&lt;/a&gt; des pratiques a été largement encouragée par la globalisation
financière, l’influence des fonds d’investissement anglo-saxons et des agences
de notation spécialisées dans la gouvernance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, force est de constater que ces « bonnes pratiques » ne
sont pas parvenues à &lt;a href=&quot;http://www.cairn.info/revue-internationale-de-droit-economique-2008-4-p-407.htm&quot;&gt;
empêcher les crises ou les scandales&lt;/a&gt;. Régulièrement &lt;a href=&quot;http://www.oecd.org/dataoecd/3/10/43056196.pdf&quot;&gt;mise en accusation&lt;/a&gt;, elles
font l’objet de réglementations ou de recommandations toujours plus précises et
fermes avant de très vite se révéler insuffisantes ou inopérantes. Ne serait-il
pas temps de s’interroger sur les raisons de cette incapacité à mettre en place
un système qui marche durablement?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Corporate-Governance-Matters-Organizational-Consequences/dp/013218026X&quot;&gt;Corporate
Governance Matters&lt;/a&gt; » (voir &lt;a href=&quot;http://rockcenter.stanford.edu/2011/06/06/corporate-governance-matters-2/&quot;&gt;Vidéo&lt;/a&gt;)
apporte des éléments de réponse à cette question. Destiné aux praticiens et
écrit par deux professeurs de Stanford (&lt;a href=&quot;https://gsbapps.stanford.edu/facultyprofiles/biomain.asp?id=55599549&quot;&gt;David
Larcker&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.gsb.stanford.edu/cgrp/about/staff.html&quot;&gt;Brian Tayan&lt;/a&gt;), ce livre
présente systématiquement les coûts et bénéfices des différents mécanismes de
la gouvernance à la lumière de la recherche académique ou des enquêtes
professionnelles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lecture de cet ouvrage permet de constater que les pratiques que
nous considérons comme essentielles n’ont en réalité qu’un lien très ténu
(quand il n’est pas négatif) avec les performances opérationnelles ou
actionnariales de l’entreprise&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La séparation des fonctions du Président et du Directeur général,
l’indépendance des administrateurs ou du comité d’audit, la présence de
représentants d’actionnaires salariés, la féminisation des conseils, le
recrutement externe des dirigeants, les incitations alignées sur la performance
actionnariale de l’entreprise, la rotation des auditeurs : &lt;strong&gt;autant
d’exemples de fausses bonnes idées si l’on se réfère à la recherche
académique&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enquêtes qui ont été menées sur le fonctionnement des conseils, la façon
dont ils s’acquittent de leur responsabilité en matière de contrôle, le
recrutement des dirigeants, leurs rémunérations montrent certes des progrès,
mais aussi des carences et des frustrations importantes dont les
administrateurs ont bien conscience, mais qu’ils semblent incapables de
redresser.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce constat pessimiste ne doit pas nous conduire à abandonner tout
espoir, mais il nous incite à réfléchir à la façon dont nous devons repenser la
gouvernance&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tout d’abord, les auteurs nous invitent à reconnaître l’importance du
contexte&lt;/em&gt;. Il faut abandonner l’idée que l’on puisse mettre en place des
mécanismes de gouvernance standardisés car l’efficacité du système dépend de la
nature de l’actionnariat, de la maturité de la firme, de son histoire et de ses
relations avec les marchés financiers, de l’environnement juridique dans lequel
elle évolue, etc … Il n’y a pas de « one size fits all ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d’exemple, un système de stock-options doit non seulement prendre en
compte toute la structure de la rémunération, mais aussi bien d’autres
facteurs : l’appétence au risque défini par le conseil, l’âge du dirigeant
concerné, son ancienneté, l’importance de son investissement financier dans
l’entreprise, de sa fortune personnelle, son attitude à l’égard de la prise de
risque, l’existence d’un plan de succession sérieux. Il n’y a pas de formule
miracle. C’est aux administrateurs de réfléchir à la meilleure solution en
fonction du contexte. La complexité de cette tâche jette un doute sur l’intérêt
de laisser les actionnaires s’exprimer sur le sujet et sur la capacité d’un
conseil à régler la question en quelques heures de débat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Deuxièmement, l’approche de la réglementation et des « bonnes
pratiques » est inadaptée&lt;/em&gt;. La fonction (ou les objectifs) des
mécanismes de gouvernance sont plus importants que leurs caractéristiques
organiques. De fait, la logique du « &lt;a href=&quot;http://gouvernancefinanciere.blogspot.com/2009/03/comply-or-explain.html&quot;&gt;comply
or explain&lt;/a&gt; » (largement soutenue par le régulateur) et les approches
mécaniques adoptées par les &lt;a href=&quot;http://bit.ly/nmf1XK&quot;&gt;agences de proxy&lt;/a&gt;
pour vérifier l’application des codes de bonne conduite ont conduit au
« &lt;a href=&quot;http://bit.ly/oMoHnq&quot;&gt;box ticking&lt;/a&gt; », solution de facilité
qui privilégie l’apparence à la réalité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion des risques et la communication qui est faite sur ce sujet est un
bon exemple de cette dérive. Les administrateurs devraient moins s’intéresser à
l’organisation ou aux procédures de contrôle qu’à l’adéquation de la prise de
risque avec la stratégie de l’entreprise. Au lieu d’être présentés dans une
liste générique et artificielle, les risques devraient faire l’objet d’une
information vivante et hiérarchisée qui permette aux investisseurs de mieux
comprendre la résilience du modèle de développement de l’entreprise (voir les
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/oIEvC2&quot;&gt;observations&lt;/a&gt; du &lt;a href=&quot;http://www.frc.org.uk/index.cfm&quot;&gt;FRC&lt;/a&gt; en la matière). Le consensus de place
sur le rôle des comités d’audit tel qu’il s’exprime dans les &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/9456_1.pdf&quot;&gt;recommandations de
l’AMF de juillet 2010&lt;/a&gt; est bien &lt;a href=&quot;http://bit.ly/hlqpB1&quot;&gt;loin&lt;/a&gt; de
cette vision qui nécessiterait selon l’ouvrage « a substantial increase in
analytical skills and processes» de la part des administrateurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Enfin, l’approche résolument organisationnelle de l’ouvrage conduit ses
auteurs à insister sur l’importance de quatre éléments centraux d’un système de
gouvernance efficace&lt;/em&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;la structure organisationnelle (le caractère plus ou moins décentralisé de
l’entreprise) ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la culture organisationnelle (attitudes et comportements à l’égard du
risque, de la performance, de l’esprit d’équipe) ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la personnalité du CEO (style de leadership) ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les qualités des administrateurs (capacité d’engagement, force de
caractère).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces problématiques sont trop périphériques dans les débats sur la
gouvernance. Il est vrai qu’elles ne peuvent pas être facilement réduites à
quelques recettes ou mesures standardisées. Elles sont pourtant au cœur des
réussites ou des échecs de la gouvernance.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Réintégrer les aspects culturels et comportementaux dans la gouvernance est
le grand défi des praticiens et des chercheurs. Comme dans bien d’autres
domaines, le soft est plus important que le hard.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/10/24/Gouvernance-that-matters#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Quel taux sans risque quand plus rien n'est sûr ?</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/08/28/Quel-taux-sans-risque-quand-rien-n%E2%80%99est-moins-s%C3%BBr</link>
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    <pubDate>Sun, 28 Aug 2011 06:19:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Finance</category>
        <category>DCF</category><category>Finance</category><category>IFRS</category><category>Risque</category><category>Techniques Evaluation</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://bit.ly/pUwDae&quot;&gt;dégradation&lt;/a&gt; de la note de l’Etat
américain par S&amp;amp;P a &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mZsmVm&quot;&gt;relancé&lt;/a&gt; un débat
parmi les auditeurs (voir &lt;a href=&quot;http://bit.ly/rqeNh7&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://bit.ly/pam5zX&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt;) et les évaluateurs américains (voir &lt;a href=&quot;http://bit.ly/r3KRPI&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://bit.ly/nGilzf&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt; et
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/qwbt4u&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt;) sur le fait de savoir si les
obligations à long terme des Etats Unis pouvaient encore être utilisées dans le
calcul du coût du capital. La même question peut être posée en Europe pour les
pays qui ont fait récemment l’objet d’une dégradation, en particulier la Grèce
dont le taux d’intérêt sur les obligations à long terme a dépassé
15%.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des modèles financiers (comme le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/naz6KR&quot;&gt;Modèle d’Equilibre des Actifs Financiers&lt;/a&gt; ou les
modèles d’évaluation d’options) prennent en compte l’existence d’un actif sans
risque, c’est-à-dire d’un actif dont la rentabilité effective est toujours
égale à la rentabilité espérée et donc non corrélée au marché. Dans la
pratique, on utilise le taux des obligations d’Etat comme une approximation de
cette rentabilité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela reste une approximation, car il arrive que les Etats ne respectent
pas leurs engagements malgré leur faculté de lever l’impôt. Pour les pays de la
zone Euro, ce risque est encore accru car les Etats empruntent dans une devise
dont ils ne contrôlent plus l’émission. Les investisseurs peuvent légitimement
penser que derrière une crise de liquidité se cache une crise de &lt;a href=&quot;http://bit.ly/qSr2DH&quot;&gt;solvabilité&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, quel taux sans risque prendre en compte dans le calcul
du &lt;a href=&quot;http://www.stern.nyu.edu/~adamodar/pdfiles/papers/nothingisriskfree.pdf&quot;&gt;coût
du capital&lt;/a&gt; ? Le sujet est d’importance pour toutes les entreprises qui
évaluent des opportunités d’acquisition ou qui doivent effectuer des tests de
dépréciation d’activités situées dans des pays mal notés. Elle est
particulièrement sensible pour les entreprises dont les opportunités de
croissance constituent une part essentielle de la valeur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d’abord, la question ne se pose que si les flux de liquidités à
actualiser sont exprimés en monnaie locale. Si l’investisseur est situé dans un
pays dont la monnaie est forte et que ses projections sont exprimées dans la
devise du pays d’origine, c’est le taux sans risque de ce dernier qui est
applicable. Cela suppose bien sûr que les flux de liquidité aient été traduits
en utilisant un taux de change futur cohérent avec le différentiel anticipé
d’inflation (application de la théorie de la parité du pouvoir d’achat). Pour
une entreprise de la zone euro qui a investi en Grèce ou au Portugal, la
question ne devrait donc pas se poser. Les projections qu’elle utilise sont en
Euros : elle doit utiliser les obligations d’Etat qui sont les plus
représentatives de l’actif sans risque de la zone (le Bund allemand par
exemple).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème est différent si les projections sont exprimées en monnaie
locale. Le taux d’actualisation applicable est alors celui du pays où se trouve
l’activité. En l’absence d’un taux d’obligation d’Etat à long terme directement
utilisable, un certain nombre de solutions existent (voir &lt;a href=&quot;http://bit.ly/n0vwTR&quot;&gt;Damodaran&lt;/a&gt; ), mais elles sont loin d’être parfaites.
Elles sont habituellement mises en œuvre lorsque l’on évalue un projet ou une
entreprise dans un pays émergent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. On peut essayer de reconstruire un taux sans risque à partir d’un taux
réel et du taux d’inflation anticipé. Le taux réel peut être évalué à partir
des &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mYyAxN&quot;&gt;obligations d’Etat indexées sur
l’inflation&lt;/a&gt;. Si l’on considère que les TIPS américaines (Treasury Inflation
Protected Securities) ne peuvent plus être utilisées, on peut recourir à celles
émises par la France (OATi à maturité longue) ou par l’Allemagne. A ce taux
réel, on ajoute l’inflation anticipée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. On peut également partir du taux de rentabilité exigé sur un actif sans
risque dans le pays d’origine s’il n’intègre pas de risque de défaut et
l’ajuster par le différentiel d’inflation anticipée avec le pays investisseur
en appliquant la formule de la parité des pouvoirs d'achat&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. S’il existe des contrats futures sur les devises des deux pays concernés,
il est aussi envisageable de déduire le taux d’intérêt applicable dans le pays
étranger à partir du taux d’intérêt du pays d’origine, du taux de change
Forward pour la période t, du taux Spot.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Une pratique apparemment assez répandue dans les grands groupes consiste
à partir du taux des obligations de l’Etat étranger et à tenter d’extraire la
prime de défaut qu’il comporte en identifiant le spread correspondant à ce
risque. Ce spread peut être déterminé soit sur la base des spreads observés sur
les obligations d’Etat classées par notation, soit de ceux observés sur le
marché des CDS.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Enfin, il peut exister des grandes entreprises locales qui empruntent à
un taux plus faible que l’Etat (Voir : « Quelques erreurs en
évaluation à ne pas commettre dans le contexte actuel », &lt;a href=&quot;http://www.vernimmen.net/html/lettre/&quot;&gt;lettre Vernimmen&lt;/a&gt; de Juin 2009) .
Dans ce cas, et si leur business model est éprouvé et que leur levier est
raisonnable, certains n’hésitent pas à utiliser ces taux . On peut
éventuellement les réduire de quelques points pour approcher un taux sans
risque (Damodaran conseille 0,5% mais sans véritable justification).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, ces différentes solutions sont loin d’être idéales! Au calcul du
taux sans risque s’ajoutent d’autres considérations techniques aussi complexes
et incertaines (en particulier lorsque l’on évalue des actifs dans des pays
émergents) : la prime de risque et le Bêta applicables, la mesure du
risque pays. Pour être appliqués en toute rigueur, les choix méthodologiques
doivent prendre en compte le degré d’efficience et d’intégration internationale
du marché financier local et, malheureusement, on se trouve rarement dans une
situation claire (voir Sabal, Jaime : &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://bit.ly/oOYooq&quot;&gt;The
Discount Rate in Emerging Markets- A Guide&lt;/a&gt;&amp;quot;, 2001).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-delà de ces considérations techniques, est-il si critique de trouver
le « juste » taux sans risque ? Il n’est probablement pas
nécessaire d’atteindre une précision scientifique et cela pour &lt;strong&gt;deux
raisons&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premièrement, il ne faut pas oublier que les modèles que nous utilisons ne
sont que des conventions financières (voir André Orléan : « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/oo5ySk&quot;&gt;Comprendre les foules spéculatives : Mimétismes
informationnel, autoréférentiel et normatif&lt;/a&gt; » ). Elles sont
indispensables pour créer un consensus de modélisation, élément critique de
l’efficience des marchés (voir Christian Walter : &lt;a href=&quot;http://bit.ly/oCJtdp&quot;&gt;Les quatre causes de l'efficacité informationnelle des
marchés&lt;/a&gt;. Finance et Bien Commun 2005/3). Mais elles restent une
représentation théorique d’une complexité que nous avons du mal à appréhender
(et on a le sentiment que cette situation a empiré au cours des dernières
années !).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que les investisseurs exigent une certaine rentabilité
sur les investissements qu’ils font, mais chacun a sa propre exigence,
développe ses propres anticipations rationnelles et irrationnelles et utilise
ses propres critères d’évaluation. Du point de vue du dirigeant d’entreprise,
ce qui est important c’est de déterminer l’exigence moyenne qui pèse sur les
actifs dont il a la responsabilité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MEDAF nous offre une grille de lecture commode, simple et reconnue à
partir d’un taux sans risque et d’une prime de marché. Mais ce n’est pas le
seul modèle disponible. Certains n’utilisent pas le taux sans risque. Par
exemple &lt;a href=&quot;http://www.associes-finance.com/&quot;&gt;Associés en Finance&lt;/a&gt; a
développé le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/pq7SjV&quot;&gt;modèle Trival&lt;/a&gt; qui exprime la
rentabilité exigée par un investisseur sous la forme d’une constante (ordonnée
à l’origine de la droite de marché), d’une prime de risque et d’une &lt;a href=&quot;http://bit.ly/pRAfmR&quot;&gt;prime d’illiquidité&lt;/a&gt;. Cette constante qui a
historiquement fluctué de -0,16 à 5,6 est distincte du taux sans risque. Il
faut noter de manière incidente que les évaluateurs qui utilisent la prime de
marché de cet excellent modèle comme input du MEDAF se trompent chaque fois
lourdement puisque cette prime découle d’un modèle différent (la constante
n’est pas le taux sans risque des obligations d’Etat à 10 ans et la prime
d’illiquidité est formellement identifiée à coté de la prime de
risque).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc aussi important de raisonner sur le coût des fonds propres de
manière globale que d’essayer de le reconstruire à partir d’éléments issus d’un
consensus de modélisation parmi d’autres. D’autant que le taux sans risque
n’est pas la seule notion théorique du MEDAF: le bêta en est une autre !
Et le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/reBsKC&quot;&gt;risque de faillite&lt;/a&gt; introduit une
complexité supplémentaire dans le calcul du coût moyen pondéré du
capital.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises cotées qui effectuent des travaux d’évaluation dans le cadre
de leurs tests de dépréciation ne doivent donc pas se contenter de calculer
mécaniquement un taux d’actualisation à partir du MEDAF. Elles doivent aussi
estimer le coût du capital qui résulte d’un plan d’affaires raisonnablement
anticipé par les investisseurs et du cours de bourse de la société (en
effectuant tout simplement un calcul de taux de rendement interne). Cette
analyse (pratique) permet de conforter/challenger les travaux de construction
(théorique) du taux d’actualisation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison (probablement la plus importante) pour laquelle il ne faut
pas s’inquiéter de ne pouvoir calculer précisément le taux sans risque est la
faiblesse relative de son impact sur le résultat d’une évaluation. Cette
remarque vaut également pour tous les calculs détaillés auxquels procèdent avec
délectation les évaluateurs pour déterminer les autres paramètres du coût du
capital : la prime de risque, le Bêta des fonds propres, de la dette
(éventuellement), le levier cible, la taille, etc…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces paramètres font souvent l’objet d’un travail d’analyse
considérable, mais le nombre d’onglets du tableur ne saurait masquer le
caractère éminemment subjectif et incertain des résultats de ces
calculs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes des analyses de sensibilité sont généralement réalisées pour montrer
l’impact de ces choix sur la valeur de l’entreprise. Et de fait, le taux
d’actualisation a toujours un impact important qu’il partage avec une autre
estimation encore plus subjective, le taux de croissance à long terme des flux
de liquidités. Mais ces analyses ne sont pas les plus pertinentes. Plus
intéressantes sont celles qui portent sur les éléments clés de la
performance : le niveau des prix, le volume, la marge opérationnelle, le
taux de conversion du résultat économique en flux de liquidités disponibles,
etc. Lorsqu’elles sont menées sérieusement, on s’aperçoit que la sensibilité de
la valeur aux variations du taux d’actualisation est toujours très inférieure à
celle des éléments opérationnels.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition d’une référence claire de taux sans risque ne crée donc pas
une difficulté insurmontable dans le calcul du coût du capital. En revanche,
elle invite les entreprises à s’interroger sur les raisons et les conséquences
de la probabilité accrue de défaut des Etats sur les fondamentaux opérationnels
des entreprises : des politiques économiques incertaines et inefficaces,
une ponction fiscale croissante dont l’utilisation ne sera pas forcément
productive, des restrictions dans le financement des entreprises, etc… La
valeur dépend davantage du numérateur que du dénominateur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;En conclusion&lt;/ins&gt; : Les dégradations des notes des dettes
souveraines ne sont pas un indicateur de dépréciation, mais les incertitudes
qu’elles expriment et qu’elles créent invitent les entreprises à s’interroger
de manière plus critique sur leurs plans d’affaires et les moyens financiers
qui seront nécessaires à leur exécution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Une version pdf assortie de références bibliographique est disponible
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/nMX2IE&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/08/28/Quel-taux-sans-risque-quand-rien-n%E2%80%99est-moins-s%C3%BBr#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Immatériels et valeur</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/08/26/Immat%C3%A9riels-et-valeur2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e793751b0309b585b2daa2d641e7b145</guid>
    <pubDate>Fri, 26 Aug 2011 06:22:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Gouvernance</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;En association avec l'observatoire de l'Immatériel (sponsorisé par &lt;a href=&quot;http://bit.ly/ntqMKQ&quot;&gt;Deloitte&lt;/a&gt;) et les étudiants de SciencesPo, le site
EasyBourse consacre une &lt;a href=&quot;http://bit.ly/nkNd2p&quot;&gt;rubrique&lt;/a&gt; de
communication financière à l'économie de l'immatériel et ses enjeux. On y
trouvera un extrait de &lt;a href=&quot;http://bit.ly/nhPzbn&quot;&gt;l'interview&lt;/a&gt; que
j'avais donné en juin sur ces sujets qui continuent de mobiliser les
entreprises et leurs directions financières.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La gouvernance : réducteur de risque ou facteur de progrès ?</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/08/02/La-gouvernance-%3A-r%C3%A9ducteur-de-risque-ou-facteur-de-progr%C3%A8s</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:98b48af93129ea5e093f3d441e7494ad</guid>
    <pubDate>Tue, 02 Aug 2011 00:24:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Gouvernance</category>
        <category>Administrateur</category><category>Gouvernance</category><category>Risque</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Il est encore trop tôt pour savoir quelles sont les initiatives que l’Union
européenne va prendre dans les mois et les années qui viennent dans le domaine
de la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/oy0QQp&quot;&gt;gouvernance d’entreprise&lt;/a&gt;, mais on peut
s’attendre à quelques mesures structurantes. Le sujet n’est-il pas identifié
dans le livre vert de Michel Barnier« &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2011/08/02/#&quot;&gt;The
EU corporate governance Framework&lt;/a&gt; » comme un « élément
essentiel » de la confiance des européens à l’égard du marché
unique ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://bit.ly/qesAmW&quot;&gt;consultation&lt;/a&gt; lancée sur ce document
vient juste de s’achever. Elle abordait un très grand nombre de thèmes répartis
en trois chapitres placés par la Commission « au cœur » de la
gouvernance : le conseil d’administration, l’implication des actionnaires
et l’application de l’approche « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mQKmG9&quot;&gt;comply or
explain&lt;/a&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce document a le mérite d’avoir très largement ouvert le débat, il
comporte &lt;strong&gt;deux lacunes&lt;/strong&gt; importantes :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;La préconisation aveugle de pratiques dont l’efficacité n’a pas
toujours été démontrée par la recherche académique&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grâce à l’action militante de grands investisseurs anglo-saxons (comme
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/qOhkOg&quot;&gt;Calpers&lt;/a&gt;) relayées par les &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mPH5vy&quot;&gt;agences de proxy&lt;/a&gt;, la gouvernance d’entreprise a pris
corps autour de « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mPH5vy&quot;&gt;bonnes
pratiques&lt;/a&gt; » convergentes internationalement. Quelque soit sa taille,
sa nationalité, son secteur, les caractéristiques de son actionnariat, son
histoire ou sa culture, la société cotée est invitée à respecter certains
principes : &lt;a href=&quot;http://bit.ly/oMoHnq&quot;&gt;séparation&lt;/a&gt; du Président et
du Directeur général ou désignation d’un « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/oMoHnq&quot;&gt;lead
director&lt;/a&gt; », diversité du recrutement, indépendance des administrateurs,
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/q3mrLO&quot;&gt;limitation des mandats&lt;/a&gt;, etc…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la recherche académique qui est très prolixe sur ces questions (plus de
5000 documents sur le site &lt;a href=&quot;http://bit.ly/pNunEf&quot;&gt;SSRN&lt;/a&gt;), est loin
d’être affirmative sur les bénéfices supposés de ces principes d’organisation.
