L'opinion de solvabilité
Par Jean-Florent Rérolle le mardi 16 octobre 2007, 06:15 - Techniques - Lien permanent
Que ce soit pour valider qu’une décision est prise dans l’intérêt social ou
pour tenter d’atténuer leur responsabilité en cas de litige, les
administrateurs doivent agir avec prudence et vigilance. C’est particulièrement
le cas pour les opérations critiques comme le recours à un endettement massif,
la scission d’un groupe, une distribution de dividendes financée par de la
dette ou encore la mise sur le marché d’une filiale après avoir distribué ses
réserves. Ces décisions requièrent des administrateurs beaucoup de diligences
dont certaines sont en réalité trop techniques pour être menées à bien sans
l’assistance d’un tiers expert. Un spécialiste financier indépendant peut
donner au conseil d’administration une analyse non biaisée sur les conséquences
du montage envisagé ainsi qu’un confort au moment de la prise de
décision.
C’est en partie pour répondre à cette préoccupation de diligence que s’est
développée la pratique américaine de la « solvency opinion ». Destinée au
conseil d’administration et/ou aux créanciers, l’opinion de solvabilité a pour
objet d’exprimer un avis sur le fait que la transaction envisagée n’empêchera
pas la société de remplir ses engagements à l’égard de ses créanciers. Elle
consiste à effectuer 3 tests :
- un test de bilan (« Balance Sheet Test ») : la valeur de l’actif économique de l’entreprise est-elle supérieure à celle de ses passifs financiers comptabilisés et latents ?
- un test de cash-flow (« Cash Flow Test ») : l’entreprise peut-elle honorer ses dettes aux échéances prévues contractuellement ?
- un test du caractère raisonnable de la structure financière
(« Reasonable Capital Test ») : l’entreprise a-t-elle des capitaux
propres suffisants compte tenu de son activité ?
Je pense que la voie est aujourd’hui ouverte à l’émergence d’une opinion de
solvabilité « à la française » que je propose d’appeler
« opinion de viabilité ». Naturellement, notre système juridique étant
différent de celui des Etats-Unis, les modalités de ce type d’opinion doivent
être adaptées pour s’inscrire dans le contexte français, en particulier, celui
de l’intérêt social.
J'ai présenté cette idée dans la revue "Revue de droit bancaire et financier" n° 3 de Mai-Juin 2007("l'opinion de viabilité") ainsi que dans la " Actes pratiques et ingéniérie sociétaire" n° 91 de janvier-février 2007 ("L'opinion de viabilité, un outil d'analyse face à une endettement massif".
Commentaires
to be or not to be :)