Les actionnaires minoritaires sont-ils suffisamment protégés ?
Par Jean-Florent Rérolle le jeudi 11 février 2010, 07:40 - Actualité de l'évaluation - Lien permanent
Le WSJ s'interroge aujourd'hui sur le
fait de savoir si les actionnaires minoritaires sont suffisamment protégés
notamment lorsqu'un initiateur qui a réussi à obtenir la majorité des actions
d'une entreprise entreprend une fusion qui aboutit à un squeeze out des
minoritaires. C'est un vieux débat que nous avons eu également chez nous
...
La récente
acquisition d'Alcon par Novartis lui fournit un cas d'école intéressant
qu'il faudra suivre dans les mois qui viennent : Nestlé a cédé le contrôle
de cette société pharmaceutique américaine pour 180$ par action. Novartis
possède à présent 77% et va procéder à une fusion avec la cible. Les
actionnaires minoritaires se voient offrir 2,8 actions Novartis, ce qui
équivaut à 158,9$ par action Alcon.
Malgré la prime de 12% que cette offre représente par rapport au cours
précédant l'annonce de l'opération, le
comité des administrateurs indépendants juge cette proposition
grossièrement inadéquate, notamment lorsqu'il compare les potentiels respectifs
des pipelines des deux entreprises. Mais cette opération est simplement soumise
à l'approbation majoritaire des actionnaires, ce qui ne sera qu'une formalité
compte tenu du pourcentage de détention du capital par Novartis.
Une véritable attestation d'équité réalisée par un véritable expert indépendant n'aurait-elle pas été utile ? En tout état de cause, cette opération est loin d'être terminée, et comme l'indique le WSJ:
Now, a looming legal battle could hold the deal up at a cost to both sides, destroying value and hurting both Novartis and Alcon's competitive position.