La prime de risque : faites votre choix !
Par Jean-Florent Rérolle le jeudi 3 juillet 2008, 21:02 - Techniques - Lien permanent
Variable essentielle dans la construction d'un taux d'actualisation, la
prime de risque du marché fait toujours l'objet d'intenses débats dans la
communauté des évaluateurs. Deux grandes conceptions
s'affrontent :
- la prime de risque prospective : c'est la plus rigoureuse sur le plan
financier. Elle pose cependant le problème de son calcul qui n'est guère à la
portée de l'expert lambda. En France, Associés
en Finance demeure la référence. A noter que cette prime, calculée dans le
modèle Trival (trois
variables) n'est pas homogène avec celle utilisée dans le modèle du MEDAF
(deux variables) Cela n'empêche pas certains évaluateurs de prendre la prime
calculée par Associés en Finance et de la mettre sans états d'âme dans le
modèle du MEDAF...
- la prime de risque historique : sa mesure est plus incontestable
(même s'il existe de multiples modalités pour la calculer), mais elle présente
l'inconvénient d'être historique. L'évaluateur qui l'utilise prend alors comme
hypothèse que le coût du risque du passé est égal à celui de l'avenir, ce qui
est un pari audacieux !
Une excellente reflexion sur cette question peut être trouvée dans la
lettre Vernimmen
numéro 56 de mars-avril 2007. On y mentionne l'exemple particulièrement
affligeant d'un expert ayant justifié une prime de 5% en faisant la moyenne de
30 études différentes!
Ceux qui s'intéressent à cette question, véritable tarte à la crème de la finance, consulteront avec intérêt l'étude que Pablo Fernandez vient de publier et qui examine 100 livres de finance publiés entre 1979 et 2008 (Brealey, Myers, Copeland, Damodaran, Merton, Ross, Bruner, Bodie, Penman, Weston, Arzac...). Les primes mentionnées s'étalent de 3 à 10% : il y en a donc pour tous les goûts !