On en trouvera une excellente revue dans un livre qui vient d’être publié par
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/omsFX9&quot;&gt;David Larcker&lt;/a&gt; et Brian Tayan
(« &lt;a href=&quot;http://amzn.to/nPAl6O&quot;&gt;Corporate governance matters&lt;/a&gt; »
(vidéo de présentation). Si les études convergent sur quelques questions comme
les bienfaits de l’indépendance des comités, de la présence d’experts
financiers ou les dangers du cumul des mandats, elles ne sont pas conclusives
sur certains thèmes tabous comme l’indépendance du Président ou des
administrateurs, l’existence d’un administrateur référent, la diversité ou la
féminisation des conseils.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s’agit pas de remettre en cause systématiquement ces
« bonnes » pratiques sous prétexte que leurs vertus ne sont pas
démontrées, mais il faut les mettre en place (ou suivre une autre voie) après
une véritable réflexion qui doit être expliquée clairement aux
actionnaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;une focalisation exagérée sur l’administrateur-contrôleur au
détriment de l’administrateur-conseil de la direction
générale&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gouvernance d’entreprise est née de la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/q1gG37&quot;&gt;théorie de l’agence&lt;/a&gt; qui part du principe que le
dirigeant d’entreprise non actionnaire doit être strictement contrôlé par ses
mandants afin d’éviter qu’il ne les lèse. Nos conseils d’administration ont
donc une vocation essentiellement &lt;a href=&quot;http://bit.ly/qqd5vy&quot;&gt;disciplinaire&lt;/a&gt;. Cette approche a été renforcée par
les crises successives qui ont toutes montré l’insuffisance des réglementations
antérieures et ont incité les régulateurs à augmenter sans cesse le pouvoir de
contrôle des conseils. C’est ainsi que depuis une dizaine d’années le débat
s’est très largement focalisé sur la &lt;a href=&quot;http://www.coso.org/documents/COSO_ERM_ExecutiveSummary_french.pdf&quot;&gt;gestion
des risques&lt;/a&gt;. La création obligatoire d’un &lt;a href=&quot;http://bit.ly/hlqpB1&quot;&gt;comité d’audit&lt;/a&gt; dont la compétence est strictement
encadrée et limitée au suivi « du processus d’élaboration des
comptes » et « de l’efficacité des processus de contrôle interne et
de contrôle des risques » est une illustration de cette tendance
lourde.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rôle de « conseil » du conseil d’administration est ainsi
progressivement occulté bien qu’il découle clairement des &lt;a href=&quot;http://bit.ly/nyPdzU&quot;&gt;pouvoirs&lt;/a&gt; qui lui sont attribués par la loi. Or, le
conseil n’est pas seulement chargé d’appuyer sur le frein. Il doit aussi
contribuer positivement au développement de l’entreprise.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une étude sur « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/nett83&quot;&gt;The costs of intense
board monitoring&lt;/a&gt; » (Olubunmi Faleye, Rani Hoitash, Udi Hoitash) a
montré que si les mesures habituellement prises pour mieux contrôler les
dirigeants sont généralement efficaces (changement des dirigeants plus sensible
aux performances des entreprises, augmentation plus raisonnable des
rémunérations, moins de manipulations de résultats …), elles ont un coût pour
les entreprises les plus complexes: des conseils stratégiques moins nombreux et
pertinents et une myopie managériale qui se traduisent par des performances
moins bonnes en matière de fusions acquisitions et d’innovation et, au total,
une érosion de la position concurrentielle de l’entreprise et une destruction
de valeur actionnariale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l’heure où nos économies sont à la recherche d’une croissance plus forte,
les régulateurs pourraient peut être se demander non pas comment nos conseils
peuvent éviter la prochaine crise, mais plutôt comment ils peuvent contribuer à
la relance de nos entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;Cet article a été &lt;a href=&quot;http://bit.ly/oDsMEw&quot;&gt;publié&lt;/a&gt; dans La Tribune
du 3 août 2011 (avec une erreur dans le titre ... :-(( )&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/08/02/La-gouvernance-%3A-r%C3%A9ducteur-de-risque-ou-facteur-de-progr%C3%A8s#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'IVSC publie les nouvelles normes internationales d'évaluation (IVS)</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/07/19/L-IVSC-publie-les-nouvelles-normes-internationales-d-%C3%A9valuation-%28IVS%29</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7b11e2f8e31cd1cafb41e4aee910dd18</guid>
    <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 07:47:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Actualité de l'évaluation</category>
        <category>IVSC</category><category>Techniques Evaluation</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Répondant à la prise de conscience croissante par les régulateurs mondiaux
de l'importance des normes d'évaluation, l'International Valuation Standards
Council (IVSC) publie aujourd'hui les &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/06/03/IVSC&quot;&gt;nouveaux
standards internationaux d'évaluation&lt;/a&gt; (IVS).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le communiqué de presse dont on trouvera une &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/news/nr/2011/nr110719.html&quot;&gt;version anglaise&lt;/a&gt; sur le
site de l'IVSC:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marchés financiers doivent avoir confiance dans les évaluations
produites par les emetteurs et, à la suite de la crise de 2008, les régulateurs
et le G20 ont souligné que des normes d'évaluation appropriées et une
réglementation efficace étaient nécessaires pour renforcer la stabilité
financière.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif primordial des nouveaux IVS est donc d'accroître la confiance des
acteurs du marché financier à l'égard des évaluations sur la base desquelles
ils prennent leurs décisions.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux IVS portent sur un large éventail d'actifs - entreprises,
instruments financiers, biens immobiliers et actifs incorporels. Ils sont le
fruit d'un travail de trois ans qui a fait l'objet d'une consultation
internationale. Ils ont comme objectif d'assurer la cohérence et la
transparence des processus d'évaluation et décrivent les principales méthodes
d'évaluation ainsi que les procédures que les professionnels doivent respecter
lors de la conduite d'une mission.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles normes entreront en vigueur en Janvier 2012 et peuvent être
commandées sur le site Internet de l'IVSC (www.ivsc.org).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Steven Sherman, président de l'International Valuation Standard Board a
déclaré&lt;/em&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;“Les nouvelles normes d'évaluation internationales portent sur les concepts
et principes généralement acceptés au niveau mondial en matière d'évaluation.
La mesure de la valeur est essentielle dans toute prise de décision financière.
Des standards robustes sont nécessaires pour réduire les risques de ces
décisions.”&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Michel Prada, président de l'IVSC a rajouté&lt;/em&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;“La crise financière a provoqué un débat de fond sur le rôle et la fiabilité
des évaluations et leur impact sur les marchés financiers. L'ambition de l'IVSC
est clair : édicter des normes et proposer des bonnes pratiques pour
améliorer la qualité et la fiabilité des évaluations au niveau mondial. Plus
que jamais, des évaluations standardisées dans tous les secteurs d'activité
sont vitales pour réduire les risques financiers, pour accroître la confiance
des investisseurs à l'égard de l'information financière et pour assurer une
cohérence dans l'évaluation des portefeuilles et des actifs.”&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de l'IVSC s'appuient sur des experts en évaluation reconnus
internationalement et bénéficient du soutien d'organisations comme BNP Paribas,
Deloitte, Duff &amp;amp; Phelps, Ernst &amp;amp; Young, Grant Thornton, Houlihan Lokey,
KPMG, American Appraisal Associates, American Society of Appraisers, The
Appraisal Foundation, Appraisal Institute, Appraisal Institute of Canada,
Canadian Institute of Chartered Business Valuers, China Appraisal Society, et
the Royal Institution of Chartered Surveyors.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/07/19/L-IVSC-publie-les-nouvelles-normes-internationales-d-%C3%A9valuation-%28IVS%29#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.rerolle.eu/post/2011/07/19/L-IVSC-publie-les-nouvelles-normes-internationales-d-%C3%A9valuation-%28IVS%29#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Comment prendre en compte le facteur humain dans les évaluations financières ? (2de Partie)</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/06/19/Comment-prendre-en-compte-le-facteur-humain-dans-les-%C3%A9valuations-financi%C3%A8res-%282de-Partie%29</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ff5e9fb29dcfefbdd14803a86138d300</guid>
    <pubDate>Sun, 19 Jun 2011 21:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Finance</category>
        <category>Audit</category><category>Finance</category><category>Techniques Evaluation</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Tout indique que le marché financier prend en compte le facteur humain (voir
mon &lt;a href=&quot;http://bit.ly/lawkRq&quot;&gt;post précédent&lt;/a&gt;). Mais la façon dont il
le fait n’est pas très claire comme l’illustre une recherche académique dont
les conclusions sont souvent contradictoires. Il n’est donc pas étonnant que
les évaluateurs éprouvent un certain inconfort face à cette problématique. En
effet, les méthodes d’évaluation (qui se raccrochent aux &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kUrolG&quot;&gt;conventions financières&lt;/a&gt; en vigueur) visent à imiter
autant que faire se peut le fonctionnement du marché. L’absence d’un lien clair
rend la tâche de l’évaluateur complexe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se soit en US Gaap ou en IFRS les normes comptables ne permettent pas la
reconnaissance d’une « assembled workforce » (voir le paragraphe B37
de &lt;a href=&quot;http://bit.ly/iF03UA&quot;&gt;IFRS 3&lt;/a&gt;):&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« The acquirer subsumes into goodwill the value of an acquired
intangible asset that is not identifiable as of the acquisition date. For
example, an acquirer may attribute value to the existence of an assembled
workforce, which is an existing collection of employees that permits the
acquirer to continue to operate an acquired business from the acquisition date.
An assembled workforce does not represent the intellectual capital of the
skilled work­force—the (often specialised) knowledge and experience that
employees of an acquiree bring to their jobs. Because the assembled workforce
is not an identifiable asset to be recognised separately from goodwill, any
value attributed to it is subsumed into goodwill »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aussi, seule une partie du capital intellectuel que cette
« workforce » cristallise peut faire l’objet d’une comptabilisation
(marque, brevets, relations clients …). Dans une évaluation d’entreprise,
l’aspect social ou humain n’est pris en compte qu’indirectement au travers des
entretiens avec le management : si l’évaluateur considère qu’il y a un
décalage entre les projections et la capacité de l’entreprise à les réaliser
pour des raisons humaines, il doit en tenir compte dans son opinion.
Lorsqu’elle existe, la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/ktBM4M&quot;&gt;cartographie des
risques&lt;/a&gt; peut également être exploitée lorsqu’elle comporte une dimension
sociale. D’une manière générale, l’évaluateur doit se conforter sur la capacité
du management à exécuter sa stratégie. Mais tous les ajustements éventuellement
apportés aux cash-flows ou dans le taux d’actualisation sont totalement
subjectifs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains mettent beaucoup d’espoirs dans le lancement de nombreuses
initiatives visant à normaliser l’information, les comportements ou les
indicateurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les réglementations&lt;/strong&gt; : Depuis 2001, les sociétés
françaises cotées doivent publier dans leur rapport de gestion des données
« sur la manière dont elles prennent en compte les conséquences sociales
et environnementales de leur activité ». Cette obligation d’information découle
de plusieurs textes : la loi sur les nouvelles régulations économiques
(NRE) du 15 mai 2001, l’ordonnance n°2004-1382 du 22 décembre 2004, les
informations que l’AMF demande aux entreprises d’intégrer dans les prospectus
et les documents de référence des sociétés. On se reportera à la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/jfm1br&quot;&gt;Recommandation AMF n° 2010-13&lt;/a&gt; du 2 décembre 2010
pour un panorama complet de ces obligations.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les codes de conduite&lt;/strong&gt; : lancé en 2000, le pacte
mondial des Nations Unies (&lt;a href=&quot;http://bit.ly/iZ22s2&quot;&gt;Global Compact&lt;/a&gt;),
est une initiative qui regroupe plusieurs milliers d’entreprises citoyennes qui
s’engagent à respecter 10 principes dont 4 concernent le droit du travail (on
trouvera sur le site de Global compact un nombre impressionnant de &lt;a href=&quot;http://bit.ly/jojE1B&quot;&gt;brochures et rapports&lt;/a&gt; sur ces questions). L’OCDE a
également défini des &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kBb628&quot;&gt;principes directeurs&lt;/a&gt; à
l'intention des entreprises multinationales qui comportent un volet
social.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les référentiels&lt;/strong&gt; : la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mJs0pu&quot;&gt;Global Initiative Reporting (GRI)&lt;/a&gt; qui a été lancée
en 1997 par un réseau de partenaires (sociétés, ONG, professionnels de la
comptabilité, investisseurs …) a comme objectif la mise au point d’un &lt;a href=&quot;http://bit.ly/m8F6MZ&quot;&gt;référentiel&lt;/a&gt; mondial pour le reporting développement
durable. Il comporte un volet « Emploi, relations sociales et travail
décent » qui définit les informations et les &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mkvKbs&quot;&gt;14 indicateurs&lt;/a&gt; que les entreprises doivent rendre
publics sur ces questions. Il existe également une norme &lt;a href=&quot;http://bit.ly/jqZqD4&quot;&gt;ISO 26000&lt;/a&gt; sur la responsabilité sociétale des
entreprises. Enfin, en juillet 2010 l’&lt;a href=&quot;http://bit.ly/iAt6Lb&quot;&gt;International Integrated Reporting Committee&lt;/a&gt; (IIRC)
a vu le jour sous l’impulsion du GRI et de &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kZMpt0&quot;&gt;Accounting for Sustainability&lt;/a&gt; (A4S), initiative du
Prince Charles visant à rénover le reporting comptable des entreprises. Un
discussion paper devrait voir le jour dans le courant de cette année.
L’objectif est ambitieux puisque selon la &lt;a href=&quot;http://bit.ly/jiYRkW&quot;&gt;fact
sheet&lt;/a&gt; de la FEE, l’Integrated reporting :&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;is a holistic approach to enable investors and other stakeholders to
understand how an organisation is really performing. Addressing the wider as
well as longer-term consequences of decisions and actions, an integrated report
makes clear the link between financial and non-financial value. The
relationship between an organisation's strategy, governance and business model
should be transparent through such reporting. It also gives an analysis of the
impacts and interconnections of material opportunities, risks and performance
across the value chain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On attend avec impatience ce document et les progrès que cette approche va
permettre car elle pourrait répondre au fameux expectation gap dont souffrent
les auditeurs et leurs clients (voir &lt;a href=&quot;http://bit.ly/lZrq1K&quot;&gt;Haro sur
l’auditeur ?&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://bit.ly/jKLuug&quot;&gt;Le rôle de l’auditeur dans
le rétablissement de la confiance des marchés&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention ! Ces initiatives pourraient inciter les entreprises à
privilégier le respect de la conformité au lieu d’essayer de mettre à jour les
indicateurs spécifiques à leur modèle de développement. Il ne faut pas oublier
que les investisseurs veulent comprendre quels sont les &lt;a href=&quot;http://bit.ly/imbAe8&quot;&gt;avantages compétitifs&lt;/a&gt;, par définition uniques, de
l’entreprise dans laquelle ils ont investi. Les indicateurs qui sont préconisés
pour l’instant sont trop génériques pour les satisfaire. Chaque entreprise doit
faire l’effort de mettre au point l’information pertinente qui permettra à ses
actionnaires de comprendre en quoi ses hommes, leur culture, leur expérience,
la stratégie des ressources humaines permettent d’être confiant sur l’exécution
de la stratégie.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est également essentiel que la performance humaine soit reliée de manière
structurée à la performance financière. A cet égard, le « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mPqWtJ&quot;&gt;balanced scorecard&lt;/a&gt; » semble être un outil
intéressant. Popularisé par le &lt;a href=&quot;http://amzn.to/muXZYQ&quot;&gt;best seller&lt;/a&gt;
de Kaplan et Norton en 1996, il fait partie des outils de management de la
performance les plus utilisés par les grandes sociétés américaines (voir le
rapport de Bain &amp;amp; Company « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kdX8zd&quot;&gt;Management
Tools and Trends 2011&lt;/a&gt; »). Même s’il a connu une &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mAfTg0&quot;&gt;évolution&lt;/a&gt; profonde depuis ce livre, sa logique reste
la même : il s’agit d’une démarche méthodique visant à identifier des
indicateurs clés de performance sur plusieurs plans : finance, client,
processus internes, innovation et personnel et de mettre en évidence leurs
liens avec les objectifs stratégiques de l’entreprise.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une entreprise soucieuse d’aider le marché à mieux prendre en compte la
dimension humaine dans ses attentes et son évaluation, la voie à suivre
consiste à intégrer les différents outils dont elle dispose (&lt;a href=&quot;http://bit.ly/ktBM4M&quot;&gt;cartographie des risques&lt;/a&gt;, en particulier les risques
sociaux, tableaux de bord type « balanced scorecard » dans sa
dimension capital humain) avec le système de prévisions financières et
d’évaluation. En identifiant plus clairement les éléments non financiers qui
ont un impact sur la stratégie et la valeur, le management se dote d’une base
de discussion solide avec les investisseurs et réduit son risque actionnarial
(voir « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/fd11Ra&quot;&gt;Le risque actionnarial : réel,
majeur, fréquent et pourtant négligé&lt;/a&gt; »).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’évaluateur n’est pas dans une situation différente. Il doit également
s’efforcer de tirer partie de tous les outils de mesure de la performance mis
en place par l’entreprise. La situation est idéale s’il existe un balanced
scorecard. Mais, dans tous les cas, il devrait systématiquement exploiter la
cartographie des risques dont l’utilisation est à présent largement répandue
dans les entreprises cotées. S’il n’y a pas de formule ou de modèle qui
permette d’intégrer la dimension humaine dans une évaluation, il existe
beaucoup d’éléments d’information stratégiques, aujourd’hui encore trop souvent
négligés, qui méritent d’être exploités systématiquement dans les
évaluations.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/06/19/Comment-prendre-en-compte-le-facteur-humain-dans-les-%C3%A9valuations-financi%C3%A8res-%282de-Partie%29#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Comment prendre en compte le facteur humain dans les évaluations financières ? (1ère partie)</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/06/12/Comment-prendre-en-compte-le-facteur-humain-dans-les-%C3%A9valuations-financi%C3%A8res</link>
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    <pubDate>Sun, 12 Jun 2011 18:35:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Finance</category>
        <category>Finance</category><category>Intangibles</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;L’une des critiques les plus constantes adressées au marché financier est
qu’il ne tiendrait pas compte du facteur humain. Pire, obnubilés par les
résultats financiers à court terme, les investisseurs encourageraient les
« licenciements boursiers ». Le capital humain serait ainsi sacrifié sur
l’autel de la valeur actionnariale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision s’est renforcée à la suite de la crise financière que nous
traversons et s’est particulièrement incarnée dans la critique selon laquelle
les marchés seraient incapables de prendre en compte le long terme (voir par
exemple la consultation lancée par le Département BIS britannique :
«&lt;a href=&quot;http://bit.ly/iP6Ami&quot;&gt;a long term focus for corporate britain&lt;/a&gt; »).
