L'AFG publie ses recommandations sur le gouvernement d'entreprise pour 2010
Par Jean-Florent Rérolle le dimanche 24 janvier 2010, 20:22 - Gouvernance - Lien permanent
L'Association Française de gestion a publié pour la 10ème année consécutive
son
code Hellebuyck (nom
du Président de la commission du Gouvernement d'entreprise de
l'AFG).
L'approche est naturellement différente de celle des codes de bonne
gouvernance produits par les associations patronales (comme celui de l'AFEP/MEDEF) ou les
recommandations émises par les associations représentant les administrateurs
(comme celles de l'IFA,
Institut Français des Administrateurs). Alors que trop souvent les codes
traitent essentiellement du conseil d'administration, le code de l'AFG comporte
de nombreuses recommandations sur l'Assemblée générale.
Cette année, deux recommandations importantes sur le conseil sont
émises :
- en cas de non dissociation de la fonction de Président et de Directeur
Général, la société doit fournir aux actionnaires des explications sur les
raisons de ce choix (conformément à la règle à présent en vigueur dans la
réglementation française du "comply
or explain"), mais en outre, il est recommandé que soit désigné un "lead
director" qui doit être libre d'intérêt et dont l'un des rôles sera de veiller
à la bonne gestion des conflits d'intérêt. Cette
fonction de lead director qui est de plus en plus évoquée dans les milieux
des conseils d'administration français est très pratiquée dans les conseils
anglo-saxons (96%
des boards du S&P 500 auraient un lead ou un presiding director en
2008) et a été institutionnalisée par les anglais. En Grande Bretagne, cet
administrateur qui a pour titre "senior independant director" est désigné comme
le recours des actionnaires au cas où ils ne parviendraient pas à se faire
entendre par les dirigeants de l'entreprise (il est prévu qu'il puisse avoir
des contacts réguliers avec les actionnaires). Il préside les réunions des
non-executives directors (hors de la présence des administrateurs exécutifs) et
en particulier la séance consacrée à l'évaluation des dirigeants (voir le
Combined Code de Juin 2008).
- en matière de non cumul des mandats, l'AFG demande à ce que la présidence
d'un comité d'audit soit considérée comme un mandat supplémentaire (qui
compterait donc double). En effet, avec l'Ordonnance du 8 décembre 2008 qui
rend la création d'un comité d'audit obligatoire et lui attribue des fonctions
très précises (non limitatives et très lourdes), la fonction de Président dudit
comité prend une ampleur considérable (voir par exemple le rapport de
l'IFA sur les comités d'audit et les auditeurs externes). Comme
l'IFA, l'AFG recommande qu'un dirigeant d'entreprise ne puisse avoir plus
de deux mandats d'administrateur et que les plafonds légaux ou de bonne
pratiques s'étendent aux entreprises étrangères.
Si ces deux mesures étaient suivies d'effet, il en résulterait certainement des modifications majeures dans la pratique du gouvernement d'entreprise. Si on peut être optimiste pour la seconde recommandation (l'AFG pourra pénaliser les entreprises récalcitrantes par des consignes de vote données à ses adhérents de s'opposer à l'élection d'un administrateur qui dépasserait le plafond du cumul), on est plus sceptique pour la première (comment imposer à une entreprise d'élire un lead director ?).