Comment réformer les bonus des banques d'affaires
Par Jean-Florent Rérolle le lundi 4 février 2008, 06:46 - Gouvernance - Lien permanent
Alimenté par le scandale de la Société Générale, le débat sur les bonus continue de faire rage. Tout le monde s'accorde à dire que la structure des rémunérations des traders en particulier est dangereuse. Mais comment corriger cette situation ? Quelles sont les banques qui accepteront d'initer un mouvement de réforme dans un marché aussi compétitif ? Les plus courageuses ne tarderaient pas à voir s'envoler leurs meilleurs éléments vers les concurrents, trop heureux de l'aubaine. Dans un article du FT du 3 février 2008, Daniel Heller, head of financial systems de la Swiss National Bank nous livre ses idées. Pour lui, le moment est propice pour que l'industrie mette au point des guidelines de rémunération qui pourraient être les suivants :
- prendre en compte la performance à long terme des traders
en ne distribuant pas immédiatement la totalité des bonus annuels qui seraient mis en réserve et potentiellement amputable si les performances utltérieures n'étaient pas à la hauteur de ce que l'on pensait
- réduire le montant absolu en posant comme limite le salaire du dirigeant de la banque
- supprimer les bonus garantis.
Toutes ces idées sont de bon sens. Il ne reste plus aux grandes banques internationales qu'à en parler et se mettre d'accord ...
Commentaires
"Nous, les financiers" n'arrêtons pas de nous gargariser de "création de valeur".
Et certains d'entre nous se sont, en fait, concentrés sur la "captation de valeur" créée par d'autres dans les entreprises, et ce à leur seul profit.
Les financiers oublient un peu vite que la "vraie" création de valeur revient aux opérationnels et commerciaux qui font tourner les boutiques. Sans ces derniers, on n'a même pas besoin des compteurs de haricots ("bean counters")... pour constater l'absence de haricots. Les montages financiers "structurés" n'apportent rien de fondamental aux activités opérationnelles.
Les financiers sont des fonctionnels qui doivent rester au service des opérationnels, et non pas l'inverse comme certains l'ont crû ces dernières années.