Il est vrai que le développement de l’ « &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mRM0i0&quot;&gt;algorithmic trading&lt;/a&gt; » vient mettre de l’eau au
moulin de la critique même si, techniquement, il ne faut pas s’en alarmer (voir
l’article de Bertrand Jacquillat : « &lt;a href=&quot;http://www.lesechos.fr/pdf.php?id=157232&quot;&gt;le court termisme n’est pas
l’ennemi&lt;/a&gt; »). Elle s’est exprimée une fois de plus dans le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mFd7mB&quot;&gt;programme&lt;/a&gt; du parti socialiste qui préconise de
lutter contre les licenciements boursiers. Cette position aussi idéologique que
celle qui met l’actionnaire au pinacle n’est pas vérifiée dans la
réalité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tout d’abord rappeler que la valeur d’une entreprise réside pour
l’essentiel dans ses flux de liquidité futurs. Les dividendes de l’année sont
insuffisants pour expliquer les niveaux de valorisation des actions. Le marché
s’inscrit forcément dans une perspective à long terme de croissance du cours
(les actionnaires attendent avant tout des plus-values, même si les
transactions s’enchaînent à court terme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le ratio capitalisation boursière / fonds propres comptables d’une
entreprise est supérieur à 1 (ce qui est le cas pour la majorité des
entreprises non financières), c’est le signe que les investisseurs pensent
qu’elle est capable de créer de la valeur à long terme. En attribuant une
valeur de marché supérieure à la valeur comptable, les investisseurs prennent
en compte les actifs incorporels de l’entreprise. Si l’on ajoute à cette
« survaleur », ou &lt;a href=&quot;http://bit.ly/lWQRDX&quot;&gt;goodwill&lt;/a&gt; les actifs
intangibles effectivement comptabilisés, on a une image complète des actifs
incorporels de l’entreprise.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre segmentation de ce &lt;a href=&quot;http://bit.ly/jzal6l&quot;&gt;capital
immatériel&lt;/a&gt; peut être faite en distinguant le capital humain, du capital
organisationnel et du capital relationnel. Mais soyons réalistes ! Il est
très difficile de séparer tous ces concepts. Derrière ces différentes rubriques
on trouve toujours les hommes de l’entreprise. Ce sont eux qui sont au cœur des
actifs intangibles. Ce sont eux qui sont chargés par les actionnaires de faire
fructifier leur patrimoine. Et comme l’a dit &lt;a href=&quot;http://bit.ly/murKY7&quot;&gt;Pierre Noël Giraud&lt;/a&gt;, la finance est un
« &lt;a href=&quot;http://amzn.to/mzTuHu&quot;&gt;commerce de promesses&lt;/a&gt; » : la
confiance est essentielle, et elle est inspirée avant tout par les hommes de
l’entreprise. Bref, il est indéniable que le marché financier tient compte du
facteur humain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investisseurs professionnels l’ont d’ailleurs bien compris. C’est ce qui
explique le dynamisme de l’&lt;a href=&quot;http://bit.ly/jMbzAl&quot;&gt;investissement
socialement responsable&lt;/a&gt; (ISR) dont l’un des critères est la performance
sociale. Dans un &lt;a href=&quot;http://bit.ly/mgpSmD&quot;&gt;rapport&lt;/a&gt; publié en 2008,
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/jdpO4V&quot;&gt;Europlace&lt;/a&gt; définit l’ISR
comme :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« tout mode de gestion, processus d’investissement ou utilisation de
ses droits et de son pouvoir d’influence en tant que détenteur d’actifs (vote,
questions, dialogue avec l’émetteur ou engagement de démarches plus
formalisées) qui tente d’intégrer les dimensions extra-financières dans les
évaluations des entreprises afin d’appréhender leurs risques ou opportunités
sociales, environnementales et en matière de gouvernance ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En France, &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kkcDQM&quot;&gt;Novethic&lt;/a&gt; évalue le montant des
fonds spécifiquement ISR à 68 milliards d’euros à la fin 2010 (voir &lt;a href=&quot;http://bit.ly/lL8SJv&quot;&gt;l'enquête annuelle 2010&lt;/a&gt;) soit une croissance de 35%
par rapport à 2009, et à 2500 milliards pris au sens large (intégration ESG –
Environnement, Social, Gouvernance). Cette dynamique doit beaucoup à
l’impulsion des associations professionnelles (voir le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/lG2zGM&quot;&gt;code de transparence de l’AFG&lt;/a&gt;), à la sensibilité des
clients à cette dimension (selon un &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kNppCv&quot;&gt;rapport
récent&lt;/a&gt;, 60% des investisseurs institutionnels ont reçu des demandes
spécifiques de la part de leur Limited Partners) et au recours croissant à la
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/ktdASz&quot;&gt;notation sociale&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le même &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kNppCv&quot;&gt;rapport&lt;/a&gt; précité, la
pratique ESG des investisseurs en capital a considérablement évolué. La prise
en compte des critères ESG se multiplie et des outils spécifiques d’enquête et
de contrôle se mettent en place (plus à l’occasion de l’investissement que du
suivi de la participation) avec un souci de gestion des risques. &lt;a href=&quot;http://www.axa-im.fr/&quot;&gt;Axa IM&lt;/a&gt; qui a développé une dizaine &lt;a href=&quot;http://bit.ly/l8rsvA&quot;&gt;d’indicateurs&lt;/a&gt; pour suivre la capacité du management
à exécuter sa stratégie offre un bon exemple de ces nouvelles
pratiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, bien qu’avéré, ce lien entre performance sociale et performance
actionnariale reste contesté car la recherche académique n’est pas toujours
conclusive. Et les interprétations sur le sens de la relation divergent :
est-ce la performance sociale qui permet la performance actionnariale ?
est-ce l’inverse ? ou bien, y a-t-il une synergie entre les deux
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Néanmoins, une compilation des études académiques semble donner l’avantage à
l’interprétation selon laquelle la performance sociale sert la performance
financière. Un article publié en 2003 par Margolis et Walsh (&lt;a href=&quot;http://bit.ly/jV7Huf&quot;&gt;Misery loves companies: rethinking social initiatives by
business&lt;/a&gt;) récence les 127 études (réalisées entre 1972 et 2002) qui ont
étudié les relations entre performance sociale et performance financière. Sur
les 109 qui traitaient la performance sociale comme une variable indépendante,
54 ont conclu à une relation positive et seulement 7 a une relation négative,
28 à une absence de lien et 20 à des conclusions mitigées. La performance
sociale a été traitée comme une variable dépendante dans 22 études. Pour la
majorité d’entre elles (16) elles concluent à une relation positive.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De même, si l’on en croit une &lt;a href=&quot;http://bit.ly/kL95DI&quot;&gt;étude&lt;/a&gt;
réalisée par &lt;a href=&quot;http://www.edhec.com/&quot;&gt;l’Edhec&lt;/a&gt; en 2008, « &lt;em&gt;on
ne dispose actuellement pas d’une base suffisamment solide pour pouvoir
conclure que l’ISR génère une surperformance&lt;/em&gt; ». Selon cette étude, la
rentabilité de l’ISR ne semble pas supérieure à celle du marché. De janvier
2002 à décembre 2007, les rentabilités des indices ISR pour la France (5,82%),
la zone Euro (6%) et l’Europe (4,71%) sont inférieurs à ceux de l’indice SBF
250 (8,89%), au DJ Euro Stoxx (8,17%) et au DJ Stoxx (6,93%). Seul la
rentabilité d’indice ISR Monde dépasse le MSCI World. Et ce, malgré un risque
comparable ou supérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat mitigé ne doit cependant pas décourager tous ceux qui sont
convaincus que la valeur créée dépend avant tout des hommes. Le défi consiste à
intégrer de manière structurée cette dimension dans l’évaluation et la
communication financière. ce sujet sera traité dans la seconde partie de ce
billet.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/06/12/Comment-prendre-en-compte-le-facteur-humain-dans-les-%C3%A9valuations-financi%C3%A8res#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Gouvernement d’entreprise :  Quand l’apparence l’emporte sur la substance</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/03/07/Gouvernement-d%E2%80%99entreprise-%3A-Quand-l%E2%80%99apparence-l%E2%80%99emporte-sur-la-substance</link>
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    <pubDate>Mon, 07 Mar 2011 11:55:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Gouvernance</category>
        <category>Administrateur</category><category>Gouvernance</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Contrairement à ce que l’on peut lire dans le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/gFXF6t&quot;&gt;deuxième rapport annuel&lt;/a&gt; sur le &lt;a href=&quot;http://www.code-afep-medef.com/&quot;&gt;code AFEP-MEDEF&lt;/a&gt;, «l’engagement des
entreprises françaises en faveur d’un gouvernement d’entreprise transparent et
exigeant» est loin d’être démontré.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste en effet à un net renforcement du pouvoir exécutif dans les
grandes entreprises cotées. Certains groupes ont décidé d’abandonner la
structure duale de &lt;a href=&quot;http://www.skadden.com/content/Publications/Publications1790_0.pdf&quot;&gt;Conseil de
Surveillance/Directoire&lt;/a&gt; pour une structure unitaire à &lt;a href=&quot;http://www.skadden.com/content/Publications/Publications1790_0.pdf&quot;&gt;Conseil
d’Administration&lt;/a&gt; : Axa (Voir : La &lt;a href=&quot;http://bit.ly/g8k21y&quot;&gt;gouvernance à géométrie variable&lt;/a&gt;) et &lt;a href=&quot;http://bit.ly/eg28KS&quot;&gt;Atos Origin&lt;/a&gt; en 2009, &lt;a href=&quot;http://bit.ly/f76nLN&quot;&gt;Safran&lt;/a&gt; plus récemment. D'autres ont décidé de
regrouper les fonctions de Président et de Directeur général : après les
avoir dissocié en 2009 (voir &lt;a href=&quot;http://www.finance.veolia.com/reunion-du-conseil-d-administration-de-veolia-environnement-pour-evoquer-la-possible-nomination-de-m-henri-proglio-comme-president-directeur-general-d-edf.html&quot;&gt;
Ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.finance.veolia.com/reunion-du-conseil-d-administration.html&quot;&gt;Ici&lt;/a&gt;
et &lt;a href=&quot;http://www.finance.veolia.com/nominations-de-m-henri-proglio-a-la-fonction-de-president-du-conseil-dadministration-de-veolia-environnement-et-de-m-antoine-frerot-a-la-fonction-de-directeur-general-de-veolia-environnement.html&quot;&gt;
Ici&lt;/a&gt;) &lt;a href=&quot;http://www.veolia.com/fr/groupe/gouvernance/&quot;&gt;Véolia&lt;/a&gt; a
décidé de les &lt;a href=&quot;http://www.finance.veolia.com/cp-12-12-2010.html&quot;&gt;réunifier&lt;/a&gt; un an plus
tard. France Télécom (&lt;a href=&quot;http://www.orange.com/fr_FR/presse/communiques/cp100201fr2.jsp&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et
&lt;a href=&quot;http://www.orange.com/fr_FR/presse/communiques/cp110223fr2.jsp&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;) et
&lt;a href=&quot;http://bit.ly/evxCwJ&quot;&gt;l'Oréal&lt;/a&gt; ont pris la même décision en
2011.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sociétés anonymes à conseil d'administration avec unicité des fonctions
représentaient 34% du CAC 40 en 2008 et 40% en 2009, et leur part s'élève
aujourd'hui à 52%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette évolution et la façon dont les changements d'organisation ont été
communiqués au marché illustrent une certaine forme de &lt;a href=&quot;http://www.agefi.fr/articles/Le-principe-separation-pouvoirs-mis-mal-debut-2009-1110625.html&quot;&gt;
régression&lt;/a&gt; des pratiques de gouvernance dans notre pays.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’un des principes fondamentaux d’un bon gouvernement d’entreprise est en
effet l’équilibre des pouvoirs. Dès 1992, le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/fnyWze&quot;&gt;rapport Cadbury&lt;/a&gt; pose comme principe essentiel la
séparation des fonctions du Président du conseil d’administration et du
Directeur général.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe continue à être affirmé avec force par le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/dFelfV&quot;&gt;code de gouvernance britannique&lt;/a&gt; en
vigueur :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;«There should be a clear division of responsibilities at the head of the
company between the running of the board and the executive responsibility for
the running of the company’s business. No one individual should have unfettered
powers of decision».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La validité de ce principe est à présent universellement reconnue, même si,
de manière pragmatique, on admet encore un système unitaire à la double
condition que ce choix soit clairement justifié par le conseil et que l’on
essaie d’en compenser les effets négatifs par différentes techniques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ainsi qu’en Grande-Bretagne, un « &lt;a href=&quot;http://www.insightinvestment.com/global/documents/riliterature/821056/Critical_role_SID.pdf&quot;&gt;Senior
independant director&lt;/a&gt; » doit être désigné pour être le «sounding board»
du Président et présider les sessions des administrateurs indépendants. Aux
Etats-Unis, le Conference Board recommande qu’un «lead independant director»
soit nommé si le Président, distinct du Directeur général, n’est pas
indépendant (Voir : &lt;a href=&quot;http://bit.ly/hH2efS&quot;&gt;Corporate Governance
Handbook&lt;/a&gt;: Legal Standards and Board Practices) . En cas de confusion des
rôles, un « Presiding Director » conduit les réunions des
administrateurs indépendants. En France, plusieurs sociétés ont mis en place un
«&lt;a href=&quot;http://archives.lesechos.fr/archives/2010/LesEchos/20599-176-ECH.htm&quot;&gt;administrateur
référent&lt;/a&gt;» ou un «vice-président du conseil d’administration» dans un rôle
similaire, et l’AFG (&lt;a href=&quot;http://www.afg.asso.fr/&quot;&gt;Association Française de
Gestion Financière&lt;/a&gt;) en fait depuis l’année dernière une disposition
importante de ses &lt;a href=&quot;http://gouvernancefinanciere.blogspot.com/2010/01/le-code-hellebuyck-nouveau-est-arrive.html&quot;&gt;
recommandations sur le gouvernement d’entreprise&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’intérêt d’avoir un Président distinct du Directeur général va au-delà du
respect du principe fondamental d’équilibre des pouvoirs. Il s’agit tout
simplement d’acter le fait que le conseil d’administration est devenu une pièce
essentielle du dispositif de la gouvernance d’une entreprise, de la qualité des
décisions stratégiques qui sont prises et de la relation de confiance qui doit
s’établir entre les instances dirigeantes d’une entreprise et ses
actionnaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps consacré par les administrateurs à leurs fonctions s’est
substantiellement accru au cours des dernières années non seulement en raison
de la fréquence des réunions du conseil et des comités dont ils sont membres,
mais aussi parce que la complexité des dossiers nécessite un temps de
préparation non négligeable (Voir le &lt;a href=&quot;http://gouvernancefinanciere.blogspot.com/2008/11/la-seconde-dition-du-vade-mecum-de.html&quot;&gt;
vade-mecum de l’Administrateur&lt;/a&gt; de l’&lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/&quot;&gt;IFA&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’organisation, la coordination et la synthèse des travaux des
administrateurs requièrent une véritable mobilisation du Président, ce qui est
difficilement conciliable avec l’exercice de fonctions exécutives dans toutes
leurs plénitudes. Par ailleurs, l’expérience montre que les débats du conseil
sont plus ouverts et efficaces lorsqu’ils sont facilités par un Président qui
n’est pas soucieux de faire approuver ses initiatives ou conforter ses
décisions. La crise récente a mis en évidence les graves dysfonctionnements qui
résultent de conseils dominés par le responsable exécutif de l’entreprise
(Voir : OECD, &lt;a href=&quot;http://www.oecd.org/dataoecd/32/1/42229620.pdf&quot;&gt;The
Corporate Governance Lessons from the Financial Crisis&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’intérêt opérationnel d’avoir une séparation des pouvoirs n’est
malheureusement pas souvent compris ou accepté, particulièrement en &lt;a href=&quot;http://bit.ly/bgE5WQ&quot;&gt;France&lt;/a&gt; (voir cependant le cas de &lt;a href=&quot;http://gouvernancefinanciere.blogspot.com/2010/01/levenement-est-passe-inapercu-et.html&quot;&gt;
Technicolor&lt;/a&gt; qui offre un contre-exemple remarquable). Il est fréquent
qu’une entreprise décide la dissociation des fonctions pour permettre au PDG
qui se retire de conserver sa rémunération et de maintenir une influence sur
son «jeune» successeur. Quelques années plus tard, ce dernier s’empressera de
fusionner à nouveau les deux fonctions lorsque le «vieux Président» sera
atteint par la limite d’âge et devra enfin quitter le conseil d’administration.
Ces allers et retours sont une véritable insulte à l’intelligence des
actionnaires et à la bonne gouvernance d’autant que la communication faite à
ces occasions est généralement d’une banalité affligeante.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formules utilisées dont on retrouvera un florilège dans le rapport
précité du MEDEF sont révélatrices de la pauvreté de la réflexion qui a présidé
à ces décisions pourtant fondamentales. C’est ainsi que le cumul des fonctions
est considéré comme « le plus adapté à l’organisation et au mode de
fonctionnement souhaitable du groupe », ou « plus apte à répondre aux
défis de la crise », ou encore de nature à « simplifier le processus de
décision de la direction générale » et de le rendre « plus efficace
dans un environnement économique et concurrentiel en évolution
permanente».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question n’est pas celle du choix d’organisation effectué par
l’entreprise car, comme on l’a indiqué précédemment, il existe de nombreux
moyens de rééquilibrer les pouvoirs derrière une apparente autocratie. Le vrai
problème est celui de la sincérité avec laquelle les entreprises ont adopté les
principes de bonne gouvernance. Le fait qu’elles soient apparemment incapables
d’expliquer rationnellement et spécifiquement les raisons pour lesquelles elles
ont fait tel ou tel choix en matière de gouvernance est inquiétant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression des « &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Proxy_firm&quot;&gt;proxy advisors&lt;/a&gt; », les entreprises
cotées ont adopté une stratégie de conformité moutonnière qui est finalement
très compatible avec leur manque de conviction fréquent sur les bienfaits d’une
bonne gouvernance. Elles se contentent de mettre en place un jeu de pratiques
reconnues qui donnera lieu à une communication plate et convenue. Soulagées et
protégées par cette procédure alibi, elles peuvent développer des modalités de
gouvernance parallèle qui restent inconnues de leurs actionnaires sauf
lorsqu’une catastrophe éclate.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce comportement est en totale contradiction avec celui que la bonne
gouvernance préconise :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La gouvernance d’une entreprise n’est pas un vernis destiné à agrémenter
les rapports annuels. Elle doit être considérée comme un élément essentiel de
sa gestion. Les promesses qui sont faites aux actionnaires doivent être
accompagnées d’un minimum de garanties pour maintenir leur confiance. Le
système de gouvernance a justement pour rôle de convaincre les actionnaires que
l’entreprise sera bien dirigée et contrôlée et que la valeur créée sera
répartie de manière équitable entre les pourvoyeurs de fonds. De ce point de
vue, la gouvernance est un des paramètres clés de la &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/2004c_La_valeur_du_gouvernement_d_entreprise__Option_Finance_15_mars_2004.pdf&quot;&gt;
valeur de l’entreprise&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le système à mettre en place dépend de nombreux facteurs spécifiques à la
société : sa taille, la complexité de ses opérations, sa maturité, la
géographie de son capital, sa culture, son histoire … Le conseil
d’administration est l’architecte de la gouvernance. Représentant des
actionnaires, il doit mettre en place un système de décision et de contrôle qui
permette de pérenniser la société et de protéger les intérêts à long terme des
investisseurs. Les solutions toutes faites sont à proscrire. Procédant d’une
vision stratégique, ce système ne peut être remis en cause pour satisfaire
l’ego d’un individu ou répondre aux modes du moment.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les actionnaires ont le droit fondamental d’être informés de la façon dont
la gouvernance est organisée et appliquée. L’information doit être précise et
concrète (voir par exemple le &lt;a href=&quot;http://bit.ly/gMHAvE&quot;&gt;rapport annuel de
BAE&lt;/a&gt; qui est un modèle du genre). Les phrases creuses ne peuvent que
desservir les entreprises qui les utilisent. Le conseil d’administration
renforcerait sa crédibilité si des explications précises étaient données sur
les modalités de répartition des pouvoirs, la façon dont les conflits
d’intérêts sont gérés, les grandes thématiques abordées dans la réflexion du
conseil, voire même les controverses ou les incertitudes et la façon dont elles
ont été tranchées. De grâce, cessons ces déclarations sans odeur et sans saveur
préalablement aseptisées par les juristes! Soyons plus &lt;a href=&quot;http://www.frc.org.uk/images/uploaded/documents/FRC%20DiscussionPaper%20louder%20than%20words.pdf&quot;&gt;
authentiques&lt;/a&gt; dans notre communication.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir au cas de Safran qui n'a pas encore été soumis à ses
actionnaires, la décision d’adopter une structure unitaire de gouvernance n’est
pas forcément un mal en soi (d’autant que la structure duale ne lui a pas
vraiment réussi dans le passé…). Mais les éléments d’information qui ont été
communiqués ne permettent pas aux investisseurs de voter en pleine connaissance
de cause. Il faut espérer que la société donnera des explications plus précises
et convaincantes sur les raisons qui la poussent à changer de gouvernance et
que le conseil d’administration prendra la sage décision de dissocier les
fonctions de Président et de Directeur général ou au minimum de nommer un
administrateur référent de poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce post est publié conjointement sur le &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&quot;&gt;blog de la
DFCG&lt;/a&gt; et sur le &lt;a href=&quot;http://gouvernancefinanciere.blogspot.com/&quot;&gt;blog de
la Gouvernance Financière&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/03/07/Gouvernement-d%E2%80%99entreprise-%3A-Quand-l%E2%80%99apparence-l%E2%80%99emporte-sur-la-substance#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Evaluateur : une subjectivité à encadrer</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/02/06/Evaluateur-%3A-une-subjectivit%C3%A9-%C3%A0-encadrer</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:bab17aa735fcd43a8b85e0391e71ea87</guid>
    <pubDate>Sun, 06 Feb 2011 12:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Actualité de l'évaluation</category>
        <category>IFRS</category><category>Juste valeur</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Si l’on en croit le Gouverneur de la Banque de France, &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Noyer&quot;&gt;Christian Noyer&lt;/a&gt; :
« A bien des égards, la crise actuelle est une crise de valorisation ».
