La rédemption d'Alain Minc
Par Jean-Florent Rérolle le lundi 23 mars 2009, 21:15 - Gouvernance - Lien permanent
Sur ce blog, j'essaye d'éviter la polémique. Mais là, je ne peux pas m'en empêcher ! Il faut lire l'excellente "lettre ouverte à mes amis de la classe dirigeante" qu'Alain Minc publie aujourd'hui dans le Figaro.
"je suis aujourd'hui inquiet pour vous car je ne comprends ni vos réactions, ni vos raisonnements, ni - pardonnez-moi le mot - votre autisme".
Et de conseiller aux dirigeants d'être moins gourmands en matière de
rémunération. On ne peut bien sûr qu'approuver cette position ! Mais elle
ne manque pas de saveur lorsque l'on se rappelle qu'elle est prise par le même
Alain Minc qui faisait partie du comité de rémunération de Vinci au moment où
son PDG, Antoine
Zacharias était le patron le mieux payé de France. C'était en 2006. Outre
ses jetons de présence, Alain Minc percevait alors 160.000 euros d'honoraires
pour des prestations de conseil et a été l'un des rares administrateurs à
soutenir "Zach" lorsque le conseil de Vinci a finalement décidé de le
congédier.
Malgré les nombreuses critiques qui s'étaient élevées à l'époque sur
l'attribution d'un montant exceptionnellement élevé de stock options (qui,
d'après son successeur, a permis à M. Zacharias de se constituer une fortune de
250 millions d'euros), Alain Minc avait persisté et signé dans le Monde du 2
février 2007 :
" j'assume totalement les stock-options que j'ai contribué à lui donner. Vu la façon dont il a développé Vinci, il n'est pas anormal qu'il se fasse en cinq ans le patrimoine qu'un patron se fait habituellement en vingt ans"
La prise de conscience d'Alain Minc est remarquable. Mieux vaut tard que jamais !
Commentaires
Excellent !! Heureusement celà fait longtemps que l'on ne porte plus crédit aux propos d'Alain Minc... Au moins il nous fait rire.