Dressé en 2008, ce &lt;a href=&quot;http://www.banque-france.fr/fr/publications/revues/revue-stabilite-financiere/telechar/2008/octobre-2008/revue-stabilite-financiere-de-octobre-2008-valoriation-et-stabilite-financiere.pdf&quot;&gt;
constat&lt;/a&gt; un peu excessif qui visait avant tout les instruments financiers
illustre l’inconfort des acteurs économiques face aux concepts de valeur et
d’évaluation (on préférera le terme évaluation à valorisation car valoriser
veut dire « augmenter la valeur »).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La centralité de l’évaluation dans le débat s’explique par la conjonction de
deux évènements :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L’émergence de la &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2009/07/12/La-juste-valeur-comptable-:-faut-il-aller-plus-loin&quot;&gt;juste
valeur&lt;/a&gt; dans les normes comptables qui a été comprise par tous les acteurs
économiques comme équivalente à la valeur de marché&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/05/23/Un-nouveau-paradigme-financier-:-r%C3%A9ponses-%C3%A0-l-inefficience-des-march%C3%A9s&quot;&gt;
dysfonctionnements&lt;/a&gt; profonds des marchés qui ont été observés lors de la
crise financière.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Si l’on pense que le thermomètre du marché est essentiel à l’évaluation des
actifs, on est nécessairement &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/01/31/l-%C3%A9valuation-en-(temps-de)-crise-()&quot;&gt;perturbé&lt;/a&gt;
lorsque le thermomètre ne fonctionne plus ou fonctionne mal. Pragmatiques, les
régulateurs et plus généralement tous les acteurs impliqués dans l’élaboration
des comptes ont très vite accepté que les actifs financiers illiquides soient
évalués sur la base de modèles. Cette approche est nécessairement étendue à la
plupart des actifs non financiers qui ne font pas l’objet d’une cotation et
pour lesquels il est impossible de trouver des actifs similaires cotés. Ainsi,
dans la plupart des cas où une évaluation est nécessaire pour l’élaboration de
l’information comptable et financière, on est conduit à substituer la
subjectivité de l’évaluateur à « l’objectivité » supposée du marché
(le cours d’un instrument financier n’est-il pas le produit de l’interaction
d’investisseurs subjectifs dont les comportements ne sont pas toujours
rationnels ?).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure où les résultats de ces évaluations servent à informer le
marché, il est essentiel que la subjectivité de l’évaluateur qui est naturelle
soit encadrée et que ses raisonnements fassent l’objet d’une information utile
et sincère à l’égard de tous ceux qui vont utiliser ses conclusions.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficulté réside dans le fait que, à la différence par exemple des
&lt;a href=&quot;http://www.cncc.fr/&quot;&gt;commissaires aux comptes&lt;/a&gt;, la profession
d’évaluateur n’existe pas : il n’y a pas de règles professionnelles ou
déontologiques, d’exigence de compétence ou de diplôme qui soit universellement
ou même nationalement reconnu. Chacun, compétent ou incompétent, honnête ou
indélicat, indépendant ou corrompu peut exercer cette activité. S’il existe un
certain consensus sur la façon de réaliser une évaluation (grâce notamment aux
&lt;a href=&quot;http://www.ifrs.org/NR/rdonlyres/5179C9D9-F7D8-4742-939C-2B6677F75FF7/0/FVMprojectsummaryJuly2010.pdf&quot;&gt;
normes comptables&lt;/a&gt; qui ont empiété sur le terrain de l’évaluation), la mise
en œuvre demeure hétérogène.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il était donc temps qu’un organisme international se mette en place pour
traiter de la question des standards internationaux d’évaluation et pour
favoriser l’émergence de règles professionnelles. C’est dans cet esprit que
l’&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/&quot;&gt;International Valuation Standard Council&lt;/a&gt;
(IVSC) a été créé en 2008 pour succéder à un organisme dont l’origine remonte à
1981 mais qui était focalisé sur les standards d’évaluation immobilière. Le
nouvel IVSC a comme objectif de mettre en place des standards d’évaluation
applicables internationalement à tous les types d’actifs et dans toutes les
circonstances. Présidé par &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/boards/trustees/prada.html&quot;&gt;Michel Prada&lt;/a&gt;, il a acquis
en quelque mois une visibilité remarquable auprès des régulateurs comptables et
boursiers, signe de l’intensité du besoin éprouvé par les marchés d’avoir une
référence dans ce domaine encore largement en friche.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’IVSC a créé deux « boards » distincts :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;le &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/boards/standards/index.html&quot;&gt;Standard
Board&lt;/a&gt; chargé de définir les Standards : un &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/exp_drafts/ivs_20100610.pdf&quot;&gt;projet d’IVS&lt;/a&gt;
(International Valuation Standards) a été &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/06/20/Les-nouveaux-standards-internationaux-d-%C3%A9valuation-financi%C3%A8re&quot;&gt;
présenté&lt;/a&gt; au public en 2010. A la suite des commentaires reçus, le texte
définitif sera publié dans les semaines qui viennent.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;le &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/boards/professional/index.html&quot;&gt;Professional Board&lt;/a&gt;
chargé de promouvoir les bonnes pratiques professionnelles et de favoriser
l’émergence d’une véritable profession d’évaluateurs. Un certain nombre de
Technical Information Paper (TIP) ont d’ores et déjà été présentés. Il s’agit
de documents dont l’application n’est pas obligatoire, mais qui constituent un
recueil de bonnes pratiques sur des sujets clés de l’évaluation (&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/exp_drafts/1101_dcf_method.pdf&quot;&gt;DCF&lt;/a&gt;, approche par
les Coûts, &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/exp_drafts/0901_gn4_intangible_assets.pdf&quot;&gt;Actifs
immatériels&lt;/a&gt;, Primes et décotes, Attestations d’équité …). Par ailleurs, un
&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/exp_drafts/1007_code_of_ethics.pdf&quot;&gt;code
d’éthique&lt;/a&gt; a été élaboré, et une réflexion sur la profession (définition,
compétence, formation…) a été entamée.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En identifiant ou en proposant de bonnes pratiques en matière d’évaluation,
l’IVSC favorise la cohérence des approches, contribue à une meilleure
information des marchés et une bonne gouvernance. Son succès reposera sur le
pragmatisme de ses initiatives, sur le sens des responsabilités des évaluateurs
et sur la pression que régulateurs et émetteurs exerceront sur ces derniers
pour qu’ils inscrivent leurs missions dans le cadre de ces standards. La
subjectivité de l’évaluateur est naturelle. Son encadrement est
salutaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Post publié conjointement sur le &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&quot;&gt;blog de la
DFCG&lt;/a&gt; et sur &lt;a href=&quot;http://www.easybourse.com/bourse/international/interview/2120/jean-florent-rerolle-international-valuation-professional-board.html&quot;&gt;
Easybourse&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Rappel : l'auteur de ce post est Président de l'IVPB.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/02/06/Evaluateur-%3A-une-subjectivit%C3%A9-%C3%A0-encadrer#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.rerolle.eu/post/2011/02/06/Evaluateur-%3A-une-subjectivit%C3%A9-%C3%A0-encadrer#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le risque actionnarial : réel, majeur, fréquent et pourtant négligé</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/02/05/Comment-g%C3%A9rer-le-risque-actionnarial</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7bece1ac0144d9f7ac422597d1a98a0a</guid>
    <pubDate>Sat, 05 Feb 2011 09:32:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Finance</category>
        <category>Activisme actionnarial</category><category>Gouvernance</category><category>Marketing actionnarial</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestion_du_risque&quot;&gt;gestion du
risque&lt;/a&gt; est devenue une préoccupation essentielle des directions générales
et des conseils d’administration dont la naissance remonte au début des années
2000 avec les &lt;a href=&quot;http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/32/13/25/netvibes/audit_financier_HEC.pdf&quot;&gt;
obligations législatives ou réglementaires&lt;/a&gt; relatives au contrôle interne
des sociétés (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Sarbanes-Oxley&quot;&gt;loi
SoX&lt;/a&gt; aux Etats-Unis, LSF en France ...).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l’époque, il s’agissait avant tout de contrôler la fiabilité de
l’information comptable et financière. Progressivement, cette préoccupation
comptable a été élargie pour couvrir la gestion opérationnelle et stratégique.
Dans cet esprit, le &lt;a href=&quot;http://www.coso.org/&quot;&gt;COSO&lt;/a&gt; ou le &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/9457_1.pdf&quot;&gt;cadre de référence de
l’AMF&lt;/a&gt; invitent les entreprises à adopter une approche &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Enterprise_Risk_Management&quot;&gt;holistique&lt;/a&gt; de la
gestion des risques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si des progrès importants ont été accomplis (création de Directions des
risques, renforcement de l’audit interne, mise en place de systèmes souvent
sophistiqués de contrôle interne, élaboration de &lt;a href=&quot;http://www.audit-committee-institute.fr/dbfetch/52616e646f6d4956b0cf0a8153b34f7cf6d9c4ee3734a106/fiche_outil_toolkit_7_pageparpage.pdf&quot;&gt;
cartographie des risques&lt;/a&gt; …) peu d’entreprises ont mis en place une
véritable gestion systématique des risques. Les approches restent très
comptables. Il faut dire que &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/10/01/Pour-l-AMF,-le-comit%C3%A9-d-audit-porte-bien-son-nom&quot;&gt;l’interprétation&lt;/a&gt;
des textes récents sur le rôle du comité d’audit ne va pas dans le bon
sens.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à ce que l’on croit, cette pratique restrictive n’est pas dans
l’intérêt de la bonne gouvernance. Une approche des risques par le petit bout
de la lorgnette comptable focalise les administrateurs sur leur rôle
disciplinaire au détriment de leur rôle de conseil stratégique, ce qui a un
impact sur la création de valeur comme le soutient une &lt;a href=&quot;http://blogs.law.harvard.edu/corpgov/2010/12/06/the-costs-of-intense-board-monitoring/&quot;&gt;
étude&lt;/a&gt; récente (« &lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1343364&quot;&gt;The cost of
intense board monitoring&lt;/a&gt; » ). Pour éviter cette situation
contre-productive et frustrante, il faut revisiter l’approche de la gestion des
risques par le conseil et la replacer dans un contexte plus dynamique et
stratégique en focalisant les administrateurs sur le « risque actionnarial
».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut définir ce risque comme l’éventualité d’un décrochage important,
brutal et inattendu du cours de bourse d’une entreprise cotée. Curieusement, ce
risque est totalement absent des approches classiques d’&lt;a href=&quot;http://www.erisk.com/learning/research/011_lamriskoff.pdf&quot;&gt;ERM&lt;/a&gt;
(Enterprise-wide Risk Management).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la valeur actionnariale n’est pas absente des référentiels
professionnels. Elle constitue même un objectif suprême :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« La gestion des risques permet d’identifier et d’analyser les
principales menaces et opportunités potentielles de la société. Elle vise à
anticiper les risques au lieu de les subir, et ainsi à préserver la valeur, les
actifs et la réputation de la société» (&lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/9457_1.pdf&quot;&gt;Cadre de référence de
l’AMF&lt;/a&gt; ).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Mais le cours de bourse n’est jamais considéré comme un risque en lui
même&lt;/ins&gt;. Cette conception est une conséquence logique de l’hypothèse
généralement acceptée d&lt;a href=&quot;http://www.regie-energie.qc.ca/audiences/3630-07/Audience3630/Engag/C-8-30_ACIG_Engag2-Resume_3630_4sept07.pdf&quot;&gt;’efficience
des marchés&lt;/a&gt; qui veut que la valeur de marché de l’entreprise reflète
fidèlement sa valeur fondamentale. En cela, elle est cohérente avec les
principes comptables et la philosophie de la &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2008/12/21/Le-debat-sur-la-juste-valeur-:-de-l-illusion-comptable-au-realisme-financier&quot;&gt;
juste valeur&lt;/a&gt; . Mais la &lt;a href=&quot;http://ssrn.com/abstract=1502815&quot;&gt;crise&lt;/a&gt;
récente a démontré la &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2009/06/06/business/06nocera.html?_r=1&amp;amp;scp=1&amp;amp;sq=efficient%20market&amp;amp;st&quot;&gt;
faiblesse&lt;/a&gt; du paradigme de l’efficience des marchés : le cours peut
être déconnecté de la valeur intrinsèque.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque actionnarial doit être considéré comme un &lt;strong&gt;risque
autonome&lt;/strong&gt; car un décrochage important du cours de bourse n’est pas sans
conséquences sur la valeur fondamentale de l’entreprise. Il existe une &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Images/Boucle_retroaction_de_la_valeur.gif&quot;&gt;boucle de rétroaction&lt;/a&gt;
qui n’est généralement pas perçue par les directions générales.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Images/Boucle_retroaction_de_la_valeur.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Images/.Boucle_retroaction_de_la_valeur_s.jpg&quot; alt=&quot;Boucle de rétroaction de la valeur&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Boucle de rétroaction de la valeur, nov. 2007&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute du cours de bourse va en effet peser sur la croissance anticipée de
l’entreprise :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;elle réduit les possibilités de financement des opportunités de croissance
futures (qui étaient contenues dans l’appréciation de la valeur de marché
antérieure à la chute);&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;elle démotive les managers rémunérés en fonction des performances
actionnariales ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;elle déséquilibre la structure financière exprimée en valeur de marché, et
dans certains cas, précipite l’entreprise dans une situation de détresse
financière (rupture des &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2009/08/05/L-influence-des-creanciers-dans-la-gouvernance-des-entreprises&quot;&gt;
covenants&lt;/a&gt; bancaires);&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;en accroissant la vulnérabilité stratégique de l’entreprise, elle peut
augmenter la volatilité des flux de liquidités futurs et le &lt;a href=&quot;http://www.vernimmen.net/html/Au_Sujet_De/Cout_du_capital.html&quot;&gt;coût du
capital&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Outre ses impacts négatifs sur les paramètres de la valeur intrinsèque de
l’entreprise, un décrochage va entraîner des conséquences potentiellement
couteuses en matière de gouvernance :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;apparition d’investisseurs activistes;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;coûts engagés pour se défendre et rétablir sa réputation;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;relations avec le marché plus compliquées;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;survenance de désaccords au sein du conseil sur la conduite à tenir en cas
d’offre hostile sur le capital;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;distraction du management au détriment de la gestion opérationnelle,
etc.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le risque actionnarial n’est pas seulement majeur. Il est également
&lt;strong&gt;fréquent&lt;/strong&gt;. Sa probabilité d’occurrence est sous-estimée par les
directions générales. Une &lt;a href=&quot;http://findarticles.com/p/articles/mi_hb4779/is_12/ai_n28975187/&quot;&gt;étude&lt;/a&gt;
réalisée par &lt;a href=&quot;http://www.ey.com/&quot;&gt;Ernst &amp;amp; Young&lt;/a&gt; et Oxford
Metrica en 2002 sur les 1000 plus grandes entreprises mondiales a montré que,
entre 1996 et 2001, 40% d’entre elles ont connu au moins un décrochage de plus
de 30% par rapport au marché sur une période de 20 jours de bourse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve un ordre de grandeur similaire sur le marché français :
&lt;strong&gt;au cours des 3 dernières années (2008-2010), 45% des 300 plus grandes
entreprises françaises ont connu une chute de leurs cours par rapport à
l’indice de plus de 20%&lt;/strong&gt; sur une période d’un mois calendaire
!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Facteur aggravant, la déconnection du cours par rapport à l’indice ne se
réduit que très lentement au cours du temps. Dans l’étude précitée de Ernst
&amp;amp; Young, on s’apercevait qu’au bout d’un an, l’écart ne s’était réduit que
de 50%. Il faut dire que lorsque l’entreprise pâtit de la méfiance du public,
il est très difficile de rectifier la tendance. Selon le dernier &lt;a href=&quot;http://www.edelman.com/trust/2011/uploads/Edelman%20Trust%20Barometer%20Global%20Deck.pdf&quot;&gt;
Edelman Trust Barometer 2011&lt;/a&gt; , 57% des personnes interrogées vont croire
une information négative entendue une ou deux fois à propos d’une entreprise
dont elles se méfient. 15 % seulement croiront une information positive à
l’égard de cette même entreprise. Ces chiffres contrastent avec les résultats
obtenus pour une entreprise en laquelle elles ont confiance : 25% vont
croire une information négative et 51 % une information positive.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque actionnarial survient en cas de divergence importante entre les
attentes à long terme des actionnaires et la capacité apparente de l’entreprise
à y répondre. Les causes les plus visibles sont celles qui affectent la valeur
fondamentale : une rentabilité espérée moins forte que celles qui était
prévue, un niveau de risque soudainement relevé, une croissance menacée, un
dysfonctionnement grave dans la gouvernance affectant soit les choix
stratégiques, soit l’équité de la répartition de la valeur créée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces causes ont souvent un impact dévastateur sur le cours, c’est bien sûr
parce que l’entreprise n'a pas su les anticiper ou les éviter, mais aussi parce
qu’elle n’a pas réussi à créer un véritable lien de confiance avec ses
principaux actionnaires. Ce lien ne peut être établi que grâce à un dialogue
permanent avec les fonds d’investissement à long terme (les &lt;a href=&quot;http://www.capatcolumbia.com/Articles/FoFinance/Fof7.pdf&quot;&gt;lead steers&lt;/a&gt;) sur
la stratégie de création de valeur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la pratique actuelle est aux antipodes de cette exigence : les
entreprises communiquent de manière intermittente avec les analystes sell-side
sur des éléments d’information financière. Elles se trompent d’action, de
tempo, de contenu et de cible. L’objectif des spécialistes de la communication
financière est de &lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/bonnes-pratiques/md/documents-utiles.php?document_theme_id=4&amp;amp;document_id=239&quot;&gt;
vendre&lt;/a&gt; une « equity story » à des interlocuteurs qui n’ont aucun
pouvoir de décision. Les véritables décisionnaires sont négligés. C’est
seulement le jour où l’on fait l’objet d’une attaque hostile ou qu’il faut
faire passer en assemblée générale une résolution discutable que l’on demande
en catastrophe à un &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://www.insideinvestorrelations.com/articles/16285/summertime-shake-proxy-business/&quot;&gt;proxy
solicitor&lt;/a&gt;&amp;quot; d’identifier ces actionnaires à long terme que l’on connaît mal
pour essayer de les convaincre de soutenir le management. Mais c’est parfois
&lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2008/09/07/Comment-desactiver-les-activistes&quot;&gt;trop tard&lt;/a&gt;
…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conduite d’un dialogue permanent avec les investisseurs qui comptent
permet d’aligner progressivement la stratégie de création de valeur avec les
attentes du marché. &lt;strong&gt;Il ne s’agit pas de maximiser la valeur boursière,
mais de permettre au marché de l’établir à un niveau proche de la valeur
intrinsèque&lt;/strong&gt;. Cette ambition est au centre des responsabilités du
conseil d’administration comme l'a souligné fort justement &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Jensen&quot;&gt;Michael Jensen&lt;/a&gt; dans un papier
remarquable : « &lt;a href=&quot;http://www.efmaefm.org/Bharat/Jensen_EFM2004.pdf&quot;&gt;The Agency Cost of
Overvalued Equity and the Current State of Corporate Finance&lt;/a&gt; ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut reconnaître que l’analyse du risque actionnarial comme sa
gestion ne sont pas simples à mettre en œuvre. Il s’agit de comprendre les
attentes du marché, de mesurer la capacité de l’entreprise à les satisfaire, et
dans l’hypothèse où il existe un décalage entre les deux, de prendre les
mesures appropriées.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Déchiffrer les attentes du marché est naturellement très complexe. Deux
types de travaux peuvent être faits : d’une part, on peut calculer les
hypothèses implicites des actionnaires en procédant à un reverse-engineering du
cours de bourse. Il existe plusieurs approches comme par exemple celle suggérée
par &lt;a href=&quot;http://www.michaelmauboussin.com/author/index.html&quot;&gt;Michael
Mauboussin&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.valuebasedmanagement.net/books_rappaport_creating.html&quot;&gt;Alfred
Rappaport&lt;/a&gt; dans leur livre « &lt;a href=&quot;http://www.expectationsinvesting.com/&quot;&gt;Expectations investing&lt;/a&gt; », celle de
&lt;a href=&quot;http://www.valuebasedmanagement.net/books_copeland_valuation.html&quot;&gt;Tom
Copeland&lt;/a&gt; (l’auteur du McKinsey on Valuation) et Aaron Dolgoff présentée
dans « &lt;a href=&quot;http://www.amazon.com/Outperform-Expectations-Based-Management-State-Art/dp/0471738751&quot;&gt;EBM,
outperform with Expectations-Based Management&lt;/a&gt; », ou encore celle proposée
par le cabinet &lt;a href=&quot;http://www.lek.com/&quot;&gt;L.E.K.&lt;/a&gt; (voir &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://www.lek.com/sites/default/files/Volume_II_Issue_1.pdf&quot;&gt;Market signals
analysis: a vital tool for managing market expectations&lt;/a&gt;&amp;quot;). Des &lt;a href=&quot;http://www.lmcm.com/pdf/AreYouanExpert1.pdf&quot;&gt;précautions&lt;/a&gt; doivent être
prises lorsque l’on utilise les estimations des analystes financiers comme base
d’information car ils donnent une image déformée du marché.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse numérique est complétée par une information recueillie
directement auprès des fonds d’investissement à long terme. Ces investisseurs à
long terme doivent être identifiés et un programme de dialogue avec les 10 ou
20 principaux doit être mis en place avec comme objectifs de décoder leur
vision du management et de la stratégie, de comprendre quelle est leur
stratégie d’investissement et leur modus operandi et, enfin, d’identifier les
principaux risques potentiels qu’ils représentent (désengagement, activisme …).
Ils ont une exigence de contenu beaucoup plus sophistiqué que celui d’une
communication financière traditionnelle car ils veulent comprendre comment
l’entreprise a l’intention de créer de la valeur sur le long terme. Ce souci
rejoint les idées du &lt;a href=&quot;http://www.frc.org.uk/&quot;&gt;FRC&lt;/a&gt; en matière de
communication financière, idées dont j'ai parlé dans un &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2011/01/22/Haro-sur-l%E2%80%99auditeur&quot;&gt;post&lt;/a&gt; précédent.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face à cette exigence, les directions générales sont mal équipées car elles
ont rarement développé une &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Rehabiliter_l_evaluation_financiere.pdf&quot;&gt;conviction&lt;/a&gt; sur la
capacité de création de valeur de leur entreprise. Pourtant, ce ne sont pas les
opportunités d’évaluation qui manquent ! Tout au long de l’année les
directions financières sont amenées à s’interroger sur la valeur de leurs
actifs pour des raisons comptables, fiscales ou légales. Mais, généralement
réalisés dans une logique de « compliance», ces travaux sont souvent
manipulés pour atteindre les résultats qui conviennent à la
direction.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Rehabiliter_l_evaluation_financiere.pdf&quot;&gt;réhabiliter&lt;/a&gt; l’évaluation
financière comme un outil d’analyse stratégique pour lui redonner toute son
utilité d’outil de direction générale. Une étude approfondie, réaliste et
régulière de la valeur de l’entreprise permet en effet de répondre à quelques
questions essentielles pour le pilotage stratégique de l’entreprise et pour le
dialogue avec les investisseurs (Voir le &lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/publications/publications-ifa.php?produit_id=3&quot;&gt;Vade
Mecum de l’administrateur&lt;/a&gt; chapitre 1.2 et 3.6) :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;* Quelles sont les unités stratégiques qui créent (ou détruisent) de la
valeur, dans quelles proportions et pour quelles raisons ?&lt;br /&gt;
* Quels sont les avantages compétitifs de chaque activité (nature, importance
et durée) et quelle est la stratégie pour les maintenir ou les
renouveler ?&lt;br /&gt;
* Comment l’entreprise se différencie-t-elle de ses concurrents ?&lt;br /&gt;
* Quel est l’impact de la stratégie adoptée sur la dynamique financière de
l’entreprise ?&lt;br /&gt;
* Quels sont les risques majeurs qui pèsent sur l'entreprise, quel est leur
impact potentiel sur la valeur de l’entreprise et comment sont-ils
gérés ?&lt;br /&gt;
* Quels sont les actifs critiques, combien valent-ils et comment sont-ils
protégés ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L’expérience montre que les réponses à ces questions sont souvent très
approximatives, ce qui n’est pas rassurant pour un investisseur ou un
administrateur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'analyse de l'écart faite, le conseil d'administration et la
Direction générale doivent prendre les mesures nécessaire à sa réduction. Trois
possibilités se présentent :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Le cours est inférieur à ce que l'entreprise est en mesure de délivrer. Il
s'agit alors souvent d'une question de communication et de dialogue avec les
investisseurs auxquels les informations pertinentes n'ont peut être pas été
données. Il peut s'agir aussi d'une inquiétude du marché sur la capacité du
management à exécuter sa stratégie. Des changements en terme d'organisation ou
de gouvernance sont alors à envisager.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le cours est supérieur à la capacité de création de valeur de l'entreprise.
Sauf si l'on a affaire à une timidité managériale (phénomène assez rare !), la
direction générale doit impérativement (et délicatement) réduire les attentes
des investisseurs. Il est plus dangereux de laisser le marché s'emballer puis
procéder à une rectification brutale et durable que de chercher à réduire
l'euphorie ambiante.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le cours représente raisonnablement les perspectives de création de valeur
de l'entreprise. Il convient alors de poursuivre le dialogue de vérité avec les
marchés en étant conscient que les performances de l'action n'iront pas au delà
du coût du capital si l'entreprise n'est pas capable de définir des stratégies
de nature à dépasser les attentes du marché (voir mon post précédent sur
&lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/09/20/Grandeurs-et-mis%C3%A8res-de-l%E2%80%99EVA&quot;&gt;l'EVA&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;La démarche qui est proposée permet de comprendre la stratégie des
investisseurs et d’anticiper leurs réactions en cas d’événement exceptionnel,
de définir une stratégie de création de valeur et une gouvernance compatibles
avec les attentes du marché. En maîtrisant l’&lt;a href=&quot;https://www.mckinseyquarterly.com/The_expectations_treadmill_299&quot;&gt;expectation
treadmill&lt;/a&gt; décrit dans « &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Value-Four-Cornerstones-Corporate-Finance/dp/0470424605&quot;&gt;Value,
The four cornerstones of corporate finance&lt;/a&gt; », l’entreprise peut réduire
considérablement son risque actionnarial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce post fait également l'objet d'une &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&amp;amp;PostId=76683&quot;&gt;publication&lt;/a&gt;
concomitante sur le &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&quot;&gt;blog de la
DFCG&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2011/02/05/Comment-g%C3%A9rer-le-risque-actionnarial#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.rerolle.eu/post/2011/02/05/Comment-g%C3%A9rer-le-risque-actionnarial#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Haro sur l’auditeur ?</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2011/01/22/Haro-sur-l%E2%80%99auditeur</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0df947712e9362a0aea0eaab6b47c969</guid>
    <pubDate>Sat, 22 Jan 2011 14:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Gouvernance</category>
        <category>Administrateur</category><category>Audit</category><category>Gouvernance</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Après les banquiers, les &lt;a href=&quot;http://www.fimarkets.com/pages/hedge_funds.php&quot;&gt;fonds alternatifs&lt;/a&gt; et les
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_de_notation&quot;&gt;agences de
notation&lt;/a&gt;, le prochain coupable de la crise est peut-être &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Commissaire_aux_comptes&quot;&gt;l’auditeur&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’à présent, les cabinets d’audit n’avaient pas été réellement
inquiétés. Les attaques s’étaient concentrées sur les normes comptables et,
plus particulièrement, sur le caractère pro-cyclique de la &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2009/07/12/La-juste-valeur-comptable-:-faut-il-aller-plus-loin&quot;&gt;juste
valeur&lt;/a&gt;. Malgré les sommations des politiques et les lamentations des
banquiers, les normalisateurs n’ont pas vraiment bougé. Grâce à quelques
aménagements proposés par les régulateurs, acceptés par les auditeurs et
appliqués par les évaluateurs, la tension était retombée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’était sans compter le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Barnier&quot;&gt;Commissaire Barnier&lt;/a&gt; dont le
&lt;a href=&quot;http://ec.europa.eu/internal_market/consultations/docs/2010/audit/green_paper_audit_en.pdf&quot;&gt;
Green Paper&lt;/a&gt; permet de relancer le débat tous azimuts, débat qui fait écho à
celui qui commence également aux Etats-Unis (voir le &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/roomfordebate/2010/12/20/how-to-make-auditors-more-accountable&quot;&gt;
débat&lt;/a&gt; organisé sur le sujet par le NYT).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des accusations sont connues. Les auditeurs n’ont pas été à la
hauteur de la situation. Ils n’ont pas été capables d’anticiper les
difficultés, ou plutôt de faire en sorte qu’elles apparaissent clairement dans
les comptes des banques. Pire, certains vont jusqu’à considérer que leur
laxisme les rend complices de faillites bancaires. C’est ainsi que &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Charlie_Munger&quot;&gt;Charlie Munger&lt;/a&gt; , l’associé de
&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Warren_Buffett&quot;&gt;Warren Buffet&lt;/a&gt;, a
soutenu que :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« a majority of the horrors we faced would not have happened if the
accounting profession were organized properly. In other words, they have a
position from which, if they behaved intelligently and correctly, they could
prevent a huge amount of all that's wrong with the system. And they fail
utterly, time after time, after time. And they are way too liberal in providing
the kind of accounting the financial promoters want. They have sold out ».
(&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=RtvTOJISXKg&amp;amp;feature=player_embedded&quot;&gt;Interview&lt;/a&gt;
- Stanford University 2 février 2010)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les critiques sont anciennes et bien connues. Le Green Paper européen en
fait un inventaire assez complet :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les auditeurs externes auraient une faible valeur
ajoutée&lt;/strong&gt; : leur objectif serait moins de s’assurer que les comptes
représentent fidèlement la situation financière de l’entreprise que de vérifier
leur conformité à la réglementation comptable quelque soit son artificialité ou
son inadéquation aux réalités économiques qu’elle est censée retranscrire.
Enfermés dans leur formalisme, manifestant un scepticisme professionnel limité,
ils émettent des rapports convenus dont la teneur standardisée ne peut éclairer
utilement les administrateurs ou les investisseurs.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Ils manqueraient d’indépendance&lt;/strong&gt;. Certes, la bonne
pratique, érigée depuis peu en loi, voudrait que le comité d’audit procède à
une sélection rigoureuse et indépendante des auditeurs (voir mon &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/10/01/Pour-l-AMF,-le-comit%C3%A9-d-audit-porte-bien-son-nom&quot;&gt;post&lt;/a&gt;
sur le sujet). Mais, en réalité, ces derniers sont choisis, rémunérés et
renouvelés par la direction de l’entreprise. Que le comité manque
d’indépendance, d’audace ou de courage, et l’auditeur se retrouve seul face aux
pressions de la direction générale, pressions d’autant plus fortes que
l’auditeur est soumis à des impératifs commerciaux de renouvellement ou, pire,
de développement. Les missions non directement liées à l’audit seraient
génératrices de conflits d’intérêt.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Le secteur de l’audit serait enfin un &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Oligopole&quot;&gt;oligopole&lt;/a&gt; dominé par les
« &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Big_Four_(audit_firms)&quot;&gt;Big 4&lt;/a&gt;
»&lt;/strong&gt; en faveur desquels existerait un véritable biais positif de la part
des entreprises. Celles-ci n’auraient pas la possibilité de faire jouer
pleinement la concurrence (en particulier dans les pays où règne la pratique du
double commissariat aux comptes). En tout état de cause, le recours à un
auditeur de second rang pourrait être mal perçu par les marchés ou &lt;a href=&quot;http://www.accountancyage.com/aa/news/1809502/restrictive-bank-covenants-big-four&quot;&gt;
refusé&lt;/a&gt; par les banques prêteuses . Cette situation présenterait un risque
systémique dans l’hypothèse où l’une des quatre firmes connaîtrait le sort
d’Arthur Andersen. Compte tenu du rôle « social » joué par l’audit,
la disparition d’un des Big 4 pourrait avoir des conséquences graves pour le
marché financier et, par conséquent, pour l’économie tout entière.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces critiques sont relayées à des degrés divers par des institutions ou des
lobbies dont le motivations ne sont pas forcément innocentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;hommes politiques&lt;/strong&gt; s’efforcent de trouver des boucs
émissaires dans l’espoir de faire oublier leurs propres carences dans les
origines cette crise. Les &lt;strong&gt;émetteurs&lt;/strong&gt; voient dans cette charge
une bonne occasion d’accentuer la pression qu’ils exercent déjà sur la
profession. Ils espèrent que cela leur permettra de réduire encore les
honoraires tout en imposant toujours plus de diligences à des auditeurs qui
voient par ailleurs leurs contraintes réglementaires s’accroître après chaque
crise ou scandale financier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, premiers bénéficiaires d’un affaiblissement des Big 4, l&lt;strong&gt;es
autres cabinets d’audit&lt;/strong&gt; s’empressent de dénoncer les méfaits de la
concentration et soutiennent toutes les initiatives qui permettraient de
redistribuer les cartes de la concurrence sans que cela leur demande des
efforts ou des investissements (on a cependant évité jusqu’à présent de parler
de discrimination positive mais cela ne saurait tarder … !)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions suggérées sont diverses et de portée et d’efficacité
inégales : renforcer le scepticisme professionnel des auditeurs, donner un
contenu plus riche aux rapports, renforcer les interdictions d’effectuer des
missions de conseil, organiser une rotation plus fréquente, généraliser le
système du double commissariat, limiter le montant d’honoraires qu’un cabinet
peut recevoir d’un même client, rendre plus transparents les comptes, réformer
la gouvernance des firmes, organiser des liens plus étroits entre les auditeurs
et les régulateurs… La nomination de l’auditeur par une tierce partie comme un
régulateur a même été avancée !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de prédire ce qui va sortir de ces débats, mais une chose
est sûre : cette frénésie qui vise à réduire la « &lt;a href=&quot;http://www.ft.com/cms/s/0/bf48b7ee-e1e3-11df-b18d-00144feabdc0.html#axzz1Be1MAkr0&quot;&gt;domination&lt;/a&gt; »
des Big 4 risque surtout d’avoir des conséquences graves pour le marché
financier car elle se développe en dehors du cadre logique dans lequel elle
devrait s’inscrire, à savoir la bonne gouvernance des entreprises.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la perspective retenue par le &lt;a href=&quot;http://www.frc.org.uk/index.cfm&quot;&gt;Financial Reporting Council&lt;/a&gt; (FRC) en
Grande Bretagne qui vient de publier un document très intéressant intitulé
« &lt;a href=&quot;http://www.frc.org.uk/images/uploaded/documents/Effective%20Company%20Stewardship%20Final2.pdf&quot;&gt;Effective
Company Stewardship&lt;/a&gt;: Enhancing Company Reporting and Audit ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document place le conseil d’administration au centre du dispositif de
l’information financière :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Investors delegate control to Boards and receive reports about how
that control is exercised. They expect the Board to provide strategic
direction; to ensure its executives implement that strategy; and to report
openly and honestly so that they can assess the progress being made (…) This
system is dependent on the provision of robust and reliable information by
companies to investors and on audit assurance of that information ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le conseil d’administration soit le premier responsable de
l’information financière n’est pas nouveau. Le &lt;a href=&quot;http://www.medef.com/medef-corporate/publications/fiche-detaillee/categorie/economie-1/back/110/article/code-de-gouvernement-dentreprise-des-societes-cotees.html&quot;&gt;
code de gouvernement d’entreprise&lt;/a&gt; français dispose que l’un des rôles du
comité d’audit est de vérifier « la fiabilité et la clarté des
informations qui seront fournies aux actionnaires et au marché ». Mais, à
l’occasion des discussions qui ont été menées dans différentes enceintes sur la
mise en œuvre de l’ordonnance du 8 décembre 2008, on a bien vu la réticence des
émetteurs et la gêne de beaucoup d’administrateurs face aux conséquences
pratiques de l’application de ce principe. De fait, il y a peu
d’administrateurs français qui lisent intégralement le rapport annuel de leur
société.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective est totalement différente outre-Manche où les administrateurs
doivent s’assurer que l’ensemble des informations financières et non
financières donne une vue juste et équilibrée de la façon dont ils gèrent
l’entreprise. Le FRC a eu l’occasion a plusieurs reprises de se prononcer sur
le contenu de la communication financière, notamment dans son rapport
« &lt;a href=&quot;http://www.frc.org.uk/images/uploaded/documents/FRC%20DiscussionPaper%20louder%20than%20words.pdf&quot;&gt;Louder
than words&lt;/a&gt; » . L’un des principes à respecter est d’&lt;ins&gt;éviter les
rapports annuels promotionnels ou les rubriques rédigées de manière trop
juridique ou standardisée&lt;/ins&gt; (comme la présentation des facteurs de risque).
Le contenu doit être &lt;ins&gt;riche, informatif et honnête&lt;/ins&gt;. Le &lt;a href=&quot;http://bae-systems-investor-relations.production.investis.com/~/media/Files/B/BAE-Systems-Investor-Relations-2009/PDFs/results-and-reports/reports/2010/Annual_Report_BAE_2009.pdf&quot;&gt;
rapport annuel&lt;/a&gt; de BAE System illustre parfaitement ces principes. Cessons
de penser que les investisseurs sont des éponges complaisantes. Ils ne sont pas
dupes lorsque l’entreprise publie un rapport annuel dithyrambique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-delà de son jugement sur la performance financière et non financière de
l’entreprise, le conseil d’administration britannique doit développer une
compréhension intime du « business model » de l’entreprise, de sa
stratégie, des avantages compétitifs, des évolutions prévisibles de ses
marchés, des risques et de leur gestion, pour les exprimer aux actionnaires
d’une manière compréhensible et juste.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comité d’audit est naturellement une pièce essentielle dans ce
dispositif. Il doit expliquer aux actionnaires la façon dont il a exercé ses
responsabilités, notamment celle qui consiste à vérifier l’intégrité des
comptes de l’entreprise. Et, pour assumer cette lourde tâche, il s’appuie sur
les auditeurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ici qu’est la clé du débat sur l’avenir de l’audit. L’indépendance de
l’auditeur, son scepticisme professionnel et sa liberté de parole dépendent de
la « protection » accordée par le comité d’audit. Son champ
d’investigation dépend du rôle que le conseil assigne à son comité
spécialisé.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est au comité qu’il appartient de valider le plan d’audit, de décider le
type de prestation complémentaire ou connexe que l’auditeur peut accepter, de
fixer le niveau d’honoraires correspondant aux travaux demandés et, pourquoi
pas, à la qualité constatée des prestations fournies. C’est aussi au comité
d’audit de décider s’il convient d’étendre le champ d’investigation de
l’auditeur à des vérifications d’éléments non financiers (information sur la
Responsabilité Sociale de l’Entreprise par exemple), ou si d’autres
prestataires sont plus qualifiés pour exercer cette fonction. C’est enfin à lui
de décider quelle est la taille du cabinet d’audit nécessaire : la
croissance des Big 4 est largement induite par celle de leurs clients
globalisés.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait enfin logique que ce soit le comité qui décide s’il est pertinent
ou efficace d’avoir deux auditeurs. Le système du double commissariat aux
comptes n’est pas la panacée : c’est un facteur de limitation du choix des
entreprises ; il ne fait que répartir les travaux d’audit (le concept des
quatre yeux est très largement mythique et la coexistence de deux cabinets de
taille différente peut entraîner des comportements de passagers
clandestins) ; il comporte enfin de graves biais (tentation d’
« opinion shopping »).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, le jeu serait totalement ouvert pour tous les
cabinets, quelque soit leur taille, car c’est le comité d’audit qui serait en
première ligne. Son intérêt serait de sélectionner le ou les conseils qui lui
seraient les plus utiles. Aujourd’hui, les cabinets d’audit se ressemblent
tous. Ils apparaissent incapables de trouver de véritables points de
différenciation lorsqu’il s’agit de proposer des services de commissariat aux
comptes. Dans un contexte où leur rôle serait avant tout d’éclairer les comités
d’audit sur des problématiques élargies, ils seraient incités à développer des
qualités et des compétences professionnelles différentes de celles d’un pur
gardien des procédures et normes comptables.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n’est donc pas de savoir comment réduire la domination des Big
4. Elle est avant tout de décider si les actionnaires ont besoin
d’administrateurs indépendants, compétents et courageux et de leur accorder les
moyens d’exercer leur responsabilité de manière autonome. Le reste
suivra : le marché de l’audit et du conseil se transformera pour répondre
à ces exigences nouvelles.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>BONNE ANNEE 2011 !!!!!!</title>
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    <pubDate>Sat, 01 Jan 2011 21:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Publications</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;A très bientôt ...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Pour l'AMF, le comité d'audit porte bien son nom</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2010/10/01/Pour-l-AMF%2C-le-comit%C3%A9-d-audit-porte-bien-son-nom</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Oct 2010 21:20:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Gouvernance</category>
        <category>Administrateur</category><category>Audit</category><category>Gouvernance</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le 22 juillet 2010, &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/&quot;&gt;l’AMF&lt;/a&gt; a mis en
ligne ses &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/9548_1.pdf&quot;&gt;recommandations&lt;/a&gt;
sur la mise en place des comités d’audit à la suite des &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/9456_1.pdf&quot;&gt;travaux du groupe de
place&lt;/a&gt; présidé par Olivier Poupart Lafarge, membre du Collège.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d’encre a d’ores et déjà coulé pour décrire ces nouvelles
dispositions (outre les différents liens mentionnés plus loin, voir par exemple
les commentaires de &lt;a href=&quot;http://landwell.fr/comites-daudit-et-administrateurs-quel-renforcement-de-leurs-roles-et-responsabilites-en-2009.html&quot;&gt;
Landwell&lt;/a&gt; ou cet &lt;a href=&quot;http://www.racine.eu/Articles/RDBF-2009-nov-dec-Comites-d-audit-une-consecration-entouree-d-incertitudes-D-Mangenet-J-Y-Martin-et-David-Robine.pdf&quot;&gt;
article&lt;/a&gt; de la RDBF) qui résultent de l’article L.823-19 du code de commerce
introduit par l’Ordonnance du 8 décembre 2008. Cette réglementation est prise
en &lt;a href=&quot;http://www.cgsh.com/files/News/15d0c256-6e4d-4d8f-875b-371e6fa8d758/Presentation/NewsAttachment/1d90c5ee-d627-4d3e-927e-36d4231938c5/L'encadrement%20l%C3%A9gal%20des%20comit%C3%A9s%20d'audit.pdf&quot;&gt;
application&lt;/a&gt; de la fameuse &lt;a href=&quot;http://www.cfpc.net/var/cfpc/storage/original/application/3f7100ce083c7b5606d3769d7fd35c0e.pdf&quot;&gt;
8ème Directive européenne du 17 mai 2006&lt;/a&gt; qui fait obligation à toute
entreprise cotée de se doter d’un comité d’audit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la parution de cette directive (et de la Recommandation de la
Commission européenne en date du 15 février 2005), de nombreux comités de
réflexions ont été réunis en France pour faire l’exégèse de ce texte et en
identifier les conséquences pratiques. C’est ainsi que l’Institut Français des
Administrateurs a réuni deux &lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/bonnes-pratiques/md/documents-utiles.php?document_theme_id=4&quot;&gt;
commissions&lt;/a&gt; : l’une sur les rapports entre le comité d’audit et les
&lt;a href=&quot;http://j7.agefi.fr/documents/liens/200911/19-Rapport%20IFA%20comit%C3%A9s%20d'audit%20et%20auditeurs%20externes.pdf&quot;&gt;
commissaires aux comptes&lt;/a&gt; et l’autre sur la responsabilité des membres des
comités. L’IFA a également conduit des travaux en partenariat avec &lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/actualites/actualites.php?actualite_id=194&quot;&gt;l’IFACI&lt;/a&gt;
et &lt;a href=&quot;http://www.amrae.fr/docs/MR/AMRAE/doc-acces-libre/roleadministrateuramraeifa090609.pdf&quot;&gt;
l’AMRAE&lt;/a&gt; sur l’audit interne pour le premier et la maîtrise des risques pour
le second. Le &lt;a href=&quot;http://www.leclubdesjuristes.com/&quot;&gt;Club des Juristes&lt;/a&gt;
a lui aussi pris position dans un &lt;a href=&quot;http://www.leclubdesjuristes.com/content/download/257/1501/file/Rapport%20sur%20le%20conseil%20d'administration%20et%20le%20comit%C3%A9%20d'aud%E2%80%A6.pdf&quot;&gt;
rapport&lt;/a&gt; datant de juin 2009.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est probablement la multiplicité des commentaires qui a conduit l’AMF à
réunir son propre groupe de réflexion afin de fixer quelques lignes claires qui
pourraient non seulement inspirer les entreprises mais aussi les tribunaux. En
effet, un certain nombre d’experts regrettaient la profusion de ces &lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/actualites/actualites.php?actualite_id=138&quot;&gt;textes&lt;/a&gt;,
la légère tendance à la surenchère de bonnes pratiques qu’ils véhiculaient et
les conséquences juridiques qui pourraient en découler devant les
juges.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un recadrage de la part d’une autorité comme l’AMF était souhaitable pour
éviter des pratiques hétérogènes et peut être des interprétations trop
ambitieuses. Le rapport du groupe de travail affiche donc clairement que
l’objectif de l’AMF est de « souligner les points saillants des missions
confiées au comité d’audit, d’apporter un éclairage sur son périmètre
d’intervention et de proposer une démarche concrète de mise en œuvre,
permettant ainsi de poser les fondamentaux et d’éviter des pratiques à
géométrie variable ». Cette initiative lui permet aussi de « rappeler que
les comités d’audit étaient au cœur de ses préoccupations » (la qualité de
l’information financière est centrale dans sa tâche de protection des
investisseurs et faisaient partie des nouveaux enjeux de régulation).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de la recommandation de l’AMF, les sociétés cotées devront se
référer au rapport du groupe de travail dans le rapport du Président sur le
contrôle interne et la gestion des risques, et, dans la logique habituelle du
« comply or explain », en cas d’application partielle, elles devront
clairement identifier les recommandations qu’elles ont appliquées et la raison
pour laquelle elles n’appliquent pas les autres.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;ins&gt;Ce rapport comporte quatre idées essentielles&lt;/ins&gt; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le champ d’action ducomité d’audit est strictement encadré et
subordonné&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Il s’agit d’un comité purement technique qui surveille le processus de
gestion des risques&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La responsabilité de ses membres est conforme au droit commun&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L’organisation du comité est exclusivement définie par le conseil
(d’administration ou de surveillance)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Le positionnement du comité au sein des organes sociaux est très
précis&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s’inscrit dans une sorte de hiérarchie implicite qui veut que la
direction générale de l’entreprise (qui apparaît en première position dans le
déroulement du texte) soit responsable de la conception, de la mise en œuvre,
de la surveillance continue et de l’amélioration des systèmes de contrôle
interne. C’est de la direction que vient l’information appropriée qui doit être
communiquée « en temps voulu » au conseil et au comité.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite le conseil d’administration (ou de surveillance) qui doit
avoir une compréhension globale des procédures de contrôle interne et de
gestion des risques pour s’assurer de la fiabilité de l’information financière.
Il doit rendre compte des risques dans le rapport de gestion, en vertu de
l’article L. 225-100 du Code de Commerce. Il peut certes, en tant que de
besoin, « faire usage de ses pouvoirs généraux pour faire procéder aux
contrôles et vérifications qu’il juge opportuns ou prendre toute autre
initiative qu’il estimerait appropriée en la matière », mais l’impression
générale qui ressort de ce texte est que le conseil est dans une fonction de
contrôle de l’existence d’un système, la direction générale étant pleinement
responsable à la fois de l’aspect opérationnel des choses, ce qui est normal,
mais aussi de la stratégie de gestion du risque.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision plutôt passive est très éloignée de ce qui se fait outre-manche
où l’un des rôle du conseil est de déterminer le « risk appetite » de
l’entreprise, définition éminemment stratégique qui vient nécessairement en
amont des responsabilités opérationnelles de la direction générale. C’est ainsi
que le &lt;a href=&quot;http://www.frc.org.uk/documents/pagemanager/Corporate_Governance/UK%20Corp%20Gov%20Code%20June%202010.pdf&quot;&gt;
UK Corporate Governance Code&lt;/a&gt; prévoit que « The board is responsible
for determining the nature and extent of the significant risks it is willing to
take in achieving its strategic objectives. The board should maintain sound
risk management and internal control systems ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, enfin, vient le comité d’audit qui est positionné comme une instance
de préparation des travaux du conseil (d’administration ou de surveillance)
agissant sous sa responsabilité et dont les règles de fonctionnement sont
strictement définies par le règlement intérieur. Cette subordination est
confortée par le fait que le comité doit faire des comptes rendus réguliers au
conseil (a minima à chaque arrêté) comportant une synthèse de ses travaux, ses
avis et des recommandations. Ces comptes-rendus sont formalisés par écrit dans
le procès verbal du Conseil. En vertu de la loi, le comité doit faire part sans
délai de toute difficulté qu’il pourrait rencontrer dans l’exécution de ses
missions. Enfin, le conseil procède à l’évaluation annuelle du comité (à
l’occasion de sa propre procédure d’évaluation).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;Le comité d’audit est avant tout un comité technique dont la
fonction essentielle est de surveiller les processus de gestion des
risques&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est chargé par la loi de suivre les questions relatives à l’élaboration
et au contrôle des informations comptables et financières et notamment (ce qui
veut dire qu’il s’agit du minimum attribué par la loi) le « suivi »
:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Du processus d’élaboration de l ‘information comptable et financière. Il
s’agit de suivre un « processus » et non « s’interroger sur le
fond, la raison stratégique ou la substance d’une opération ou de juger de sa
pertinence ». Par ailleurs, le fait que l’on qualifie l’information comptable
et financière signifie que le comité doit aussi suivre des processus non
purement comptables pour autant qu’ils donnent naissance à de l’information
diffusée auprès des actionnaires. Il s’agit par exemple des modalités de
construction des plans d’affaires permettant l’évaluation des actifs dans le
cadre des tests annuels de dépréciation.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;De l’efficacité des systèmes de contrôle interne et de gestion des risques.
Ces systèmes doivent reposer sur un &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/9545_1.pdf&quot;&gt;référentiel&lt;/a&gt;. A cet
égard, le groupe de travail a procédé au « toilettage » du
référentiel de l’AMF qui est l’un de ceux auquel les entreprises françaises
peuvent se référer. De manière logique, le rapport préconise que le comité
d’audit soit appelé à formuler des observations sur le rapport du Président
pour ce qui concerne ses compétences. En particulier il doit veiller à ce que
le rapport mentionne les faiblesses significatives si celles-ci constituent des
déficiences majeures (la détermination de cette qualité relevant apparemment de
la responsabilité du conseil).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Du contrôle légal des comptes annuels et consolidés. Là encore, il s’agit
de travailler avec les commissaires aux comptes avec un prisme de gestion des
risques, puisque l’objectif du comité est de « prendre connaissance des
principales zones de risques ou d’incertitudes ». Il nous semble que cette
approche est particulièrement restrictive. Le &lt;a href=&quot;http://www.ecgi.org/codes/documents/vienot1_fr.pdf&quot;&gt;rapport Viénot en 1995&lt;/a&gt;
avait une vision plus ambitieuse des missions du conseil à l’occasion de
l’arrêté des comptes (« le contrôle de la gestion et la vérification de la
fiabilité et de la clarté des informations fournies aux actionnaires » )
et du rôle des comités (la préparation de la délibération du conseil pour
« garantir la diligence et l’objectivité qu’impliquent ces missions»). Les
nouvelles dispositions ne visent que la fiabilité. L’implication du comité sur
la préparation du contrôle de la gestion et de la vérification de la clarté des
informations a disparu.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;De l’indépendance des commissaires aux comptes. Là encore, mais la
formulation de la loi est très claire, la mission est marquée par le sceau de
la gestion des risques puisqu’il s’agit d’examiner les « risques pesant
sur leur indépendance ».&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le groupe de travail a passé beaucoup de temps à définir ce qu’il faut
entendre par le terme « suivi » appliqué aux quatre domaines
précités. A l’inverse de la direction générale qui exerce « une
surveillance continue », la surveillance du comité doit être
« active » dans les domaines qui relèvent de sa compétence, mais
« n’implique pas une action en continu ». Le rapport insiste sur le fait
que le comité ne peut se substituer à la direction pour intervenir directement
s’il a connaissance d’un dysfonctionnement (on voit d’ailleurs mal ce qu’un
comité pourrait faire s’il souhaitait s’impliquer lui même). On attend du
comité qu’il agisse avec « recul » en s’appuyant sur « des
informations synthétiques ». On l’a compris, il s’agit d’éviter toute immixtion
du comité dans la gestion opérationnelle, en l’enfermant dans un rôle de prise
de connaissance, éventuellement de questionnement, en vue d’informer le conseil
sur la fiabilité des processus de gestion des risques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;Une responsabilité conforme au droit commun&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, il n’appartient pas à l’AMF de préciser le régime de
responsabilité des administrateurs membres de comité spécialisé ou non. Mais
compte tenu des &lt;a href=&quot;http://www.agefi.fr/articles/La-responsabilite-membres-comites-daudit-question-1141414.html&quot;&gt;
incertitudes&lt;/a&gt; qui ont pu être relevées par différents spécialistes, l’AMF
propose dans sa recommandation une interprétation du texte de loi compatible
avec l’état du droit positif :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Il n’existe pas de responsabilité collective du conseil d’administration,
même si l’article L 823-19 précise que le comité agit « sous la
responsabilité exclusive et collective » du conseil&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les administrateurs sont responsables soit individuellement, soit
solidairement (auquel cas il est nécessaire qu’une faute personnelle de chacun
soit bien identifiée)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Si la Cour de Cassation a récemment considéré que la faute de
l’administrateur est présumée, l’exonération individuelle est toujours possible
lorsque l’administrateur s’est comporté de manière diligente et prudente, par
exemple en faisant part à ses collègues de son opposition et en faisant
consigner son désaccord au procès verbal du Conseil.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le rapport affirme que la responsabilité « exclusive » du conseil
signifie que les membres du comité d’audit ont pas une responsabilité
spécifique eu égard à leurs fonctions. Cette interprétation est habituellement
retenue, mais on peut soupçonner qu’un juge sera plus exigeant à l’égard d’un
membre de comité d’audit car sa compétence financière et ses tâches de suivi
lui permettent, en théorie, de mieux comprendre les problématiques de
l’entreprise.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L’existence d’un comité ne saurait cependant décharger le reste du conseil
de ses responsabilités dans les domaines confiés au comité.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Une action récursoire est toujours possible en cas de défaillance grave de
la part d’un membre du comité (comme par exemple l’omission d’une information
clé qui aurait dû être portée à la connaissance du conseil, ou bien
l’affirmation fausse qu’une diligence essentielle a bien été conduite, ou bien
l’omission).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;strong&gt;L’organisation du Comité est librement définie par le
conseil&lt;/strong&gt; en vertu de la loi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lignée des recommandations de l’Union Européenne, l’AMF considère
qu’il faudrait que les comités comportent au moins trois membres. Pour les
Valeurs Moyennes et Petites (Vamps) ayant décidé de se doter d’un comité (elles
ont la possibilité de réunir leur conseil pour exercer le rôle du comité
d’audit), ce nombre est porté à deux.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;em&gt;loi impose&lt;/em&gt; cependant aux entreprises que les membres du comité
soient :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Des administrateurs : il s’agit là d’une restriction pour les conseils
d’administration qui ne peuvent plus accueillir de personnes non
administrateurs (comme un censeur) au sein d’un comité. Cette faculté
n’existait pas pour les conseils de surveillance.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Des administrateurs qui n’exercent pas de fonctions au sein de la
direction, exigence déjà imposée par le &lt;a href=&quot;http://www.ecgi.org/codes/documents/afep_medef_code_dec2008_fr.pdf&quot;&gt;code de
gouvernement&lt;/a&gt; AFEP-MEDEF qui rajoute qu’au moins les 2/3 soient
indépendants.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Qu’au moins un membre du comité ait des compétences particulières en
matière financière et comptable et soit indépendant. La compétence s’apprécie
au regard de l’expérience professionnelle (ce qui fait des anciens auditeurs ou
des &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&amp;amp;PostId=76564&quot;&gt;directeurs
financiers&lt;/a&gt; des candidats idéals), de la formation académique, des
connaissances spécifiques utiles aux travaux du comité. L’AMF considère que
tous les membres du comité doivent cependant disposer de « compétences
minimales en matière financière et comptable à défaut d’expertise ». Fort
logiquement, l’AMF ajoute qu’une « attention particulière pourra être
portée sur une compétence en matière de contrôle interne ». Les critères
d’indépendance sont ceux habituellement retenus dans le code précité. Ces
critères de compétence et d’indépendance sont rendus publics par le
Conseil.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les modalités de fonctionnement du comité sont fixées par le conseil dans le
Règlement intérieur qui doit rappeler les missions imposées par la loi au
comité et préciser les éventuelles missions spécifiques que le conseil lui
attribue. Le règlement fixe également les conditions dans lesquelles le comité
se réunit (nombre de réunion, fréquence, fixation de l’ordre du jour…),
l’existence d’un programme de travail annuel, les modalités d’information des
membres du comité, et d’une manière plus générale les moyens dont il dispose.
Pour faciliter les travaux, et représenter le comité auprès du conseil, un
Président doit être nommé. Le rapport de l’AMF ne mentionne pas les conditions
dans lesquelles cette nomination doit intervenir. On peut penser que là encore,
le conseil est libre de la formule. Il n’est pas fait mention du secrétaire du
comité dont l’existence nous semble indispensable compte tenu de cette nouvelle
réglementation. Si le secrétaire du conseil ne joue pas ce rôle, un membre du
comité devra être désigné pour le remplir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la qualité des travaux du comité dépend avant tout des
conditions dans lesquelles celui-ci est informé. Le rapport traite de cette
question à plusieurs reprises. Conscient que le comité ne se réunit
qu’épisodiquement et que la fonction d’administrateur n’est qu’intermittente,
le rapport insiste sur le fait que l’information doit être avant tout transmise
par la direction générale dans un format « synthétique » pour lui
permettre de prendre le recul nécessaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet égard, son interlocuteur privilégié est le &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&amp;amp;PostId=76564&quot;&gt;directeur
financier&lt;/a&gt;. Mais le comité ne doit pas se contenter de recevoir passivement
cette information. Il a la possibilité de rencontrer tous les acteurs de
l’entreprise utile à son édification, et s’il le juge nécessaire, en dehors de
la présence de la Direction générale ou du directeur financier :
(responsables des fonctions comptables, trésorerie, audit interne, contrôle de
gestion, gestion des risques, juridique, fiscal, les responsables des
directions opérationnelles). Enfin, après avoir informé le président du conseil
ou le conseil lui même, le comité d’audit peut recourir à des experts
extérieurs lorsque « la situation l’exige ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;A l’issue de cette description, force est de constater que le comité
d’audit porte bien son nom !&lt;/em&gt; En latin, « auditus » veut dire
« entendu ». La vision est extraordinairement passive. En se focalisant
sur le contrôle des risques, on s’est insensiblement éloigné de la conception
de « comité des comptes » préconisée par le rapport Viénot il y a
quinze ans. Compte tenu des enjeux financiers de nos entreprises, des attentes
des actionnaires (et en particulier des plus sophistiqués d’entre eux), le
comité d’audit peut-il rester un simple organe de vérification de l’existence
de processus de contrôle ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est déjà prévu dans le rapport de l’AMF qu’il puisse se saisir de toute
question qu’il juge utile ou nécessaire dans le cadre de l’exercice de ses
missions, d’autant que la liste des tâches prévues dans la loi apparait
clairement non exhaustive. Si d’aventure il venait à découvrir un risque non
identifié par la direction générale, il devrait en envisager l’impact potentiel
sur les comptes. Mais surtout, il est bien clair que les missions de suivi qui
lui sont explicitement confiées par la loi peuvent être complétées par les
missions supplémentaires que lui confierait le conseil. Est expressément évoqué
dans le rapport le suivi des autres risques que ceux ayant une incidence sur
les comptes tant il semble difficile de parcelliser l’analyse de risques par
nature protéiformes. De même, le conseil peut décider de soumettre les
communiqués de presse au comité pour qu’il puisse s’assurer de leur cohérence
par rapport aux comptes ou encore de demander son avis sur le contenu de tout
rapport ou document officiel de la société.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut se demander s’il ne faut pas aller au-delà pour répondre aux
attentes des actionnaires et probablement à celles de beaucoup
d’administrateurs. En effet, qui, mieux qu’un comité spécialisé, peut analyser
la dynamique et la stratégie financières de l’entreprise, les attentes des
investisseurs, la capacité de l’entreprise à y répondre, le caractère approprié
et adapté de la communication financière ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s’agit pas de donner un pouvoir spécifique au comité d’audit, mais de
tirer parti des compétences qu’il réunit pour éclairer les discussions et les
décisions du conseil. Les enjeux de contrôle de risque liés aux comptes sont
importants, mais il y a des défis financiers plus considérables encore aux
dimensions techniques et stratégiques particulièrement complexes. Il est
illusoire d’espérer que la stratégie financière ou la gestion du risque
actionnarial puissent être traitées efficacement par le conseil sans qu’une
préparation « technique » ait été faite préalablement afin d’éclairer
cette discussion. L’élargissement des compétences du comité d’audit à la
stratégie financière serait un réel progrès dans la gouvernance de
l’entreprise.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait alors peut-être lui trouver un autre nom ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est publié conjointement sur le &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&quot;&gt;Blog de la
DFCG&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2010/10/01/Pour-l-AMF%2C-le-comit%C3%A9-d-audit-porte-bien-son-nom#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les recommandations de l'AMF sur les comités d'audit</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2010/09/28/Les-recommandations-de-l-AMF-sur-les-comit%C3%A9s-d-audit</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2c75a8c805d3c23ea8ba0b2aaaa5ab60</guid>
    <pubDate>Tue, 28 Sep 2010 21:40:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Publications</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le 27 septembre, j'ai participé avec Aldo Cardoso à une &lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/agenda/agenda.php?evenement_id=244&quot;&gt;réunion&lt;/a&gt; du
&lt;a href=&quot;http://www.ifa-asso.com/agenda/agenda.php?evenement_type_id=16&quot;&gt;Club
des Secrétaires de Conseil&lt;/a&gt; sur le thème des recommandations de l'AMF en
matière de comité d'audit. Ce Club présidé par François Basset-Chercot ( qui
est le secrétaire du conseil de l'Oréal) a été créé au sein de l'IFA.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviendrai bientôt plus longuement sur cette question (un article
détaillé est en préparation), mais les lecteurs intéressés peuvent &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/presentations/Presentation_Recommandations_AMF_V2.pptx.pdf&quot;&gt;télécharger&lt;/a&gt;
la présentation que j'ai faite à l'occasion de cette réunion.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2010/09/28/Les-recommandations-de-l-AMF-sur-les-comit%C3%A9s-d-audit#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Goodwill des entreprises européennes : quels sont les risques de dépréciation ?</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2010/09/26/Goodwill-des-entreprises-europ%C3%A9ennes-%3A-quels-sont-les-risques-de-d%C3%A9pr%C3%A9ciation</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:061a088cb2194468bb0ff8dadf08de36</guid>
    <pubDate>Sun, 26 Sep 2010 11:21:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Actualité de l'évaluation</category>
        <category>Intangibles</category><category>Juste valeur</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hlhz.com/us/home.aspx?LangType=1033&quot;&gt;Houlihan Lokey&lt;/a&gt;
vient de publier sa deuxième étude sur les écarts d’acquisition des entreprises
européennes. L’échantillon utilisé est composé des sociétés du &lt;a href=&quot;http://fr.finance.yahoo.com/q?s=^STOXX&quot;&gt;Stoxx Europe 600&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 2005 à 2009, le montant des acquisitions de ces entreprises s’est élevé à
1900 milliards d’euros. Une partie importante de ces opérations se sont
déroulées dans des conditions de marché nettement plus favorables que celles
que nous connaissons aujourd’hui. Malgré la &lt;a href=&quot;http://fr.finance.yahoo.com/echarts?s=^STOXX#chart1:symbol=^stoxx;range=1y;indicator=volume;charttype=line;crosshair=on;ohlcvalues=0;logscale=off;source=undefined&quot;&gt;
chute&lt;/a&gt; importante des capitalisations boursières, la &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Images_blog/realgdpeuropeaneconomyimfforecasts.png&quot;&gt;révision
constante&lt;/a&gt; des prévisions de croissance de l’économie européenne, et la
chute importante des &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Images_blog/stoxx600_ebtbefgwi.png&quot;&gt;résultats&lt;/a&gt;, les entreprises
n’ont pas procédé à des dépréciations significatives de leur
goodwill.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le montant total comptabilisé au titre des provisions pour dépréciation des
écarts d’acquisition n’est que de 200 milliards d’euros sur la même période,
dont seulement 100 milliards d’euros au plus haut de la crise financière en
2008-2009. Sur ces 100 milliards d’euros, un tiers environ se concentre sur
deux banques seulement. En 2009, sur 600 sociétés analysées, seules 194
sociétés ont comptabilisé des provisions pour dépréciation des écarts
d’acquisition (et seulement 200 sociétés en 2008).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Images_blog/.marketcap_paidprice_gwi2005_2009_m.jpg&quot; alt=&quot;marketcap_paidprice_gwi2005_2009&quot; title=&quot;marketcap_paidprice_gwi2005_2009, sept. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d’identifier les secteurs les plus exposés à des dépréciations,
Houlihan Lokey a défini un indicateur de risque d’impairment sur la base de
deux ratios : d’une part, la somme cumulée des prix d’acquisition
rapportée à la capitalisation boursière de fin de période, et d’autre part, la
capitalisation boursière rapportée à la valeur comptable des fonds propres. En
fonction de leurs scores, les entreprises sont réparties en quatre classes de
risque allant de l’orage au beau temps en passant par une zone pluvieuse et une
zone nuageuse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 24 % des 600 sociétés analysées exhibaient un taux de risque de
dépréciation (mesurée par le ratio capitalisation boursière / valeur comptable
des fonds propres) inférieur à 110 %. En 2008, c’était le cas d’environ 40 %
des sociétés, une situation très différente des années d’avant la crise où
seulement 7 % des entreprises étaient concernées. Quelques secteurs –
automobile, établissements financiers (banques, établissements financiers –
assurance), immobilier, hôtellerie et loisirs – sont encore dans une zone de
risque de dépréciation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette étude est donc moins alarmante que celle qui avait été &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2009/10/08/D%C3%A9pr%C3%A9ciation-de-goodwill-%3A-les-secteurs-les-plus-menac%C3%A9s-en-Europe&quot;&gt;
publiée précédemment&lt;/a&gt;, mais la question de savoir si les bilans de certaines
entreprises reflètent correctement la juste valeur prônée par les normes
comptables est une question qui continue de se poser (même si les investisseurs
ont déjà répondu !).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le début de la crise, la magnanimité des régulateurs, la
compréhension des auditeurs et l’encouragement des politiques ont permis aux
émetteurs de différer la pleine application de la fair value (voir mon &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2008/12/21/Le-debat-sur-la-juste-valeur-%3A-de-l-illusion-comptable-au-realisme-financier&quot;&gt;
post&lt;/a&gt; sur le débat sur la juste valeur).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il faut rappeler aux entreprises que, même s'il est évident que
les investisseurs utilisent les informations sur les dépréciations de goodwill
(voir &lt;a href=&quot;http://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/Meeting_todays_financial_challenges_-_Impairment_reporting_-_Improving_stakeholder_confidence/$FILE/EY_Meeting_todays_financial_challenges_-_Impairment_reporting.pdf&quot;&gt;
l'étude&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.ey.com/&quot;&gt;Ernst &amp;amp; Young&lt;/a&gt; sur le
sujet), toutes les études montrent que l’annonce d’une dépréciation n’a
pratiquement pas d’effet sur le cours de bourse de l’entreprise, les
investisseurs ayant généralement anticipé cette situation (voir par exemple
l&lt;a href=&quot;http://www.pwc.com/en_US/us/transaction-services/assets/ts-insights-goodwil-impairments.pdf&quot;&gt;'analyse
récente de PwC&lt;/a&gt;). Bien au contraire, les investisseurs apprécient que les
entreprises leur disent la vérité. Chercher à tergiverser est contreproductif.
La transparence et l’honnêteté sont rémunérées par le marché (voir le papier de
Damodaran, &lt;a href=&quot;http://pages.stern.nyu.edu/~adamodar/pdfiles/papers/Transparency.pdf&quot;&gt;&amp;quot;the
value of transparency and the cost of complexity&amp;quot;&lt;/a&gt;). L’opacité ou la
négation de l’évidence sont pénalisées.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette étude peut être &lt;a href=&quot;http://www.hl.com/fr/press/insightsandideas/2421.aspx&quot;&gt;téléchargée&lt;/a&gt; sur le
site de Houlihan Lokey.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2010/09/26/Goodwill-des-entreprises-europ%C3%A9ennes-%3A-quels-sont-les-risques-de-d%C3%A9pr%C3%A9ciation#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Grandeurs et misères de l’EVA</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2010/09/20/Grandeurs-et-mis%C3%A8res-de-l%E2%80%99EVA</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:29637f0e9951b1a6a87c279a68b87203</guid>
    <pubDate>Mon, 20 Sep 2010 21:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Techniques</category>
        <category>Pratiques</category><category>Techniques Evaluation</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Dans un article publié en deux parties (&lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&amp;amp;PostId=76583&quot;&gt;1&lt;/a&gt;
et &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&amp;amp;PostId=76584&quot;&gt;2&lt;/a&gt;)
dans le &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&quot;&gt;blog de la
DFCG&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=128&amp;amp;AuteurId=116377&quot;&gt;François
Meunier&lt;/a&gt; présente de manière détaillée l’EVA (&lt;a href=&quot;http://pages.stern.nyu.edu/~adamodar/New_Home_Page/lectures/eva.html&quot;&gt;Economic
Value Added&lt;/a&gt;) ou encore appelée par certains (comme &lt;a href=&quot;https://www.mckinseyquarterly.com/Measuring_long-term_performance_1589&quot;&gt;McKinsey&lt;/a&gt;),
profit économique. Cette expression permet d’éviter d’utiliser un acronyme dont
la marque a été déposée par le cabinet &lt;a href=&quot;http://www.sternstewart.com/&quot;&gt;Stern Stewart &amp;amp; Co&lt;/a&gt; bien que le concept
ait été inventé par &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Marshall&quot;&gt;Alfred Marshall&lt;/a&gt; en 1890 avec
le notion de profit résiduel définit comme « total net gains less the
interest on invested capital at the current rate ».&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si elle n’est pas neuve, cette idée qui consiste à définir le véritable
profit comme le profit après déduction de l’ensemble des charges
capitalistiques (coût des fonds propres et coût de la dette) a été
révolutionnaire d’un point de vue managérial. Grâce à une formule simple :
PE = AE * (ROCE-CMPC) (voir note1), on enseignait quelques principes essentiels
aux managers :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Vous devez vous considérer comme des gestionnaires d’actifs. Vous êtes
responsables du &lt;a href=&quot;http://www.vernimmen.net/html/glossaire/definition_capitaux_investis.html&quot;&gt;capital
investi&lt;/a&gt; (actifs immobilisés, goodwill, et besoin en fonds de roulement)
dans l’activité dont vous avez la charge.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Ce capital investi n’est pas gratuit même s’il est apporté généreusement
par la maison mère. Il a été financé par des pourvoyeurs de fonds qui exigent
une rentabilité minimale (&lt;a href=&quot;http://www.vernimmen.net/html/Au_Sujet_De/Cout_du_capital.html&quot;&gt;le coût du
capital&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Ce coût du capital ne saurait être réduit au coût de la dette. Le vrai coût
est le coût moyen pondéré représentatif de l’exigence des créanciers et surtout
des actionnaires compte tenu du &lt;a href=&quot;http://www.vernimmen.net/html/glossaire/definition_risque.html&quot;&gt;risque&lt;/a&gt; de
votre actif (c’est-à-dire de la volatilité anticipée de sa rentabilité).
Certes, des générations entières d’étudiants s’étaient vu prodiguer cet
enseignement, mais force est de constater que cette vision n’était pas vraiment
entrée dans les mœurs managériales à l’époque où l’EVA est lancée (Voir Note
2). La promotion du coût du capital a été une véritable bénédiction pour la
gestion des entreprises: Stern Stewart a réussi là où tant d’autres avaient
échoué.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les règles de gestion que vous devez suivre sont simples :&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Investissez dans des projets dont la rentabilité économique est supérieure
au coût du capital (augmentez AE si ROCE &amp;gt; CMPC).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Séparez vous des actifs dont le ROCE ne peut être supérieur au CMPC.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Augmentez le ROCE de votre AE (en augmentant la marge économique et/ou la
rotation de l’AE ).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Diminuez le CMPC (en réduisant la volatilité du ROCE) : mais pour cet
élément de l’équation, la tâche est nettement plus compliquée !&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;N’oubliez pas que la croissance de votre résultat économique après impôt
(NOPAT) peut être vertueuse ou vicieuse. Cette croissance est effet le produit
du taux d’investissement (le pourcentage de NOPAT consacré à la croissance de
l’AE) et le ROCE espéré de cet investissement. On voit bien qu’à partir du
moment où ces deux paramètres sont supérieurs à 0, il en résulte une croissance
du NOPAT. Mais si le ROCE est inférieur au CMPC, la croissance se traduit par
un profit économique négatif, donc par une destruction de valeur.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://www.shareholdervalue.com/shareholder_value_research/vbm_publications/metric.pdf&quot;&gt;
Abandonnez&lt;/a&gt; toutes les mesures comptables de la performance (Résultat net,
BPA, Dividende, Marge brute d’autofinancement …) pour retenir une mesure unique
&lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=178168&quot;&gt;parfaitement
corrélée&lt;/a&gt; avec la valeur actionnariale : le Profit Economique. En
effet, la valeur actualisée au coût du capital de tous les Profits Economiques
futurs est égale à la MVA (Market Value Added) qui, ajoutée à la valeur
comptable (éventuellement retraitée) de l’AE permet d’obtenir la valeur de
marché des actifs (Capitalisation boursière + valeur de la dette
nette).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Dernier conseil, cette fois-ci donné aux actionnaires et à leurs
mandataires (le conseil d’administration) : alignez la rémunération des
managers à tous les niveaux de l’organisation sur le Profit économique des
actifs qu’ils gèrent.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans des entreprises dont le modèle mental était encore très largement rivé
sur les performances comptables et l’évacuation de tout sentiment de
responsabilité à l’égard de l’actionnaire, cette approche était une véritable
révolution. Elle a permis la diffusion de nouveaux indicateurs beaucoup plus
économiques comme l’EBIT, l’EBITDA ou le ROCE. Un certain nombre d’entreprises
(que Stern Stewart estime à plus de 350) ont été jusqu’au bout de la logique en
adoptant le Profit économique comme une mesure de gestion et de rémunération
interne et en l’utilisant comme moyen de communication auprès du marché
financier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, malgré toutes ses vertus, le Profit économique présente quelques
inconvénients sérieux. Sur la base des différents travaux académiques qui ont
été consacrés à cette mesure, Praskash Deo et Tarun Mukherjee ont relevé dans
un papier apparemment non publié (« EVA revisited ») les principales
critiques qui ont été formulées à l’encontre de l’EVA.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les critiques les plus courantes, on trouve notamment :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;l’incitation des managers à se focaliser sur le court terme ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;le caractère réducteur d’une mesure qui ambitionne de remplacer toutes les
autres et, en particulier, celles relatives aux performances non
financières ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la faiblesse de la corrélation entre l’EVA et le cours de
bourse ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la complexité des ajustements nécessaires pour calculer l’actif économique
et le NOPAT ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la redondance avec d’autres méthodes comme l’actualisation des flux de
liquidités disponibles ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l’inadaptation de la méthode à certaines entreprises en particulier celles
connaissant une forte croissance.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D’un point de vue pratique, il me semble que le problème essentiel réside
dans le coût de son implantation. La mise en place du Profit économique
requiert la mise en place d’un système d’information dont la complexité peut
sembler hors de proportion avec l’avantage que l’on peut en retirer. En effet,
au-delà de la formule simple que l’on a rappelé plus haut, de nombreux
retraitements de l’AE et du profit économique sont requis, tout spécialement
pour les entreprises ayant des actifs intangibles importants. Par ailleurs,
l’entreprise doit effectuer un effort de sensibilisation souvent très important
pour que la philosophie de l’approche soit correctement diffusée à tous les
échelons de l’organisation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus grave, cette approche simplificatrice a conduit les managers à croire
qu’il suffisait d’avoir un ROCE supérieur au coût du capital pour augmenter le
cours de bourse. Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples. Ce
n’est pas parce que l’entreprise a une EVA positive ou qu’elle diminue une EVA
négative que le prix de l’action va augmenter.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cours de l’action exprime avant tout la rentabilité future espérée de
l’actif économique (ajustée par le coût du capital), et sa croissance reflète
une amélioration de cette espérance. Dans ces conditions, valeur et cours
peuvent diverger ou converger.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe &lt;strong&gt;quatre configurations possibles&lt;/strong&gt; (voir le schéma
ci-dessous) :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;l’entreprise crée de la valeur et le cours de bourse augmente : cela
signifie que le ROCE est supérieur au coût du capital, mais aussi qu’il est
supérieur à l’espérance de ROCE qui était contenu dans le cours de
bourse ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l’entreprise crée de la valeur et le cours de bourse diminue : c’est
la situation dans laquelle bien que le ROCE soit supérieur au CMPC, il est
inférieur aux attentes des investisseurs ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l’entreprise détruit de la valeur et le cours de bourse chute. La logique
est ici respectée : l’entreprise dégage un ROCE inférieur à la fois au
CMPC et au ROCE espéré par les investisseurs ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;l’entreprise détruit de la valeur et le cours de bourse augmente :
cela signifie que bien que le ROCE soit inférieur au CMPC, il est supérieur aux
attentes des investisseurs.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.rerolle.eu/public/Images/.Roce-EROCE-Wacc_m.jpg&quot; alt=&quot;RoceWacc&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;RoceWacc, sept. 2010&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc bien sûr important de maximiser le profit économique, mais ce
n’est pas suffisant pour faire augmenter le cours de bourse. L’EVA a conduit
les entreprises à se focaliser sur le coût du capital et le ROCE, mais il
manque un troisième pied au tabouret : celui de l’espérance de ROCE
contenu implicitement dans les cours. Sans cette information, l’entreprise est
incapable d’imaginer quel sera l’impact de ses performances sur son cours et
surtout de donner des objectifs de ROCE à ses managers. &lt;strong&gt;Le vrai
« hurdle rate » n’est pas la rentabilité exigée (le coût du capital),
mais la rentabilité attendue par les investisseurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note 1&lt;/strong&gt; : PE : Profit économique ; AE :
Actif économique ; ROCE : rentabilité de l’AE ; CMPC : coût
moyen pondéré du capital. Cette formule peut aussi s’exprimer de la manière
suivante : PE = NOPAT – (AE x CMPC) ou le NOPAT est égal à EBIT (1- Taux
d’IS)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note 2&lt;/strong&gt; : Les entreprises étaient à l’époque fascinées
par l’EPS (Earning per Share ou BPA, Bénéfice par Action) et la méthode des P/E
était reine. Les DCF (et la valeur actionnariale) commençaient à peine à
prendre pied dans l’entreprise avec le livre d’Al Rappaport, « &lt;a href=&quot;http://www.amazon.co.uk/Creating-Shareholder-Value-Standard-Performance/dp/0684844109&quot;&gt;Creating
shareholder value. The new standard for business performance&lt;/a&gt; » dont la
première édition date de 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce post a été également &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&amp;amp;PostId=76590&quot;&gt;publié&lt;/a&gt;
dans le &lt;a href=&quot;http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&amp;amp;BlogId=1&quot;&gt;Blog de la
DFCG&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2010/09/20/Grandeurs-et-mis%C3%A8res-de-l%E2%80%99EVA#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les nouveaux standards internationaux d'évaluation financière</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2010/06/20/Les-nouveaux-standards-internationaux-d-%C3%A9valuation-financi%C3%A8re</link>
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    <pubDate>Sun, 20 Jun 2010 14:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Actualité de l'évaluation</category>
        <category>IVSC</category><category>Juste valeur</category><category>Techniques Evaluation</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;L&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/&quot;&gt;'International Valuation Standard
Council&lt;/a&gt; a lancé une consultation publique sur le &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/exp_drafts/ivs_20100610.pdf&quot;&gt;Proposed new
international valuation standards&lt;/a&gt;&amp;quot;, &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/exp_drafts/ivs_qa_20100610.pdf&quot;&gt;consultation&lt;/a&gt; qui
s'achèvera le 3 septembre 2010.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un texte important à deux titres:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Pour l'avenir de l'IVSC&lt;/strong&gt; dont la structure a été
totalement &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2008/02/15/Le-processus-de-restructuration-de-lIVSC-est-en-cours&quot;&gt;changée&lt;/a&gt;
il y a deux ans afin d'en faire un organisme de référence en matière
d'évaluation. L'IVSC est présidé par &lt;a href=&quot;http://gouvernancefinanciere.blogspot.com/2010/01/michel-prada-est-linvite-de-la-seance-8.html&quot;&gt;
Michel Prada&lt;/a&gt; dont la mission est de rendre cette institution incontournable
auprès des régulateurs internationaux. Sous son impulsion, des progrès
considérables ont été réalisés. L'IVSC est à présent un acteur reconnu par les
normalisateurs comptables, les organisations de régulateurs et les responsables
des principales institutions financières internationales. Une dynamique a été
créée : l'IASB et le FASB devraient se reposer davantage sur l'IVSC pour
tous les standards d'évaluation dans le cadre de l'application des normes
comptables. Le projet de normes qui est rendu public est donc une étape
essentielle dans la mise en place de l'IVSC.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Pour l'avenir des marchés financiers&lt;/strong&gt; : ces standards
constituent une réponse à l'appel pour une “clarity and consistency in the
application of valuation standards internationally” lancé par le G20 lors du
Sommet de Londres d'avril 2009 dans sa &lt;a href=&quot;http://www.elysee.fr/download/?mode=press&amp;amp;filename=02.04_Declaration_renforcement_systeme_financier_V3.pdf&quot;&gt;
Déclaration du 2 avril 2009&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces standards se présentent en &lt;ins&gt;trois parties&lt;/ins&gt; :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;General Standards&lt;/strong&gt; : cette partie présente les grands
principes applicables à toutes les évaluations (concepts principaux, principes,
approches, fondements de la valeur, diligences, présentation des
conclusions)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Application Standards&lt;/strong&gt; : ils décrivent les différentes
situations dans lesquelles des évaluations sont requises et précisent les
spécificités des travaux à entreprendre dans chaque application (évaluation
dans le cadre des IFRS, tests d'impairment, ...)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Assets Standards&lt;/strong&gt; : ils précisent quels sont les
ajustements qui viennent en complément des standards d'application pour
répondre aux spécificités des actifs à évaluer ( Société, intangibles,
immobilier, instruments financiers ...)&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Au fil de la lecture de ce texte, un certain nombre d'idées ou de positions
peuvent être relevées :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A la différence du prix, la valeur n'est pas un fait, mais l'estimation
d'un prix auquel pourrait se conclure une transaction sur l'actif à évaluer
(page 10, §3). La valeur est un prix hypothétique. Cette idée est évidente,
mais encore faut-il le rappeler et en mesurer toutes les conséquences.
L'évaluateur doit avoir une certaine humilité car reproduire les effets d'une
négociation sur un marché n'est pas facile ! Il doit développer sa
position en ayant conscience de toute la subjectivité (page 14, §21) qui
s'attache à l'exercice, et l'honnêteté intellectuelle exige qu'il explique de
manière détaillée son raisonnement, les hypothèses qu'il retient, les limites
de ses conclusions.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les marchés ne sont pas parfaits et les acteurs (market participants)
réagissent à ses imperfections. Malgré ce constat (page 11, §9) , le texte qui
est proposé par la suite repose très largement sur l'hypothèse d'efficience des
marchés. Dans le même paragraphe, on peut lire : &amp;quot;a valuation that has the
objective of estimating a price in the market has to reflect the conditions in
the relevant market on the valuation date, not an adjusted or smoothed price
based on a supposed restoration of equilibrium&amp;quot;. Cette position contredit celle
qu'avait prise les autorités notamment françaises à l'occasion de la clôture
des comptes de l'exercice 2008. Le paradigme de l'efficience des marchés se
retrouve lorsque l'on privilégie les approches de marché comme méthode
d'évaluation (cf la hiérarchie des approches, page 16, §6). Cette vision des
marchés est pour le moins discutable (et très &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/05/23/Un-nouveau-paradigme-financier-%3A-r%C3%A9ponses-%C3%A0-l-inefficience-des-march%C3%A9s&quot;&gt;
discutée&lt;/a&gt; !).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;les différents niveaux d'activité d'un marché sont une réponse aux
mouvements de prix plutôt que la cause de ces mouvements de prix. Il s'agit là
d'une idée très importante : les prix sur le marché financier ne se
forment pas en fonction de la loi de l'offre et de la demande. Ils dépendent
des cash flows futurs de l'entreprise (ajustés par le risque) tels qu'ils sont
attendus par les investisseurs actuels ou potentiels (voir le livre &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://www.expectationsinvesting.com/&quot;&gt;Expectations investing&lt;/a&gt;&amp;quot; de
Rappaport et Mauboussin).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;A la différence des normes IFRS qui établissent une hiérarchie des données
utilisées pour une évaluation, les IVS utilisent une hiérarchie des approches
(page 16, §6) en privilégiant les observations directes sur un marché, puis une
approche par les multiples ou les cash flows ou encore par les coûts. On a
relevé plus haut le caractère discutable de cette approche qui privilégie la
vision du marché supposée fiable. Il faut rappeler que dans une approche
française (cf le rapport Naulot et la réglementation en matière d'&lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/2007e_L_An_I_de_la_nouvelle_expertise_ind_pendante__r_flexion_critique_avec_D._Schmidt_RDBF__Sept-oct_2007.pdf&quot;&gt;expertise
indépendante&lt;/a&gt;), le cours de bourse n'est pas une méthode d'évaluation, mais
une référence.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;En cas d'utilisation de plusieurs approches, il convient de les pondérer et
les &amp;quot;réconcilier&amp;quot; pour aboutir à une valeur finale (page 17, §8). Cette
position assez traditionnelle est discutable. Si l'on obtient des valeurs
différentes dans deux approches philosophiquement identiques (comme un multiple
et un DCF) cela veut dire que l'on a utilisé des hypothèses différentes.
L'évaluateur doit chercher à comprendre d'où vient l'incohérence plutôt que de
conclure en pondérant les résultats obtenus d'une manière qui sera de toute
façon totalement arbitraire. Par ailleurs, on peut s'étonner que l'on n'offre
pas à l'évaluateur la possibilité de déterminer non pas une valeur, mais une
fourchette de valeur.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Les standards de valeur (basis of value). Il s'agit là d'un concept
classique pour les anglo-saxons, mais moins répandu en France (ce qui entraîne
souvent beaucoup de confusion). Définir le standard de valeur consiste à
déterminer l'angle d'analyse fondamental que l'on choisi pour évaluer l'actif
(nature de la transaction hypothétique, relations entre, et motivations des
parties, degré d'exposition de l'actif au marché ...). Les IVS proposent 3
standards différents :&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;a) &lt;em&gt;Market value&lt;/em&gt; : c'est celle qui découle d'un échange
hypothétique sur un marché. C'est l'équivalent de la Fair value des
IFRS.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) &lt;em&gt;Investment value&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Special value&lt;/em&gt; : dans ce second
standard, on cherche à estimer les bénéfices que l'entité retire de la
possession de l'actif. La valeur est spécifique à l'entité. Un bon exemple sera
la valeur d'usage qui est l'une des valeurs utilisées pour le calcul de la
valeur recouvrable dans les tests d'impairment. Ce concept est semble-t-il
étendu à un acheteur spécial (c'est le concept de &amp;quot;special value&amp;quot;) qui pourrait
mettre en oeuvre des synergies qui lui sont propres.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) &lt;em&gt;Fair Value&lt;/em&gt; : c'est le prix qui serait raisonnablement
accepté par deux parties spécifiques. L'actif n'est pas forcément mis sur le
marché et le prix peut refléter les rapports de force dans la négociation.
Cette approche était l'ancienne investment value. De manière curieuse, le texte
ne mentionne pas l'un des paramètres essentiels à prendre en compte : les
&lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/post/2010/06/06/Synergies-potentielles-et-valeur-financi%C3%A8re-d-une-entreprise&quot;&gt;
synergies&lt;/a&gt; de l'acheteur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Dans un standard consacré au &amp;quot;valuation reporting&amp;quot;, les IVS précisent quels
sont les éléments que l'utilisateur de l'évaluation doit retrouver dans le
rapport final. Un grand nombre de ces éléments sont habituels et les
évaluateurs ne seront pas surpris de les retrouver ici. En revanche, il manque
quelques informations qui sont essentielles : les études de sensibilité et
les limites de l'exercice.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les deux autres parties du document (Application
standards et Assets standards), leur contenu n'est pas révolutionnaire puisque
les IVS se contentent de rappeler quelques règles spécifiques à d'autres
standards ou normes et ne précisent la façon dont ils doivent être ajustés, le
cas échéant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IVS ont l'ambition d'être suivis par la majorité des évaluateurs dans le
monde. Nul doute qu'en publiant des standards dans un fascicule de 125 pages
téléchargeable sur Internet (au lieu du livre très épais et dense dans lequel
étaient présentés les anciens standards), l'IVSC se donne les moyens de cette
ambition.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces principes sont particulièrement &amp;quot;high level&amp;quot; et ne peuvent pas
aider les praticiens dans leurs tâches quotidiennes. Ce sera au &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/boards/professional/index.html&quot;&gt;Board Professionnel de
l'IVSC&lt;/a&gt; de préparer des &amp;quot;guidances notes&amp;quot; plus détaillées et pratiques.
Plusieurs sont en cours d'élaboration (cash flow actualisés, approche par les
coûts) ou ont déjà été publiées (&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/gn4-2010.pdf&quot;&gt;évaluation des actifs
intangibles&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Note: l'auteur de ces lignes est membre de l'International Professionnal
Board, organe de l'IVSC qui n'a pas participé à l'élaboration des standards,
élaboration qui est de la compétence exclusive du &lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/boards/standards/index.html&quot;&gt;Standards Board&lt;/a&gt;, organe
indépendant.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.rerolle.eu/post/2010/06/20/Les-nouveaux-standards-internationaux-d-%C3%A9valuation-financi%C3%A8re#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://www.rerolle.eu/post/2010/06/20/Les-nouveaux-standards-internationaux-d-%C3%A9valuation-financi%C3%A8re#comment-form</wfw:comment>
      <wfw:commentRss>http://www.rerolle.eu/feed/atom/comments/528332</wfw:commentRss>
      </item>
    
  <item>
    <title>Synergies potentielles et valeur financière d'une entreprise</title>
    <link>http://www.rerolle.eu/post/2010/06/06/Synergies-potentielles-et-valeur-financi%C3%A8re-d-une-entreprise</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:fa62f03e25925c0838f985854c6ae9d4</guid>
    <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 19:29:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Actualité de l'évaluation</category>
        <category>Fairness opinion</category><category>Finance</category><category>Gouvernance</category><category>Pratiques</category><category>Valeur</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La France est un des rares pays à avoir réglementé les conditions dans
lesquelles un &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/2007b_L_expertise_ind_pendante_gagne_du_terrain_interview_Option_Finance_26_mars_2007.pdf&quot;&gt;
expert indépendant&lt;/a&gt; doit se prononcer sur le caractère équitable d’une offre
publique. Cependant, de nombreuses &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/2007e_L_An_I_de_la_nouvelle_expertise_ind_pendante__r_flexion_critique_avec_D._Schmidt_RDBF__Sept-oct_2007.pdf&quot;&gt;
incertitudes&lt;/a&gt; demeurent sur la façon dont l’expert doit mener son analyse.
Dans la pratique, les observateurs (et la plupart des professionnels) ne font
pas la différence entre attestation d’équité et évaluation. Or une attestation
d’équité ne se réduit pas à une évaluation. Bien d’autres paramètres sont à
prendre en considération. L’offre publique d’achat lancée sur les actions de
&lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/FR/Home.aspx?LangType=1036&quot;&gt;Spérian&lt;/a&gt; permet
de montrer que l’analyse d’une transaction ne se réduit pas à une simple
comparaison entre un prix et une valeur intrinsèque.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cotée sur le marché Eurolist (Compartiment B)- Euronext Paris &lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/Supplementary/Documents_and_Downloads/Corporate/Regulated_Information/Other_Regulated_Information/37152/1036.aspx&quot;&gt;
Spérian&lt;/a&gt; est spécialisée dans les équipements de protection individuelle.
Elle est un des leaders mondiaux dans ce secteur avec 660 millions d'euros de
chiffres d'affaires en 2009, 6000 employés répartis dans 26 pays et 27 sites de
production sur 5 continents.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 mars dernier &lt;a href=&quot;http://www.cinven.com/&quot;&gt;Cinven&lt;/a&gt; annonce son
intention de déposer une offre publique visant à prendre le contrôle de
Spérian. La transaction prévoit que les &lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/Investors/Share_and_Shareholding/Structure_de_l_actionnariat.aspx&quot;&gt;
deux actionnaires principaux&lt;/a&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.essilor.com/&quot;&gt;Essilor&lt;/a&gt;
et Mme Dalloz qui possèdent respectivement un peu plus de 15 et 13 % du capital
et 23 et 20% des droits de vote) apportent leurs titres à une holding destinée
à être le véhicule de reprise de la société cotée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix offert est de 70€ (ce qui représente une valeur d’entreprise de 766
M€ et un multiple de 9x l’EBIDA 2009), montant qui peut être rapproché du cours
précédent l’annonce de l’offre (60,5€) et du cours moyen pondéré des volumes
échangés de sur les 3 mois précédents l’offre(53,5€). Sur cette base
apparemment intéressante, le conseil d’administration publie un communiqué
soulignant le caractère amical de l’offre et le fait qu’elle permet « aux
actionnaires qui le souhaitent une option de sortie à des niveaux de primes
significatifs sur le cours de bourse ». Il s’agit là d’une formulation prudente
qui n’est pas (encore ?) une recommandation puisqu’il faut attendre la remise
du rapport de l’expert indépendant avant de prendre une position plus
tranchée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’intervention d’un expert est en effet nécessaire en raison de la présence
ou de la perception de conflits d’intérêt potentiels ou manifestes. On peut
imaginer que le management qui reste dans la société a participé à la
négociation des conditions de l’opération avec l’initiateur, y compris celles
de son maintien à la tête de l’entreprise. Par ailleurs, les deux actionnaires
principaux de la société, qui sont représentés tous les deux au conseil,
restent au capital (en apportant leurs actions à la holding de reprise) malgré
les conditions apparemment avantageuses proposées aux actionnaires
minoritaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation n’a pas manqué de susciter des &lt;a href=&quot;http://www.boursorama.com/forum-sperian-protection-ex-bacou-l-adam-conteste-aupres-de-amf-398549983-1&quot;&gt;
réactions critiques&lt;/a&gt; de la part de ces derniers sur deux
points :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L’insuffisance du prix&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L’inégalité de traitement des actionnaires historiques qui pouvaient
bénéficier dans le futur d’une amélioration de la valeur de l’entreprise alors
que les actionnaires minoritaires étaient invités à sortir (ou à accepter une
liquidité moindre du titre au cas où ils décideraient de ne pas apporter leurs
actions).&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le premier point, certains actionnaires ont noté que
l’offre valorisait les fonds propres de la société à 532 millions € alors même
que l’actif net par du groupe au 31 décembre 2009 était de 587 millions €.
Accepter la valeur proposée revenait donc implicitement à considérer que la
rentabilité économique future de l’entreprise devait être nécessairement
inférieure à son &lt;a href=&quot;http://www.sciences-po.fr/spf/diplomantes/finance_entreprise/pdf/Evaluation_analyse_creation_valeur.pdf&quot;&gt;
coût du capital&lt;/a&gt;. Hypothèse audacieuse pour une pépite leader sur son marché
dont on ne pouvait ignorer le caractère stratégique aux yeux d’un certain
nombre d’acteurs du secteur. Hypothèse difficilement admissible dans le cadre
d’une transaction lorsque l’on compare le multiple qui ressort de l’offre ( 8,5
x l’EBITDA 2010) avec celui offert dans des transactions similaires récentes, à
savoir la reprise &lt;a href=&quot;http://www.aearo.com/default2.cfm&quot;&gt;d’Aero&lt;/a&gt; par
&lt;a href=&quot;http://solutions.3m.com/wps/portal/3M/en_US/Health/Safety/&quot;&gt;3M&lt;/a&gt; en
novembre 2007 (11,2x) et celle de &lt;a href=&quot;http://www.nspusa.com/&quot;&gt;Norcross&lt;/a&gt;
par Honeywell en avril 2008 (12,8x).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde critique soulève une question bien connue. La réglementation
n’impose aucune contrainte de prix minimal à l’initiateur en cas d’offre
volontaire. Celui-ci a beau jeu d’expliquer que les actionnaires qui ne sont
pas intéressés peuvent conserver leurs titres et ainsi bénéficier du potentiel
d’appréciation futur qu’on refuse de leur donner immédiatement. Ce raisonnement
serait parfaitement acceptable s’il n’existait pas deux risques à peine
voilés : un risque de diminution de la liquidité du titre qui aurait un
impact négatif sur le cours, et un risque de transfert de valeur au profit de
l’initiateur si la gouvernance mise en place n'était pas protectrice des
intérêts des minoritaires. En réalité, on se trouve face à un chantage (je n'ai
pas trouvé d'expression plus &amp;quot;soft&amp;quot; ...) qui aboutit dans la réalité à une
offre de retrait obligatoire qui ne veut pas dire pas son nom.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actionnaires minoritaires avaient donc commencé à contester l’opération
et avaient mandaté &lt;a href=&quot;http://gouvernancefinanciere.blogspot.com/search/label/S%C3%A9ance%2012&quot;&gt;Colette
Neuville&lt;/a&gt; à cette fin. Le conseil d'administration de Spérian &lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/Supplementary/Documents_and_Downloads/Corporate/Regulated_Information/Other_Regulated_Releases/37044/1036.aspx&quot;&gt;
confirme&lt;/a&gt; encore le 5mai que l'offre Cinven est toujours d'actualité. C’est
dans ces circonstances que le &lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/Supplementary/Documents_and_Downloads/Corporate/Regulated_Information/Other_Regulated_Releases/37136/1033.aspx&quot;&gt;
19 mai 2010&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://investor.honeywell.com/phoenix.zhtml?c=94774&amp;amp;p=irol-newsArticle&amp;amp;ID=1428934&amp;amp;highlight=&quot;&gt;
Honeywell&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/DocDoif/txtint/opdepotPdf/2010/210C042700.pdf&quot;&gt;propose
d’acquérir&lt;/a&gt; Spérian Protection en offrant 117 euros par action, soit une
prime de 93% par rapport au cours du 30 mars et de 67 % par rapport à l’offre
de Cinven. La prime est justifiée par des &lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/Supplementary/Documents_and_Downloads/Corporate/Presentations/37139/1036.aspx&quot;&gt;
synergies&lt;/a&gt; significatives dégagées par l’opération. Cette fois-ci les
actionnaires historiques cèdent leur participation. Le conseil d’administration
&lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/Supplementary/Documents_and_Downloads/Corporate/Regulated_Information/Other_Regulated_Releases/37136/1033.aspx&quot;&gt;
approuve&lt;/a&gt; à l’unanimité cette nouvelle offre qui devrait être plébiscitée
par les actionnaires minoritaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut tirer plusieurs enseignements de cette affaire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d’abord, sur le rôle du &lt;a href=&quot;http://www.sperian.com/Investors/Corporate_Governance/Conseil_d_administration.aspx&quot;&gt;
conseil d’administration de Spérian&lt;/a&gt;. La société adhère au code AFEP-MEDEF.
Elle a mis en place une dissociation des fonctions de Directeur Général et de
Président. Elle a même un comité de &amp;quot;Gouvernance&amp;quot; dont on peut imaginer qu'il a
en charge les problématiques de conflits d'intérêt (même si à la date où ce
post est écrit, le site internet de la société indique qu'il comporte un
administrateur d'Essilor et un représentant de l'actionnaire fondateur ...). Il
n'y a pas d'indication publique sur le rôle joué par le conseil dans la
négociation avec Cinven. Aux Etats-Unis, un conseil d’administration a le
devoir de vérifier qu’une offre publique sur les titres de la société
représente la meilleure option pour les actionnaires. Bien souvent, un comité
d’administrateurs indépendants est chargé de négocier avec l’initiateur afin
d’éviter que des conflits d’intérêt ne viennent affecter la décision. Dans le
cas d’espèce, il ne semble pas y avoir eu de processus de vente destiné à
obtenir la meilleure offre. Si les fonds qui s’étaient manifestés au cours des
trois dernières années ont été contactés, les industriels, acheteurs
stratégiques, ne l’ont apparemment pas été. Ce n’est que dans un deuxième
temps, sous la pression des activistes que le jeu semble avoir été ouvert. On
peut s’interroger sur la responsabilité encourue par un conseil lorsqu’il ne
fait preuve d’aucune diligence pour favoriser la meilleure option pour ses
mandants, ou tout au moins vérifier que d’autres options ont été
examinées.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire démontre que les travaux d’évaluation d’une société à
l’occasion d’une opération financière doivent nécessairement prendre en
considération le contexte de l’opération, ce qui avait déjà été écrit dans le
&lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/6035_1.pdf&quot;&gt;rapport
Naulot&lt;/a&gt; commandité en 2006 par l'AMF. L’expert doit examiner les conditions
dans lesquelles le prix a été formé. On peut présumer son caractère équitable
s’il découle d’un processus de vente structuré qui a mis en compétition
plusieurs acheteurs potentiels, cette présomption devant naturellement être
vérifiée par des travaux d’évaluation plus approfondis. Lorsqu’au contraire il
n’y a pas eu de mise en concurrence, que l’offre est faite dans une période où
le cours apparaît déprimé soit pour des raisons de marché, soit pour des
raisons qui tiennent aux performances économiques récentes de la société et
enfin que les actionnaires contrôlants décident de rester au capital, l’expert
doit redoubler de vigilance et intégrer dans son analyse les conséquences
qu’aurait pu avoir la mise en œuvre d’un processus de vente structuré. A défaut
de pouvoir les utiliser directement les multiples de transactions comparables
offrent un point de départ utile à l’analyse.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’affaire Spérian illustre également de manière éclatante la nécessité pour
l’expert de s’interroger sur les synergies potentielles créées (par
l’opération) ou … écartées (pour l’analyse du contexte évoqué précédemment !).
La valeur d’une entreprise est inséparable d’une anticipation sur ses
perspectives futures. Conceptuellement, cette valeur est égale à la somme de
toutes les valeurs qu’elle prendrait dans chaque scénario d’avenir possible
pondérées par la probabilité d’occurrence de chacun d’entre eux. En procédant à
l’actualisation des flux de liquidités « espérés » (au sens
mathématique du terme) les méthodes intrinsèques (comme les DCF) sont une
parfaite mise en œuvre de ce concept. A partir du moment où une opération est
envisagée ou même envisageable, les perspectives d’activité de l’entreprise se
transforment et la valeur de la société en est directement affectée. L’expert
doit s’interroger sur les transformations potentielles que la décision de céder
fait subir à la valeur de l’entreprise et s’assurer que tous les éléments
nécessaires à la quantification de ces transformations sont mis à sa
disposition.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines situations, il est clair que les opportunités de création de
valeur sont limitées. Si l’initiateur contrôle déjà la société visée, il est
probable que toutes les synergies ont déjà été mises en place. Les opportunités
de création de valeur sont déjà intégrées dans le plan d’affaires de la
société. Les seuls avantages de l’opération sont alors des économies liées à
suppression des coûts de cotation ou celles résultant d’une optimisation
fiscale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d’autres cas, les opportunités de création de valeur sont plus
substantielles. Certes, les fonds d’investissement ne peuvent pas mettre en
œuvre de synergies industrielles, mais la mise sous tension actionnariale de
l’entreprise a des impacts bénéfiques sur la création de valeur. Si
l’initiateur est un acheteur stratégique, la valeur créée par l’opération
dépend des synergies opérationnelles qui seront mises en œuvre. Dans tous les
cas, l’acheteur est prêt à payer une prime pour que l’opération se
réalise.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l’avions écrit avec &lt;a href=&quot;http://www.cabinet-schmidt.avocat.fr/&quot;&gt;Dominique Schmidt&lt;/a&gt; dans notre
article l’ « &lt;a href=&quot;http://www.rerolle.eu/public/2007e_L_An_I_de_la_nouvelle_expertise_ind_pendante__r_flexion_critique_avec_D._Schmidt_RDBF__Sept-oct_2007.pdf&quot;&gt;L’An
I de la nouvelle expertise indépendante, réflexion critique&lt;/a&gt; »
:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, bien que l’expert utilise le montant de la « prime »
comme l’un des fondements de l’équité, rares sont les évaluations qui
s’efforcent d’en analyser le contenu. La pratique consiste le plus souvent à
effectuer une comparaison entre le prix payé avec une valeur dite
« intrinsèque » de l’entreprise calculée à partir d’un plan
d’affaires ne tenant pas compte des conséquences d’un changement de contrôle.
Une différence positive suffit à qualifier l’opération d’équitable alors que le
partage des synergies ou des améliorations prévisibles peut être totalement
déséquilibré en faveur de l’acquéreur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous poursuivions en soutenant que l’impact d’un changement de contrôle sur
la valeur de l’entreprise doit retenir toute l’attention de l’expert dans ses
deux composantes possibles :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;valeur du contrôle&lt;/strong&gt; qui peut être définie comme la
différence entre (a) la valeur de l’entreprise « stand alone » à
l’issue d’un changement de stratégie opérationnelle ou financière et (b) la
valeur actuelle de la même entreprise telle qu’elle résulte du plan d’affaires
de la direction (c) multipliée par la probabilité d’occurrence de ce changement
(voir à ce sujet l’article de Aswath Damodaran, « &lt;a href=&quot;http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=837405&quot;&gt;The value of
control: implication for control premium, minority discounts and voting share
differentials&lt;/a&gt; »)&lt;br /&gt;
La &lt;strong&gt;valeur stratégique&lt;/strong&gt; qui est le montant espéré des
améliorations et des synergies qu’un acheteur spécifique serait en mesure de
créer multiplié (a) par le pourcentage attribué aux actionnaires de la cible à
l’issue de la négociation et (b) par la probabilité que la transaction
aboutisse et que les améliorations soient effectivement constatées.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malgré le caractère subjectif et difficile de l’analyse (car seul le marché
est théoriquement en mesure d’intégrer parfaitement tous les scénarios
possibles) l’expert indépendant doit prendre une position sur la valeur
actuelle de l’entreprise. Son intervention s’inscrivant dans le cadre d’une
offre publique d’acquisition qui débouche le plus souvent sur un changement
dans la stratégie de l’entreprise ou bien la mise en œuvre de synergies, il ne
peut éviter une réflexion sur la nature et le montant de la prime payée par
l’acquéreur et la mettre en relation avec les synergies potentielles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’AMF n’a jamais pris une position très claire sur cet aspect essentiel qui,
comme l’a montré l’affaire Spérian, peut avoir des répercussions importantes
sur le prix. Si elle &lt;a href=&quot;http://www.amf-france.org/documents/general/7336_1.pdf&quot;&gt;recommande&lt;/a&gt; que
l’expert ait « accès aux données nécessaires à l’appréciation des
synergies attendues dans le cadre de l’opération étudiée », elle accepte qu’il
ne se prononce pas au motif que l’information n’est pas disponible.
Franchement, c’est un peu court, et on se demande à quoi sert l’expert s’il
n’est pas capable d’aller au delà de l’information qu’on lui donne !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc saluer l’initiative de &lt;a href=&quot;http://www.apei-experts.org/&quot;&gt;l’APEI&lt;/a&gt; (Association Professionnelle des
Experts Indépendants qui regroupe la quasi-totalité des experts qui
interviennent régulièrement dans le cadre de l’article 261-1 du RGAMF) qui
vient de publier des &lt;a href=&quot;http://www.apei-experts.org/attachments/File/Projet_de_recommandations_-_Synergies-17_03_2010.pdf&quot;&gt;
recommandations&lt;/a&gt; sur la prise en compte des synergies. Compte tenu de la
pratique actuelle, ces recommandations sont révolutionnaires :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;1. Les synergies doivent être systématiquement examinées par l’Expert
indépendant.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La prise en compte des synergies est un des éléments d’appréciation
permettant à l’Expert indépendant de se prononcer sur le caractère équitable de
l’opération envisagée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La description et l’analyse des synergies éclairent le jugement des
administrateurs de la Société dont les titres sont visés par l’opération, et en
particulier les administrateurs indépendants.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La description des synergies fait partie intégrante des éléments
contextuels qui doivent figurer dans le rapport de l’Expert.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dans l’appréciation des synergies, l’Expert doit faire preuve de
transparence tant en ce qui concerne la nature, le chiffrage et les sources
d’information qu’il utilise, que sur l’intégration des synergies dans son
appréciation de l’équité du prix proposé.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est important de noter que ces recommandations visent toutes les
situations, y compris celles où les parties viendraient à soutenir qu’il n’y a
pas de synergies. Il appartient à l’expert de rechercher pourquoi l’initiateur
accepte de payer une prime et, si cette prime est suffisante. Le bon angle est
de se mettre à la place d'administrateurs indépendants soucieux de l’intérêt
des actionnaires et, examiner si les termes de la transaction auraient été
aussi favorables si ces administrateurs avaient eux mêmes menés les
négociations.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans bien des cas, il sera impossible de déterminer numériquement la valeur
des synergies et la façon de les partager entre le vendeur et l’acheteur, mais
le rôle de l’expert est au minimum de décrire le contexte transactionnel et
d’éclairer le conseil et les actionnaires sur les paramètres du débat. C’est
une question de transparence, condition essentielle au bon fonctionnement du
marché. Et ce point de vue, l’AMF devrait s’intéresser à cette question
lorsqu’elle prend sa décision de conformité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Billet mis à jour le 10 juin 2010&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Les nouvelles normes internationales d'Evaluation</title>
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    <pubDate>Thu, 03 Jun 2010 00:16:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Florent Rérolle</dc:creator>
        <category>Finance</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;L’I&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/&quot;&gt;nternational Valuation Standards
Council&lt;/a&gt; (IVSC) publie aujourd'hui un exposé-sondage sur les nouvelles
&lt;a href=&quot;http://www.ivsc.org/pubs/exp_drafts/ivs_20100610.pdf&quot;&gt;Normes
Internationales d’Evaluation (International Valuation Standards&lt;/a&gt; ou IVS ).
Ces normes concernent l’évaluation de la plupart des actifs, y compris, pour la
première fois, celle des instruments financiers. Ces nouvelles Normes prennent
également en compte les évolutions récentes des International Financial
Reporting Standards (IFRS) pour l’application desquelles des travaux
d’évaluation d’actifs et de passifs sont de plus en plus nécessaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les régulateurs nationaux et internationaux avaient appelé à cette
amélioration des standards internationaux d’Evaluation. Dans sa déclaration sur
la consolidation du système financier international publiée à l'issue du Sommet
de Londres d’avril 2009, le G20 avait demandé clarté et cohérence dans
l'application de normes d'évaluation au niveau international.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IVS identifient les concepts et les principes applicables à tous les
types d’évaluation afin d’en améliorer la cohérence et la transparence et de
renforcer la confiance des marchés à l’égard de ces travaux. La publication de
cet exposé-sondage ouvre une période de consultation internationale de trois
mois au cours de laquelle l’International Valuation Standards Board (IVSB)
recueillera les commentaires avec pour objectif de publier les nouveaux IVS
prévue en janvier 2011.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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